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Planète \Economie \RéglementationFaciliter l'éco-conception des navires de pêche : une urgenceConçus il y a plus de trente ans, la majorité des navires de pêche français sont aujourd'hui énergivores et dangereux pour leurs équipages. Les professionnels du secteur réclament donc de nouveaux bateaux éco-conçus, mais la réglementation freine leur émergence.
« S’il y a bien un secteur dans lequel l’éco-conception des bateaux doit être encouragée, c’est celui de la pêche. » Invité le 5 mars dernier par l’Association Econav, réseau de promotion de l’éco-navigation, à l’occasion d’une journée thématique sur les bateaux du futur, Gérard d’Aboville a surtout tenu à rappeler l’état désastreux de la flotte de pêche française. « Nos navires de pêche ont 24 ans de moyenne d’âge ! Autrement dit, certains d’entre eux ont plus de 40 ans. Ce sont des bateaux archaïques, énergivores et dangereux pour les marins pêcheurs. À mon sens, ils doivent être mis à la casse. » Effectivement, le constat est plus qu’inquiétant. D’un point de vue énergétique, d’abord, puisqu’un chalutier français consomme entre 2 et 3 tonnes de gasoil pour ramener une tonne de poisson. Un ratio qui s’explique notamment par le fait que ces navires ont été conçus il y a plus de 30 ans, à une époque où l’énergie était encore à bas prix. Sur le plan social ensuite, la sécurité des marins à bord est loin d’être optimale. Comme le rappelle Gérard d’Aboville, « la pêche est le secteur où l’on dénombre le plus d’accidents du travail. » Statistiquement, un pêcheur français a effectivement un accident grave – qui nécessite plus d’un mois d’arrêt de travail-, tous les 7 ans. Une réglementation européenne trop contraignante Le transport maritime bientôt intégré à l’ETS ?
Les discussions au sein de l’Organisation Maritime Internationale quant à l’intégration des transports maritimes dans des mécanismes de marché type échanges de droits d’émissions ont tourné court, face au blocage persistant de la Chine, de l’Inde, du Brésil ou encore de l’Arabie Saoudite. En revanche, la Commission Européenne envisage sérieusement d’intégrer les transports maritimes au système communautaire d’échange de quotas (ETS), après l’avoir décidé pour l’aviation civile. Cette décision s’inscrirait dans la logique d’élargissement des secteurs intégrés à l’ETS.
« Il faut ouvrir la porte à la création » Quoi qu’il en soit, cette impulsion en faveur d’un nouveau cadre européen doit se faire, selon Gérard d’Aboville, en concertation avec les organisations de protection de l’environnement. « Nous devons créer une alliance objective, entre tous les acteurs de la mer, et faire pression sur les institutions européennes pour qu’elles élaborent la nouvelle Politique Commune de la Pêche de 2013, en assouplissant les contraintes actuelles. »
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