La France défend les tests cosmétiques sur les animaux

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Publié le 26-08-2003

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Le recours introduit par le gouvernement français contre le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne concerne la mise en application de l'interdiction des tests cosmétiques sur animaux. La directive 2003/15/CE stipule en effet l'interdiction de la vente de cosmétiques testés sur les animaux à partir de 2009, "à condition qu'il existe des méthodes alternatives fiables". Nicole Fontaine, ministre de l'industrie, a demandé l'annulation pure et simple du texte, au motif que son champ d'application comprenait des "incertitudes juridiques importantes". Le ministère estime par ailleurs que l'industrie cosmétique ne disposerait pas d'ici 2009, de toutes les méthodes alternatives. "Les firmes cosmétiques qui torturent encore des animaux ont du temps pour faire évoluer leurs pratiques et adopter une éthique en phase avec les opinions publiques française et européenne", rétorque Muriel Amal, présidente de l'association One Voice. Le gouvernement estime  pour sa part que cette nouvelle directive serait une entrave à l'innovation, aux investissements et à la concurrence, dans un secteur clé de l'économie française.

Depuis de nombreuses années, les associations de protection des animaux luttent contre les tests de produits cosmétiques et pharmaceutiques. Lors de l'adoption de la directive,  OneVoice,  représentant français de la coalition d'associations européennes, avait reconnu "une avancée ", mais en regrettant " qu'elle ne soit pas plus substantielle ". OneVoice reproche aux autorités de ne pas avoir voté une interdiction plus rapide et plus large, puisque, assure-t-elle, " les méthodes alternatives aux tests sur les animaux existent déjà. La Grande-Bretagne et les Pays Bas, qui ont interdit  les tests sur les animaux, les  utilisent ". " Il est particulièrement scandaleux que les gouvernements des pays membres et l'industrie cosmétique aient tout fait pour contrer cette interdiction immédiate pourtant demandée par la majorité des députés européens ", s'indignait déjà à l'époque OneVoice. Muriel Arnal avait expliqué en effet que " les députés voulaient aller plus loin dans l'interdiction, mais ce sont les ministres de l'industrie qui ont bloqué les avancées pour satisfaire les lobbies des firmes cosmétiques et ceux de l'expérimentation animale, qui constitue une activité beaucoup plus rentable que celle des tests in vitro ". En Europe, le secteur des cosmétiques représente 2000 entreprises, qui génèrent un chiffre d'affaires de 190 milliards d'euros et emploient 500 000 salariés... Des arguments mis en avant par la Commission pour éviter  " d'handicaper fortement l'industrie européenne face aux industries cosmétiques américaines et japonaises, qui ne sont pas soumises à ces obligations ".

Des tests pratiqués par les sous-traitants

Autre combat de la Coalition européenne : l'étiquetage des produits. Actuellement, rien n'oblige les fabricants de cosmétiques à informer les consommateurs sur le fait que les produits qu'ils achètent ont été testés ou non sur les animaux. Le seul moyen de le savoir est de consulter les listes publiées par les associations, qui enquêtent et envoient des questionnaires aux entreprises." Certaines firmes répondent qu'elles ne pratiquent pas de tests, en jouant sur les différents niveaux de sous-traitance, qui réalisent les tests pour elles. D'autres marques écrivent qu'elles ne font pas de tests : c'est vrai qu'elles n'en font pas elles-mêmes, mais par elles les font faire en amont sur les ingrédients. Ce qui revient à peu près au même ! Et d'autres comme l'Oréal, n'ont jamais voulu répondre à nos questions. Dans ce cas, elles ne figurent pas sur nos listes ", explique Muriel Arnal. Pour permettre aux consommateur d'effectuer des choix " éclairés ",  l'association publie sur son site la liste des entreprises qui ont signé la charte One Voice, les engageant à ne pas utiliser d'animaux pour tester ou faire tester les ingrédients et les produits finis.

Véronique Smée
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