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Une journée de débat, un défilé et trois jours de show-room en plein Paris, ainsi était composé le premier Ethical Fashion Show organisé par Isabelle Quéhé qui a ainsi pu montrer un autre visage de la mode éthique et toucher un public plus large. Remarquée pour ses "Free markets" (marchés alternatifs de créateurs, initiés en 1995), Isabelle Quéhé a eu l'idée de ce show à la suite de sa rencontre, en 2002, avec Bibi Russel, styliste bengladi pour qui la mode est un vecteur de développement : " Il était temps de dépoussiérer la mode éthique de l'image un peu ringarde qui lui colle à la peau depuis plusieurs années, de montrer au Nord ce qui se fait de mieux au Sud ".
Commerce éthique : réponse aux enjeux de la mode ?
Les débats qui ont animé la première journée de cet événement ont montré que le commerce équitable et la mode éthique sont en plein essor mais qu'ils soulèvent encore nombre de questions à commencer par le conflit d'intérêt entre la notion de mode et celle de développement durable, comme l'a très justement rappellé Guillaume Sainteny, maître de conférence à l'IEP de Paris et membre du CNDD, en ouverture des discussions. En effet, "la mode n'est pas accessible à tous, elle procède de l'éphémère (le secteur a économiquement intérêt à ce que la mode change !). Cette notion est incompatible avec le principe de durabilité écologique ", d'autant qu'elle ne remplit pas "un besoin vital essentiel". Enfin, " la mode est le symbole de notre société de consommation, entraînée dans le " consommer plus = vivre mieux " quand d'autres populations ont toujours des besoins vitaux que l'argent dépensé dans ce secteur pourrait assouvir."
Une question de survie pour la mode et le luxe
On pourrait ajouter à ces critiques majeures que la mode génèrent des problèmes écologiques liés par exemple à la culture du coton (3 % des surfaces cultivées de la planète mais plus de 25 % de pesticides utilisés dans le monde !) ainsi que sociaux-économiques et humains, avec la prolifération des sweatshops. Comment rendre la mode plus éthique et concilier ses exigences avec celles du développement durable ? Grâce à la mise en oeuvre des principes de responsabilité sociale des entreprises (chartes et codes éthiques, éco-conception...) et de responsabilisation du consommateur, répond Guillaume Sainteny. " Par l'avènement indispensable et stratégique d'un commerce équitable du luxe, renchérit Eric Seulliet, directeur général d'E-mergences, réseau de consultants en prospective et innovation responsables, dans un article paru en 2003 dans Marketing magazine, et justement intitulé " Le luxe de demain sera éthique ou ne sera plus ". La mode éthique pourrait avoir un avenir prometteur, même si elle rencontre aujourd'hui des difficultés comme tout secteur pionnier. Isabelle Quéhé pourrait réaliser son voeu de renouveler l'an prochain ce rendez-vous de la mode éthique à Paris mais aussi l'organiser dans d'autres capitales, comme Berlin ou Barcelone.
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