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"Les choix que vous faites au quotidien ont un impact important sur votre environnement. En prenant des décisions écologiques, vous aiderez Pékin, la Chine et le monde à être en meilleure santé." C’est ainsi que se présente le site, www.greenchoice.cn, qui vise à faire adopter le plus vite possible aux nouveaux consommateurs pékinois de bonnes habitudes quotidiennes en matière de consommation. Les deux ONG pékinoises à l’origine du projet sont Global village Beijing (GVB) w.gvbchina.org et Friends of Nature www.fon.org.cn qui se classent parmi les plus anciennes et les plus reconnues des ONG environnementales enregistrées dans la capitale chinoise. Le troisième partenaire est un centre de documentation et de recherche sur le développement durable et l’environnement (CESDRRC), lié au SEPA, agence gouvernementale pour l’environnement.
Le projet "greenchoice.cn" a été initié début 2005 par trois Allemandes, travaillant respectivement dans ces trois institutions. Il est aujourd’hui coordonné par un jeune français, Benjamin Combes, employé par GVB. Cette origine étrangère explique en partie que le site soit bilingue chinois/anglais. Le choix éditorial est essentiellement pédagogique. Il ne s’agit pas de condamner des pratiques commerciales ou gouvernementales abusives, ni même de citer des noms de marque, mais de fournir des informations et surtout des "tuyaux" très concrets pour consommer vert. Pour ne pas avoir à donner de noms de marques, le site préfère renvoyer vers des liens susceptibles de fournir des informations plus complètes. Le site cible les nouvelles classes moyennes urbaines chinoises qui découvrent la consommation. "La Chine ne fait que commencer à entrer dans le cycle de consommation de masse et les Chinois n’ont pas encore pris toutes nos mauvaises habitudes occidentales, explique Benjamin Combes. Nous voulons les aider à développer de bonnes pratiques." Le site s’adresse plutôt aux 25-40 ans qui forment le cœur des nouveaux consommateurs.
La page d’ouverture du site témoigne des choix éditoriaux. A gauche, défile non stop une série de conseils pour gaspiller moins de papier au bureau, ne pas utiliser de baguettes jetables, ou réparer ses fuites d’eaux. A droite, quatre grandes têtes de rubriques : les ressources (eau, forêts, bureau "vert ", décoration intérieure), le traitement des déchets ("e-déchet", déchets municipaux, les eaux usées), la nourriture et l’agriculture (agriculture, pollution sonore, shopping vert, nourriture et santé, espèces en danger), l’énergie et les transports ( énergie, tourisme, transport). Le site compte travailler en collaboration avec des entreprises implantées en Chine. Le site est en discussion avancée avec Carrefour pour pouvoir diffuser de l’information dans les magasins chinois de la marque. Un projet de formation aux labels concernant les économies d’énergie et destiné aux employés d’une grande chaîne de distribution d’équipements électroménagers, va être mis en place. Oxfam, récemment installé dans la capitale chinoise, finance déjà le lancement du site et souhaitent étendre la collaboration au soutien des petits agriculteurs chinois, spécialisés dans la production bio.
Plus généralement, le site entend développer des projets éducatifs dans des centres commerciaux, publier des guides pratiques : comment équiper son bureau de façon écologique, où manger bio à Pékin… Il cherchera aussi à développer la responsabilité sociale des chaînes de distribution chinoises en faisant coller des autocollants aux caisses pour déconseiller les sacs plastiques. Plus généralement, le site pourra s’appuyer sur l’expertise de ces deux ONG mères. Ainsi GVB développe depuis 1996 une activité de formation, d’information et de lobbying concernant l’environnement et finance certains de ses projets grâce à l’appui d’entreprises comme Haier, Midea, Exxon, Hewlett Packard, Tetrapack. GVB est aussi aidé par des subventions de la Fondation Ford et de l’Energy Foundation.
Mais pour se développer le site s’appuie aussi beaucoup sur le bénévolat : de jeunes Chinois, en majorité des femmes, qui ont entre 15 et 30 ans et sont étudiants ou employés. Peu d’entre eux sont des spécialistes. L’une d’entre eux, Lu li, 34 ans, qui travaille chez elle pour une société d’ingénierie d’huile végétale, explique les raisons de son engagement : "Je veux faire quelque chose pour le bien général et je cherche aussi à m’ouvrir sur le monde. Je regrette que la plupart des gens autour de moi ne soient préoccupés que de leurs problèmes personnels. Moi je veux influencer les gens pour qu’ils changent leurs styles de vie, qu’ils contrôlent leurs attitudes." Lu Li qui fait partie de ces Chinois sensible à l'environnement, en particulier à l'eau, qui ont déjà pris l'habitude de réutiliser l'eau qui a servi au lavage des légumes, constate qu' "en Chine, un nombre grandissant de gens s’intéresse à l’environnement mais nous sommes encore beaucoup trop peu nombreux."
Outre un pool de bénévoles, le site peut aussi compter sur les banques de données mises à sa disposition par l’important centre de documentation, CESDRRC, lié au gouvernement chinois. Le pouvoir voit en effet plutôt d’un bon œil cette initiative qui va dans le sens de ses priorités officielles du XIème plan, rendues publiques en mars dernier : doubler le PNB d’ici 2010 par rapport aux chiffres de 2000, utiliser l’énergie plus efficacement ; renforcer la protection de l’environnement et créer une "harmonieuse société". Tant que Greenchoice.cn fera de l’éducation du consommateur son objectif sans chercher à dénoncer des scandales, il pourra profiter de la bienveillance des autorités chinoises.
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