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Dans les rayons des magasins, les consommateurs peuvent désormais trouver des vêtements et du linge de maison à base de coton équitable. Déjà, neuf marques ont posé le logo sur une partie de leur collection (Armor Lux, Célio, Cora/Influx, Eider, Hacot et Colombier, Hydra (Bocoton), Kindy, La Redoute et les vêtements de travail de TDV Industries). Pourtant le label ne porte que sur la matière première, le coton. La chaîne de fabrication des produits textiles très complexe demande l’intervention de nombreux intermédiaires. Malgré tout les usines textiles d’où sont issus les produits «coton équitable» font l’objet d’audits pour vérifier qu’elles respectent les conventions de l’Organisation Internationale du Travail (OIT)et reçoivent ensuite un «agrément», non une certification. Des partenaires impliqués
L’idée de développer le coton équitable a été portée par le groupe DAGRIS (Développement des Agro-Industries du Sud). L’ancienne Compagnie française pour le développement des fibres textiles, a souhaité valoriser son image en changeant de dénomination sociale en 2001. Elle s’est alors tournée vers Max Havelaar, pour associer son savoir-faire en matière d’activité cotonnière à la démarche éthique de l’organisme de certification. Le Ministère des Affaires étrangères est aussi associé au projet. Au sommet de Johannesburg, le gouvernement français s’était engagé à soutenir les actions en faveur du commerce équitable et à agir contre la pauvreté en Afrique subsaharienne. Un fonds de soutien prioritaire de 5 600 000 euros est attribué, depuis 2004, par la France pour la lutte contre la pauvreté : le coton équitable est le premier projet entrepris sur ce fonds. Enfin, le CDE (Centre de développement de l’entreprise), institution du Groupe des États ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et de l’Union Européenne qui entend développer le secteur privé au travers de PME, apporte une aide financière.
Double-jeu de DAGRIS sur le OGM
Des représentants des Verts ont profité de la conférence de presse organisée par Max Havelaar pour le lancement du coton équitable pour dénoncer le double-jeu de DAGRIS, qui prône l’usage des OGM, tout en s’associant au commerce équitable qui se positionne contre les OGM. Ils dénoncent également la présence de champs « équitables » à côté de productions utilisant des OGM, et donc les risques "d’infection" des dits champs par contamination.
20 000 producteurs bénéficiaires
En octobre 2003, Max Havelaar a sélectionné quatre pays : le Mali, le Sénégal, le Cameroun et le Burkina-Faso. Des réunions avec les producteurs ont permis de définir les zones de production, de fixer un prix minimum garanti et de présenter les standards du commerce équitable. Les organisations de producteurs reçoivent une prime de développement pour financer des projets décidés par la communauté. En échange, elles s’engagent à émettre des statuts, organiser des assemblées et assurer une totale transparence. Également, elles doivent privilégier la participation des femmes, et en matière d’environnement, bannir certains pesticides et refuser l’achat et l’utilisation de semences OGM (voir encadré). Enfin, elles ont la possibilité de se convertir à l’agriculture biologique en échange d’une prime supplémentaire. Pour les récoltes 2005-2006, Max Havelaar estime à 20 000 le nombre de producteurs qui vont bénéficier de l’initiative « coton équitable ».
Un contexte international difficile
Le marché international du coton est difficile pour les petits producteurs. La Chine, les Etats-Unis, l’Inde et le Pakistan représentent les deux-tiers de la production mondiale. Et à eux seuls, les Etats-Unis pèsent 37 % du marché international, un chiffre en constante augmentation grâce au soutien de subventions nationales massives. Cette pratique a été dénoncée en 2004 par l’OMC mais les Etats-Unis ont fait appel et la lutte continue. L’Afrique francophone représente un peu moins de 5 % de la production, pour 15 % du commerce mondial. Mais les crises qui touchent la production depuis l’après-guerre, avec notamment une récolte catastrophique en 2001-2002, engendrent des pertes économiques importantes. Pour de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, le coton représente un tiers des exportations et 75 % des revenus monétaires en milieu rural lui sont liés. Les producteurs espèrent donc que le «coton équitable» leur permettra d’envisager l’avenir avec plus de sérénité.
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