Un café au goût amer

Planète \Mondialisation \Commerce international

Publié le 22-09-2003

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Pour la première fois depuis sa création, l'OIC (Organisation internationale du café) s'est réunie en dehors de son siège londonien pour se tenir dans le lieu symbolique de Carthagène, en Colombie. Le Brésil et la Colombie sont en effet les principaux producteurs de café, concurrencés depuis peu par le Vietnam. Ce 40ème sommet, qui s'est déroulé du 16 au 19 septembre, a permis à ces pays de rappeler la situation des millions de familles d'Amérique latine et centrale, touchés par la crise du café. Jusqu'en 1989, la production et la commercialisation du café était réglementée , permettant ainsi aux gouvernements de négocier des quotas d'exportation et de maintenir un prix acceptable pour les producteurs. Depuis, ces accords sont négociés au sein de l'Organisation internationale du Café et ne garantissent plus de " pacte " sur le prix...Par ailleurs, la concurrence de nouveaux pays comme le Vietnam a augmenté le volume de la production mondiale (120 millions de sacs en 2002, soit 7200 millions de kilos), tandis  la consommation a chuté (108 millions de sacs), entraînant un effondrement des cours.

Prix plancher

Plusieurs pays sont affectés : le Burundi, qui dépend du café à 79%, l'Ethiopie à 54%, l'Ouganda à 43% et le Honduras à 24%. Ces pourcentages correspondent à des régions entières et à plusieurs millions de familles dont la survie dépend de ce secteur -elles sont 25 millions à en vivre dans le monde. Selon le rapport publié par l'ONG Oxfam, ce sont les torréfacteurs (les multinationales de l'agro-alimentaire) qui bénéficient des marges bénéficiaires. Kraft, Nestlé, Procter & Gamble, achètent la moitié des stocks de café non torréfiés et assurent ensuite la transformation du produit vendu sous leurs différentes marques. Les producteurs ne toucheraient que 6% du prix d'un paquet vendu en supermarché. " Le café de l'agriculteur éthiopien est acheté en moyenne 24 cents d'euros la livre, qui est ensuite vendue à 3,60 euros la livre au consommateur occidental ", s'insurge l'ONG, qui propose de développer la qualité de l'offre pour limiter le surplus de production et investir un marché " haut de gamme ".
Pour l'heure, l'OIC est parvenue à un accord sur le principe d'un prix plancher du café, afin d'enrayer la chute inexorable des cours.

Véronique Smée
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