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Les progrès fait par l'industrie n'ont pas empêché l'environnement mondial de continuer à se dégrader. Comment inverser cette tendance ? J. Aloisi de Larderel : C'est la consommation qui engendre la production : il faut donc, en premier lieu, promouvoir une consommation durable. Il faut également continuer à dématérialiser l'économie et aller vers des productions " zéro émission ", " zéro déchet ". Ces deux conditions ne seront possibles que si les mécanismes de marché fonctionnent bien : c'est la responsabilité des États de faire en sorte que les outils d'incitation économique (tels que subventions et prix) soient bien orientés. Faut-il également plus de réglementations, comme certaines ONG l'ont réclamé au sommet de Johannesburg ? J. Aloisi de Larderel : Bien sûr, il faut des cadres réglementaires. Mais tout ne peut pas être réglementé. En revanche, les initiatives volontaires, que j'ai toujours soutenues, ne peuvent être crédibles sans reporting : c'est le point-clé ! C'est la raison pour laquelle j'ai toujours été l'avocat de la GRI(Global Reporting Initiative). À Johannesburg, la fracture Nord/Sud a semblé prendre le pas sur la protection de l'environnement dans l'agenda du développement durable... J. Aloisi de Larderel : Je reste persuadée que l'environnement est la pierre angulaire du développement durable : si les hommes mangent leur " capital terre ", ils vont tuer l'économie... et donc créer de graves problèmes sociaux. Cela ne veut pas dire, pour autant, qu'il ne faille pas changer les rapports Nord/Sud, au contraire !. La pauvreté est source d'atteinte à l'environnement. Il faut en particulier réformer l'APD (aide publique au développement) : pas seulement l'augmenter, mais donner différemment. Aujourd'hui, l'APD sert surtout à développer les marchés des entreprises du pays donateur. Cette aide doit inciter les pays du Sud à prendre eux-mêmes leurs décisions, à développer leurs capacités de formation, et à financer la création d'un entrepreneuriat local. Quels sont les grands chantiers qui attendent votre successeur ? J. Aloisi de Larderel : Le principal est certainement celui des modes de production et de consommation durables. Le chantier économie et commerce (OMC) sera également un " gros morceau ". C'est pourquoi, je verrais bien un (ou une) économiste pour me remplacer !
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