Textile : déstabilisation des pays du pourtour méditerranéen

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Publié le 25-05-2005

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Le textile chinois fait aussi trembler les pays du pourtour méditerranéen. Des pays comme le Maroc, la Tunisie et la Turquie, exportaient, jusquà fin 2004, 90% de leur production vers l'Europe. Ils ont demandé à l'Union Européenne une aide technique.

La fin des quotas sur les exportations de textiles chinois pèse lourdement sur les économies des pays du pourtour méditerranéen. "Un tiers environ des emplois de la zone risque d’être sévèrement affecté" par cette concurrence, estime Jean-François Limantour, président du Cercle euro-méditerranéen des dirigeants du textile-habillement, une association regroupant des industriels et distributeurs de la région.

Le secteur du textile-habillement constitue le premier employeur industriel dans la quasi-totalité des pays de la zone, avec 7 millions d’emplois directs. En Tunisie et au Maroc, plus de 200 000 personnes sont respectivement employées dans le textile (entre la moitié et le tiers des emplois de l’industrie). En Turquie, un million de salariés travaillent dans le secteur (un quart des emplois industriels). Ces trois pays exportent 90% de leur production vers l’Europe, quasiment sans droits de douane.

Si les pays du pourtour méditerranéen connaissent un tassement de leur activité depuis déjà deux ou trois ans, "ils ont été fragilisés sur la période récente, car la dernière phase de suppression des quotas (achevée le 1er janvier) a concerné des produits qui figuraient au premier rang de leurs exportations comme les T-shirts, les produits maille ou le pantalon", explique Gildas Minvielle, économiste à l’Institut français de la mode. Ainsi en janvier et février 2005, les exportations marocaines de textile ont chuté de 22% par rapport à l’année précédente, a indiqué le 25 avril à Rabat, Mohamed Tazi, directeur général de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement.

Formation et co-traitance

"Ces pays ne peuvent pas se battre sur les coûts. C’est perdu d’avance", estime François-Marie Grau, directeur des affaires économiques internationales de l’Union française des industries de l’habillement (UFIH). "Le salaire d’une ouvrière de confection au Maroc ou en Tunisie est d’environ 200 euros par mois, contre 20 ou 25 euros en Chine", souligne Jean-François Limantour. Seule stratégie pour s’en sortir, "passer de la sous-traitance à la co-traitance", c’est-à-dire à la fabrication de produits finis, explique Jean-Marie Grau  qui propose aussi un autre stratégie, "fabriquer,dans de très courts délais de petites séries, ce que les Chinois n’arrivent pas à faire avec leurs gros volumes".

Le Maroc, l’Egypte et la Tunisie ont réclamé une aide technique de l’Union européenne pour faire face aux produits chinois, a indiqué, fin avril, le ministre tunisien de l’Industrie, dans un entretien au journal marocain L’Economiste. Ils demandent un minimum de mesures de sauvegarde et une aide de l’UE à la formation dans la filière du textile. "Car pour fabriquer des produits haut de gamme, il faut beaucoup d’expertise", a-t-il dit. "Il faudrait aussi que nous puissions participer aux programmes européens de Recherche et Développement dans le secteur du textile-habillement, chose que nous n’avons pas le droit de faire actuellement", regrette le ministre tunisien.

Afrik.com
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