Création Oumou Sy (Sénégal)
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L'Ethical Fashion Show a rassemblé pour un remarquable défilé, une trentaine de créateurs du monde entier qui ont exposé trois jours durant dans une galerie, Place des Vosges à Paris. A leur rencontre, la mode devient prétexte à une leçon de géopolitique, d'ethnologie, de biochimie... mais surtout d'utopie enthousiasmante sur le fil qui relie le Nord au Sud et l'homme à la nature.
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Le résultat est à la hauteur de l'ambition. Oublié, le caricatural et folklorique poncho bariolé, l'Ethical Fashion show vient de prouver, pendant quatre jours, que la mode éthique est d'abord de la mode. Comme ces chemisiers chinés dans des friperies et sublimement revisités par la styliste britannique B. Earley, qui, enseignante au Chelsea college of Art and Design, a mis au point une technique d'impression textile moins polluante, et poursuit des recherches sur les liaisons entre mode et écologie.
Le développement du Sud à bâtir
Venus d'Afrique, du Brésil ou d'Inde, de nombreux créateurs évoquent, eux, l'urgence à préserver et encourager un artisanat local et séculaire, pour exporter vers les pays du Nord des produits à forte valeur ajoutée mais surtout pour développer le marché local. Mickael Kra, bijoutier franco-ivoirien est ainsi passé du travail pour le luxe (Ferraud, Balmain...) au développement d'une collection " petite couture " associant 23 femmes issues des bushs de Namibie et d'Afrique du Sud. Oumou Sy, l'emblématique styliste sénégalaise, développe actuellement un programme " made in Afrique ", pour retrouver une dignité et ne plus dépendre des pays occidentaux et de leurs stocks de vêtements de seconde main.
Des conditions sociales à faire évoluer
La mode éthique en ligne
Pour découvrir la collection d'Ideo http://www.ideo-wear.comPour découvrir People Tree http://www.ptree.co.uk/Pour découvrir les créations d'Oumou Sy http://www.metissacana.sn/oumousyPour en savoir plus sur la campagne "Knowledge is power" http://www.kipbydalits.comPour en savoir plus sur les recherches de Rebecca Earley http://www.5ways.infoPour en savoir plus sur Misericordia http://www.misionmisericordia.comPour en savoir plus sur la ligne de pull "Seyes"
, celui des conditions de vie des "petites mains" qui œuvrent pour l'industrie textile. Misericordia fait fabriquer des vêtements de sports au Pérou, dans un atelier de couture attaché à un orphelinat (14 emplois créés) et les vend, depuis 18 mois, dans le concept store ultra-branché Colette, à 100 euros la veste. " Nous touchons aussi bien ceux qui sont attirés par le produit avant de tenir compte de ces conditions de fabrication éthiques, que l'inverse, se félicite Mathieu Reumaux, l'un des deux fondateurs français. Mais au final, on sensibilise sur le fait que les deux aspects peuvent très bien se marier. " Avec 60 points de vente dans le monde, Misericordia participe au développement de deux bidonvilles du Nord de Lima. " Ce qui paraît être l'extrême de la futilité ici peut devenir la-bas symbole de solidarité ". Un argument applicable à "Tudo Bom ?", ligne de T-Shirts créée par l'association française Résonances et fabriqués par une coopérative de femmes dans les favelas de Rio. Idem pour les T-shirts " Knowledge is power ", symboles de la lutte des Intouchables en Inde pour leurs droits fondamentaux.
Mobilisation dans les pays occidentaux
La création éthique française était présente avec deux nouveaux projets, après ceux de la ligne sportwear en coton bio Ideo et les chapeaux de pluie en sacs recyclés de la styliste Isabelle Teste. Veja, la première basket écologique (caoutchouc naturel et coton bio), produite dans les règles du commerce équitable par des coopératives du Brésil, sera vendue en mars 2005. Un symbole de la consommation de masse du Nord brandi par deux ex-globe trotteurs du développement durable, Sébastien Kopp et Ghislain Morillion. Autre idée, Seyes pullover, ligne créée par Stéphane Martin et Hervé Guétin, qui revendiquent le choix du coton biologique et de la confection française pour un pull " haut de gamme et citoyen ". On leur souhaite le succès de People tree, pionnier nippo-britannique de la mode écologique et équitable depuis 14 ans (7 millions de dollars de chiffre d'affaires).
Une histoire à raconter
Le vrai succès des créateurs éthiques qui ne sont encore le plus souvent que des micro-entreprises, c'est de raconter une histoire, celle des hommes et des femmes qui réalisent des produits portés par d'autres, à des milliers de kilomètres. Une vision illustrée par ces mots de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, ami "philosophe" du calligraphe et designer textile malien, Aboubakar Fofana, qui travaille à la relance de la culture de l'indigo végétal en Afrique de l'Ouest : " Les étoffes et les parures proposées par Aboubakar Fofana sont imprégnées d'une vertu perdue qu'il nous a ramenée de là-bas : la grâce intense du temps qu'il faut pour réunir le sens à la beauté. (...) On ne porte pas ces étoffes pour la frime. On s'en fait le passeur. "
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