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45 000 exemplaires de la revue épuisés en une journée, site Internet saturé de visites, l’UFC Que Choisir peut mesurer l’impact de sa campagne sur les désodorisants d’intérieur, lancée lundi. L’association de consommateurs a testé la composition de l’air après l’utilisation de 35 produits. Les résultats des tests sont pour le moins alarmants. La plupart des désodorisants intérieurs chargent l’air de substances chimiques dangereuses, à des seuils très supérieurs à ceux autorisés par diverses législations. Parmi eux, des bâtons d’encens Ushuaïa et d’autres de la marque Monoprix. Les résultats de l’étude ont conduit les deux distributeurs dont TF1 entreprises, propriétaires de la marque Ushuaïa à retirer leurs produits de la vente. Pour l’instant ils sont les seuls à l’avoir fait. Autre conséquence de la campagne, l’UFC Que choisir a pu obtenir un rendez-vous au ministère de la santé quant à la réglementation sur les produits ménagers susceptibles de polluer l’air intérieur qu’elle réclamait depuis plusieurs semaines. Depuis six mois, entre la campagne sur les allégations nutritionnelles, les procès intentés d’abord à deux industries agroalimentaires puis à des banques sur leurs pratiques commerciales, sans oublier la mise à l’index publique de produits d’entretien polluants (voir articles liés), l’UFC mène des actions de lobbying spectaculaires. S’inscrivent-elles dans une stratégie à l’anglo-saxonne de parties prenantes participant activement au débat sur la responsabilité sociale d’entreprise et prenant la parole pour les consom’acteurs ? Réponses avec son président Alain Bazot. Y-t-il une stratégie définie de plus grande visibilité de l’UFC ? Alain Bazot, président de l’association UFC Que Choisir : Non, ce n'est pas vraiment la visibilité de l'UFC qui compte même si nos divers interlocuteurs nous renvoient cette image. Ce que nous voulons c’est lancer un débat public sur des thèmes qui ne sont pas discutés parce qu’ils font l’objet de consensus liés au manque d'informations des consommateurs. Concrètement, on a donné l’impression qu’on luttait contre l’obésité en disant de manger moins de produits gras et sucrés et de faire de l’exercice mais les problèmes de fond ont été laissés de côté, c'est-à-dire la composition des produits alimentaires, les allégations trompeuses et le marketing qui les accompagnent. En ce qui concerne les produits ménagers, nous travaillons depuis 2000-2001 sur la pollution de l’air intérieur. Pour ces produits, nous avons décidé d’adjoindre aux tests d’efficacité classiques des test de leur impact sur la composition de l’air. Il n’y a aujourd’hui aucune réglementation sur les émissions de polluants des produits de grande consommation et c’est une carence grave. Comment travaillez-vous sur une campagne ? Alain Bazot : Pour chacune d’elles, il faut compter 6 mois de préparation et deux ans de travail après son lancement. Nous ne sommes pas une association politique. Notre objectif est d’identifier un problème, de le mettre sur la place publique et de proposer ensuite aux pouvoirs publics des solutions clefs en main. Quels sont les moyens dont vous disposez ? Alain Bazot : Pour les test produits, nous avons, à l’heure actuelle, un département qui compte 7 ingénieurs mais pour des enquêtes comme celle des désodorisants d’intérieur nous nous appuyons sur des partenariats. 5 pays y ont participé et nous avons fait appel à des laboratoires extérieurs spécialisés. D’ailleurs personne n’a remis en cause les résultats de notre étude. Est-ce que le retentissement médiatique de vos dernières actions s’est traduit par de nouvelles adhésions ? Alain Bazot : Pas vraiment et je le déplore parce que mon ambition est de faire de l’UFC un mouvement de masse, puisque nos combats portent sur des thèmes d’intérêts généraux. Nous avons aujourd’hui 90 000 adhérents mais il s’agit essentiellement d’adhésions/ prestations en cas de litiges entre consommateurs et fabricants et non pas d’adhésions/soutiens. Ceci dit nous répondons à une nouvelle demande des consommateurs. A qualité égale de produits, ils veulent aujourd’hui mieux connaître leurs impacts environnementaux mais aussi et surtout leurs conditions de fabrication, en particulier sur le respect ou non des règles éthiques. C’est pourquoi dans notre dernier numéro, pour la première fois, nous avons publié une enquête sur les conditions de production des jouets en Chine. C’est un sujet sensible sur lequel il est difficile d’obtenir de l’information mais nous y sommes parvenus et c’est accablant. Titré « les jouets de la honte », l’article explique qu’autour de Canton où sont fabriqués la plupart des jouets de grande marques les plus vendus dans les pays occidentaux, « aucun fabricant ne respecte la réglementation chinoise ni les codes éthiques de leurs donneurs d’ordre. L’usine de Disney impose 214 heures supplémentaires par mois alors que la loi en autorise 36 ! » Occupez-vous une place à part parmi les associations de consommateurs ? Alain Bazot : Nous sentons parfois que nous agaçons les autres. En France elles sont au nombre de 17 mais elles ont peu de pouvoirs parce que leurs moyens sont insuffisants. Nous sommes perçus aussi comme des briseurs de rêve et le paradoxe association de consommateurs/ anti-consommation que l’on pointe est un exagéré par quelques détracteurs. Sur des produits comme les désodorisants c’est certain mais parce que les résultats de notre étude sont sidérants. Pour le reste, nous lançons un débat à partir d’une enquête très approfondie qui, incontestablement, peut enlever un certain confort aux gens mais cela n’empêche pas qu'au final notre action bénéficie d’une très forte sympathie. Enfin quand nous avons été auditionnés par la commission européenne, l’UFC apparaissait comme la seule association qui allie technicité de tests et position non militante.
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