Consommation durable et dématérialisation, deux clefs pour protéger l'environnement

Planète \Mondialisation \Consommation durable

Publié le 05-05-2003

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Jacqueline Aloisi de Larderel prend sa retraite après de 16 ans de combat pour la protection de l'environnement à la tête de la direction technologies du PNUE. En attendant de connaitre son successeur, éclairage sur les enjeux environnementaux du moment.

Les progrès fait par l'industrie n'ont pas empêché l'environnement mondial de continuer à se dégrader. Comment inverser cette tendance ?
J. Aloisi de Larderel
: C'est la consommation qui engendre la production : il faut donc, en premier lieu, promouvoir une consommation durable. Il faut également continuer à dématérialiser l'économie et aller vers des productions " zéro émission ", " zéro déchet ". Ces deux conditions ne seront possibles que si les mécanismes de marché fonctionnent bien : c'est la responsabilité des États de faire en sorte que les outils d'incitation économique (tels que subventions et prix) soient bien orientés.

Faut-il également plus de réglementations, comme certaines ONG l'ont réclamé au sommet de  Johannesburg ?
J. Aloisi de Larderel :
Bien sûr, il faut des cadres réglementaires. Mais tout ne peut pas être réglementé. En revanche, les initiatives volontaires, que j'ai toujours soutenues, ne peuvent être crédibles sans reporting : c'est le point-clé ! C'est la raison pour laquelle j'ai toujours été l'avocat de la GRI(Global Reporting Initiative).

À Johannesburg, la fracture Nord/Sud a semblé prendre le pas sur la protection de l'environnement dans l'agenda du développement durable...
J. Aloisi de Larderel :
Je reste persuadée que l'environnement est la pierre angulaire du développement durable : si les hommes mangent leur " capital terre ", ils vont tuer l'économie... et donc créer de graves problèmes sociaux. Cela ne veut pas dire, pour autant, qu'il ne faille pas changer les rapports Nord/Sud, au contraire !. La pauvreté est source d'atteinte à l'environnement. Il faut en particulier réformer l'APD (aide publique au développement) : pas seulement l'augmenter, mais donner différemment. Aujourd'hui, l'APD sert surtout à développer les marchés des entreprises du pays donateur. Cette aide doit inciter les pays du Sud à prendre eux-mêmes leurs décisions, à développer leurs capacités de formation, et à financer la création d'un entrepreneuriat local.

Quels sont les grands chantiers qui attendent votre successeur ?
J. Aloisi de Larderel :
Le principal est certainement celui des modes de production et de consommation durables. Le chantier économie et commerce (OMC) sera également un " gros morceau ". C'est pourquoi, je verrais bien un (ou une) économiste pour me remplacer !

Propos recueillis par Alain Chauveau
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