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![]() Planète \Economie \Commerce équitableEquaterre : concilier esprit d'entreprise et commerce équitableEgypte, Mexique, Chili, Brésil, Indonésie, Inde, Mali, Burkina Faso, Guinée, Afrique du Sud'. Depuis trois ans, Equaterre distribue et commercialise, en boutique comme auprès de comités d'entreprises, mairies et collectivités, des objets de décoration, coffrets cadeaux et produits de bien-être fabriqués par des artisans du monde entier. Particularité de cette petite entreprise normande : elle a choisi la voie du développement durable et de son corollaire, le commerce équitable. En réduisant les intermédiaires, elle permet une juste rémunération du travail des artisans. Un projet d'entreprise récemment récompensé par le Conseil Général de l'Eure.
« Après huit ans passés dans l’industrie, en tant qu’ingénieur au sein d’un grand groupe franco-américain, j’ai souhaité prendre le contre-pied », confie Laurent Michel. Ce contre-pied se nomme Equaterre, entreprise qu’il fonde en octobre 2000 à Vernon, dans l’Eure. Il entend en effet proposer, au sein d’une boutique, mais aussi au travers du démarchage de comités d’entreprises, mairies et collectivités de toutes tailles, des objets de décoration, coffrets cadeaux et produits de bien-être issus des quatre coins du globe. L’originalité et la force de ce projet d’entreprise résident dans la volonté de son fondateur de l’inscrire dans une démarche de développement durable et, plus précisément, de commerce équitable. Le jeune entrepreneur cherche-t-il à surfer sur la vague médiatique de la consom'action? Loin s’en faut : Laurent Michel s’intéresse à la question depuis le début des années 90. Il a même travaillé, notamment dans le cadre de sa thèse en 1992, sur les énergies renouvelables. « J’étais déjà convaincu que, sur 15 à 20 ans, les modes de consommation allaient changer. Les consommateurs s’ouvrent aux cultures du monde et accordent de plus en plus de place aux produits respectueux des artisans et producteurs locaux. Il était donc tout à fait légitime de présenter une offre claire aux clients, qu’il s’agisse de particuliers ou de comités d’entreprise et collectivités », explique Laurent Michel. Sa préoccupation majeure est donc de réduire autant que possible les intermédiaires, tout en faisant travailler et rémunérer au juste prix des artisans du monde entier. « Grâce à nos contacts sur place, nous avons une bonne connaissance des conditions de fabrication des produits. Nous coopérons en général avec de très petites structures (artisans, villages, coopératives). Nous sommes en mesure de passer commande directement chez eux, et de répartir ensuite la marge le plus équitablement possible entre eux et nous », précise Laurent Michel. Il reconnaît que l’entreprise « pourrait acheter moins cher, mais mise plutôt sur des marges moyennes en s’inscrivant dans la durée ». Un écho favorable au sein du tissu local Equaterre espère fidéliser une clientèle séduite à la fois par le concept et les produits. Le credo de l’entreprise demeure l’authenticité, la qualité et le prix . Avec, en filigrane, la volonté de sensibiliser les consommateurs et les entreprises aux problématiques de développement durable et de commerce équitable. Un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits. L’entreprise bénéficie d’un écho favorable dans le tissu économique local, et affiche désormais des bénéfices. Une performance en soi car, même si elle est souvent perçue, à tort ,comme une association, Equaterre est une entreprise commerciale. Elle a vient d'être récompensée par un prix spécial du Département de l’Eure. A la clé, un chèque de 5 000 euros et un encouragement. L’opacité des labels Le problème essentiel du jeune chef d’entreprise d'Equaterrer est de pouvoir bénéficier d'un label fiable. Le label Max Havelaar couvre, pour l’heure, uniquement le café, le thé, la banane, le sucre, le chocolat, le jus d’orange, le riz, le miel. « J’aimerais, à terme, déposer un dossier officiel auprès de Max Havelaar afin que cette labellisation soit étendue à la décoration et aux coffrets cadeaux. Il est vrai qu’il existe des centrales d’achats comme Solidarmonde, mais leur fonctionnement reste restreint. Or, pour que de tels concepts se développent, ils doivent sortir du monde associatif », conclut Laurent Michel.
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