Novethic : le media expert du développement durable |
![]() |
![]() Planète \Economie \TourismeCroissance du tourisme : entre menaces et opportunitésLa première industrie de la planète est aussi l'une des plus irresponsables : le tourisme. Les flux devraient tripler en une génération (1,5 milliard en 2020). Cette croissance oblige le secteur dans son ensemble à passer au durable. Le défi est loin d'être relevé tant sur le plan social qu'environnemental.
Le PNUE vient de d’éditer « le Passeport Vert » un site Internet grand public pour guider les occidentaux dans la pratique d’un tourisme plus durable. Les enjeux du secteur sont énormes : première recette mondiale en termes d’exportations, 12 % du PIB mondial. Avec une progression du nombre d’arrivées de 31% ces trois dernières années (890 millions d’arrivées en 2007) le tourisme est responsable (entre autres) de 5% des émissions de CO2.Plus que de petits gestes, les individus et les familles devront revoir la teneur et la longueur de séjours, ainsi que leur façon de voyager. « A terme, il faudra partir plus près de chez soi. Et lorsqu’on ira loin, ce sera plus longtemps et moins souvent, avec des séjours plus riches en contenu » analyse Ghislain Dubois, consultant de TEC (Tourisme et Environnement Conseil) qui considère que le développement aérien ne peut se faire au rythme du tourisme : « l’efficacité énergétique s’améliore de 1% par an quand le trafic augmente de 5%. C’est mathématiquement incompatible avec les objectifs d’émissions » assène-t-il. Alors que les compagnies aériennes discutaient à Bangkok, début avril, sur la façon de payer leur cote part, un autre défi s’annonce : à partir de 2011, les compagnies seront soumises au marché européen des quotas de CO2, malgré la vive opposition du secteur (voir article lié). Le paradoxe du développement touristique Classement des îles les plus durables
Les îles sont les plus sujettes au tourisme et à ses dégradations. Le Centre de National Geographic pour des destinations durables a demandé à 522 experts internationaux de les noter sur des critères de durabilité (2). Globalement, celles qui ont de belles plages au soleil sont celles où le développement est le plus incontrôlable. A l’inverse, les îles nuageuses, pauvres en plages sont mieux notées. Ainsi, les îles Faroe (Danemark), les Shetlands (Ecosse) l’Islande mais aussi les Açores (Portugal) ou les îles Kangourou (Australie du Sud) sont parmi les mieux gérées. Les pires notes vont à Ibiza (Espagne) St Thomas (US Virgin Islands) la Jamaïque, Phuket (Thaïland) Oahu (Hawaï) et St Martin (Pays-Bas/ France).
Par exemple, la Méditerranée reçoit sur ses côtes en moyenne 2300 touristes/km et 30% de son linéaire côtier est déjà artificialisé. Le Plan Bleu, organisme des Nations Unies regroupant les pays méditerranéens, prévoit qu’en 2025, si rien n’est fait pour inverser la tendance, elle devra accueillir 3300 touristes/km et 5000 km supplémentaires seront construits sur un total de 46000. Comment gérer le doublement des flux ces quinze prochaines années sur ces zones vulnérables? Parmi les règles que préconise le Plan Bleu : « se développer en profondeur plutôt que sur le littoral, penser la mobilité très en amont et construire de façon assez concentrée pour limiter les voitures » énumère Elisabeth Coudert, chargée de mission. « Il faut être innovant » ajoute Ghislain Dubois, «plutôt qu’un tourisme balnéaire banal et interchangeable, comme est en train de prévoir la Libye, elle devrait développer l’hébergement traditionnel en tente, dans le désert et la visite de ses cités antiques. Accueillir les gens au milieu des orangers pourrait sauver les oasis au Maroc… » cite Ghislain Dubois qui conduit un projet dans ce sens. Aux Seychelles et sur l’Ile Maurice, la sélection par le haut de gamme a permis une certaine prospérité sans trop construire. Le Bhoutan va jusqu’à fixer un quota annuel de touristes, qui payent à la frontière. Alors qu’au Maroc, en Tunisie, en Turquie, dans les îles grecques, à Malte ou à Majorque, il est urgent d’agir pour endiguer la pression touristique, d’autres destinations en devenir comme la Syrie, l’Algérie, l’Albanie et la Libye ont encore la possibilité de construire des structures touristiques plus durables. Limites de l’approche volontaire
Informations complémentairesLiens utiles |
|
|||||||||