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Produits essentiellement en Chine, les cartables et sacs à dos " de rentrée " ont fait l'objet d'une enquête approfondie réalisée par l'association Familles de France, auprès des maroquiniers et des distributeurs. Objectif : évaluer les conditions de fabrication de ces produits au regard des normes établies par l'OIT (Organisation Internationale du Travail) concernant le respect des droits humains : liberté d'association et reconnaissance du droit à la négociation collective, absence de travail forcé, horaires et conditions de travail décents, élimination du travail des enfants et de toute forme de discrimination. D'emblée, les conclusions de l'étude s'avèrent très négatives, tant pour les maroquiniers que pour les distributeurs, dont les engagements d'entreprise socialement responsable ne sont " ni transparents, ni crédibles, ni clairs, ni impartiaux " selon Familles de France.
Les entreprises consultées :
- Maroquiniers : Alpa, Cosimo, Delsey, Kipling, lafuma, letanneur, kegelo, Modling, Oberthur, Phileas, Savebag, Sill, Tennesse, Viquel, Mattel, Maroquinerie des Monts du Lyonnais. Trois n'ont pas répondu à l'enquête : Alpa, Cosimo (Eastpack), Kegelo - Distributeurs : Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Leclerc, Galeries Lafayette, Monoprix, Les Mousquetaires, PPR, Système U. Deux n'ont pas répondu : Galeries Lafayette et le Printemps.
Si l'étude souligne les engagements pris par certains fabricants comme Mattel et Lafuma, ainsi que ceux pris par la plupart des distributeurs, elle émet toutefois beaucoup de réserves sur les conditions de fabrication des produits et les processus de vérification mis en place dans les usines. " La crédibilité des chartes-vitrine suscite le scepticisme. A juste titre, elles ne mettent pas en œuvre des obligations de résultat, mais des obligations de moyens sur une base déclarative. Les procédures sont internes. Leur impact sur la qualité sociale des produits est difficilement mesurable ", observe l'enquête. Un avis partagé par le Collectif de l'éthique sur l'étiquette, association qui, après avoir travaillé avec la grande distribution, lui reproche son manque de transparence concernant l'application concrète des codes de conduite. Par ailleurs, certains fabricants se contentent de l'aspect " fiable et sérieux " du travail effectué en Chine, estimant que la main d'oeuvre " ne pourrait pas fabriquer des produits de qualité si elle ne travaillait pas dans de bonnes conditions... ".En fait, en dehors des gros maroquiniers, qui sont sensibilisés aux prescriptions éthiques de leurs actionnaires et veillent par conséquent aux conditions de travail dans les usines de fabrication, les démarches éthiques sont assez rares dans ce secteur et les conditions dans lesquelles sont fabriqués les produits restent méconnues des acheteurs. " Compte-tenu du contexte chinois (...), le risque est grand que la qualité sociale de ces produits soit quelque peu négligée ", rappelle Familles de France, qui note cependant que " la majorité des fabricants n'ont pas manifesté d'hostilité à l'idée de communiquer sur la qualité sociale de la maroquinerie scolaire ", même " s'ils ne sont pas toujours pas convaincus que cela pourrait devenir un avantage concurrentiel. " L'idée de développer un " logo social " pourrait cependant émerger au sein de cette profession, le groupe Delsey ayant proposé de tenir un rôle de moteur dans cet engagement.
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