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Aucun produit équitable ne parvient à dépasser les 1% de parts de marché, selon les chiffres du ministère de la coopération. Même le café, le produit vedette du commerce équitable, n’atteint qu’un modeste 0,7% de part de vente. Ce n'est pas logique, indique-t-on au ministère de la coopération économique et du développement où on cite l’exemple suisse. « Les parts de marché du café équitable représente 5% en Suisse. Le jus d’orange parvient même à 7% - contre 0,1% en Allemagne ». Pour mieux diffuser les produits de commerce équitable, le ministère finance à hauteur de 6,5 millions d’euros une campagne, organisée en coopération avec l’association de consommateur Bundesverband Verbraucher Initiative, ainsi que les ONG Transfair et Weltladen. « Les consommateurs sont réceptifs aux produits issus du commerce équitable » veut croire Volkmar Lübke, de Verbraucher Initiative. « Un sondage montre que 36% des consommateurs soutiennent l’idée du commerce équitable. Ce sont ces consommateurs que l’on cherche à atteindre car ils représentent un potentiel intéressant pour ce marché ». Actuellement, 3% des consommateurs disent acheter régulièrement les produits issus du commerce équitable et 19% « de temps en temps ». Pédagogie des consommateurs En soutenant une campagne de promotion pour le commerce équitable, le gouvernement allemand entend contribuer à la lutte contre la pauvreté dans les pays en voie de développement. Il espère ainsi respecter son engagement, pris en commun avec d’autres pays industrialisés en 2000, de réduire de moitié la pauvreté dans ces pays d’ici 2015. « Il s’agit si l’on veut d’une action pédagogique auprès des consommateurs allemands. Il ne suffit pas de mettre plus de produits issus du commerce équitable sur plus de rayons, mais également que le consommateur connaisse les produits et le mécanisme du commerce équitable », explique-t-on au ministère. La grande distribution a adopté la même position « Il faut prendre le consommateur par la main pour qu’il fasse connaissance avec les produits équitables. Il faut lui montrer par des dégustations sur place que ces produits ne sont pas uniquement bon pour la conscience mais également pour les papilles » précise Klaus Wilmsen, responsable des questions de qualité et d’environnement chez Karstadt, un des leaders de la grande distribution en Allemagne. Il démonte en même temps l’argument prix : "Oui, ces produits sont plus chers. Mais il s’agit d’une différence de quelques pourcentages, et non de vingt ou de trente pour-cent, comme on le croit bien trop souvent ». Chez Karstadt, on est passé de 12 produits issus du commerce équitable à 40. Autre chiffre qui rend optimiste sur l'évolution du marché du commerce équitable allemand; alors que le chiffre d’affaires du marché général des produits alimentaires stagne, celui des produits équitables a enregistré une hausse de 18% en 2002, et de 7,5% en 2003. On pourra mesurer, fin 2005, l'impact de la campagne gouvernementale puisqu'elle doit durer jusque là.
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