Fin des accords textile : quel avenir pour les pays émergents?

Planète \Mondialisation \Commerce international

Publié le 29-12-2004

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L'accord sur le textile et l'habillement, mis en place par l'OMC en 1995, prend fin le 31 décembre 2004, abolissant les quotas en vigueur sur les marchés occidentaux. L'ouverture de ces marchés à la Chine fait redouter aux industries textiles d'Afrique du Nord et d'Asie du Sud-est des restructurations sans précédent. Le Maroc, très touché par cette libéralisation des échanges, a mis en place une stratégie qualitative en privilégiant le caractère socialement responsable de son secteur textile par rapport à ses concurrents. Un choix éthique qui fait figure d'exception dans un secteur réputé pour ses mauvaises conditions de travail.

40 millions d’employés dans le monde risquent d’être touchés par la restructuration brutale du secteur textile. L’élimination des quotas d’importation, qui privilégiaient jusqu’ici les pays en développement dans l’accès aux marchés occidentaux, risque de bouleverser l’économie de ces pays, largement dépendantes du secteur textile. La concurrence de la Chine, en particulier, va toucher les pays en développement, qui représentent aujourd’hui 50 % des exportations mondiales de textile et 70 % des exportations mondiales d’habillement. Pour nombre d’entre eux, ce secteur représente la principale source d’exportation,- jusqu’à 90% des exportations de biens industriels dans certains cas-. Très dépendants du secteur textile, des pays comme le Bengladesh, l’Indonésie et le Pakistan risquent de voir leurs exportations divisées par deux. Selon les chiffres donnés par l’OMC, la Chine devrait ainsi passer d’une part de marché de 16 % sur le marché américain à 50 % !Face à cette nouvelle donne,  l’industrie textile marocaine parait plus démunie que ses principaux concurrents régionaux que sont la Tunisie et la Turquie,et prépare activement sa mutation. L’émergence récente des politiques d’achats socialement responsables pourrait justement constituer une véritable opportunité pour l’industrie, qui a décidé de lancer le label « fibre citoyenne ». Ce label est décerné aux entreprises respectant la charte éthique de l’industrie et qui acceptent de se soumettre à un audit annuel de leurs performances sociales. Un choix éthique à l’opposé de celui de ses concurrents chinois, qui déjà, détournaient les quotas de l’OMC en ayant recours aux zones franches. En Jordanie, les entrepreneurs textiles asiatiques avaient en effet la possibilité de contourner les quotas dont ils pâtissaient jusqu’ici dans leur pays d'origine, en bénéficiant d'une main d'œuvre peu chère. Du coup, la grande majorité de ces usines textiles appartiennent à des entrepreneurs d'origine chinoise, taiwanaise, pakistanaise ou indienne. On compte notamment en bonne place, les groupes hongkongais Boscan International et Crystal. Grâce à cet accord, plus de 40 000 personnes produisent du prêt à porter pour les géants de la distribution américains que sont Wal-Mart, GAP ou J-C Penney, dans des conditions sociales déplorables. Une situation qui pourrait se généraliser en 2005.

V.S.
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