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"En France, où l'on compte seulement une dizaine d'entreprises fabriquant des vêtements équitables, il est très difficile pour un consommateur de s'habiller en respectant cette règle", note Karine Laroche chargée de recherche et développement chez Max Havelaar France. Mais ceci pourrait bien changer dans les années à venir. Car, depuis 2002, plusieurs associations de commerce équitable de différents pays se concertent pour créer une filière de coton équitable. Objectif : permettre à des petits producteurs de pays du Sud de vendre leur coton plus directement aux consommateurs des pays du Nord et d'engranger des bénéfices plus importants. Le choix du coton ne doit rien au hasard puisque pas moins d'un milliard de personnes dans les pays en développement vivent de la culture ou de la confection de coton.
Le cahier des charges que devront remplir les acteurs de la filière de coton équitable est déjà bien avancé. Après avoir fait travailler le cabinet de conseil suisse IMO, l'organisme Faitrade Labelling Organizations (FLO) a envoyé à l'ensemble de ses membres, dont Max Havelaar France, une première proposition de cahier des charges. Ce dernier sera identique sur de nombreux points à ceux déjà établis pour d'autres produits du commerce équitable (café, thé, banane, etc.). Les entreprises candidate à la labellisation seront obligées d'acheter leur coton à des coopératives de producteurs à un prix juste permettant à ces derniers non seulement de vivre de manière décente mais aussi d'effectuer des investissements durables et utiles pour l'ensemble de leur communauté (outil, accès à l'éducation, aux soins, etc.). Les coopératives agréées par Max Havelaar exercent, en outre, leurs activités dans le respect de l'environnement et des droits de l'Homme.
Deux critères spécifiques : le prix et l'environnement
Les critères spécifiques du cahier des charges pour le coton porteront sur le prix et le respect de l'environnement. Concernant le prix, d'abord, les associations de commerce équitable définiront chaque année un prix plancher auquel les importateurs devront acheter le coton aux coopératives. Ce prix sera, bien entendu, supérieur aux cours mondiaux qui ont été divisés par deux, depuis 1995, à cause notamment des subventions versées aux producteurs américains et de la mise sur le marché des surplus de la production chinoise. S'agissant de l'environnement, ensuite, les associations de commerce équitable souhaitent que l'utilisation des pesticides et la consommation d'eau soient réduites dans les exploitations des producteurs labellisés. Près d'un quart des pesticides vendus dans le monde sont à destination des cultivateurs de coton pour seulement 2,4 % de la surface cultivée et les cultures irriguées sont très consommatrices d'eau. "L'utilisation de pesticides ne peut toutefois pas être un critère d'exclusion du label, note Karine Laroche. Si elles veulent toucher les producteurs les plus défavorisés, les associations de commerce équitable ne peuvent pas se permettre d'adopter des critères aussi stricts que ceux de l'agriculture biologique qui nécessitent souvent des investissements très coûteux."
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