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Le commerce équitable évolue. Après l'Ethical Fashion Show et son défilé dans le quartier du Marais (voir article lié), les baskets équitables Veja (qui signifie " Regarde " en brésilien) ont été présentées le 16 février dernier au Palais de Tokyo, temple de l'avant-garde et de la création contemporaine. Toile de coton bio, semelles en caoutchouc naturel mais design très urbain, les baskets Veja sont inspirées d'un modèle vintage des années 70.
Des " people " pour un commerce plus juste
Antonio Banderas , Bono, Colin Firth, Chris Martin( Coldplay), Thom Yorke (Radiohead), Minnie Driver (Bridget Jones), Youssou N'Dour, Alanis Morissette, Michael Stripe (REM)...des stars internationales se mobilisent pour un commerce plus juste en offrant aux ONG Agir ici et Oxfam International des photos prises par Greg Williams, célèbre photographe et directeur de création. Noyés sous le lait ou le jus d'orange, recouverts de riz, de mais, de cacao ou de café, ils rappellent l'inéquité des régles du commerce mondial en mettant en scène des produits qui " laissent un goût très amer dans la bouche." Les photos seront utilisées partout dans le monde, " afin de faire pression sur les politiques pour qu'ils changent les règles injustes qui sont à l'origine de la crise agricole mondiale actuelle ", indique Agir Ici.
A l'origine du concept, Sébastien Kopp et François-Ghislain Morillon ont choisi une coopérative brésilienne pour la fabrication. Les matières proviennent des filières de coton biologique et de caoutchouc naturel produit à partir de l'hévéa, un arbre poussant dans la forêt amazonienne. Au Brésil, le coton bio fait vivre 200 familles qui travaillent dans une coopérative du Nordeste, région " non OGM ". Veja rémunère les producteurs entre 30 et 65% de plus que les prix du marché, grâce, notamment, à l'économie des frais de marketing habituellement très élevés pour ce type de produit -de l'ordre de 70%. Le prix des différents modèles, 80 euros, est identique et se situe dans la fourchette basse pour ce style de baskets. Sur ce marché dominé par les grandes marques, qui font généralement fabriquer leurs produits dans les pays d'Asie et dans des conditions peu socialement responsables, Veja innove et montre que ce produit symbolique de la mode peut être fabriqué et vendu différemment...Le sharewear, nouvelle tendance du commerce équitable Autre exemple de ces nouvelles tendances de la mode responsable, les vêtements " Misericorida ", également présentés au Palais de Tokyo et vendus chez Colette -concept store parisien de la mode " pointue "- reprennent l'uniforme des collégiens d'un orphelinat situé dans la banlieue de Lima (Pérou). Fabriqués par l'atelier de couture de l'école, la vente de ces vêtements (entre 45 et 200 euros) finance l'orphelinat et le collège de la Misericordia. Les collections sont désormais commercialisées en Europe et au Japon dans les boutiques de créateurs et sont dessinées dans les ateliers de la Misericordia, en partenariat avec des stylistes débutants ou confirmés. Dans un style différent, mais très loin aussi du " poncho en poil de Lama ", la chaîne de magasins " Citizen Dream " compte sept boutiques en Belgique et en a ouvert une récemment dans le quartier de la Bastille à Paris. Chez Citizen Dream, l' " objectif premier est de vendre de beaux objets ". L'argument du commerce équitable apparaît au second plan dans la mesure où " vous achetez un objet parce qu'il vous plaît et que son prix est correct, non car il sert une cause ", explique l'entreprise. Citizen Dream collabore avec Tara Project, coopérative basée à Dehli en Inde, qui coordonne la production et l'exportation d'une vingtaine d'ateliers dans le nord du pays, dans les conditions du commerce équitable. Les bénéfices de Tara Project servent ensuite à financer des écoles et à lutter contre le travail des enfants. Si les articles vendus par Citizen Dream sont des productions artisanales issues pour l'essentiel d'Inde et d'Afrique noire, ils sont sélectionnés pour leur facture très contemporaine. " A l'inverse de bon nombres de structures, nous avons choisi de partir du produit plutôt que du producteur ou de la démarche militante " explique Citizen Dream. Même credo chez Ideo, devenu le spécialiste de cette tendance " sharewear " avec 10 points de vente à Paris et déjà 4 collections de tee-shirt bio et équitables à son actif depuis 2002. Certains modèles ont été crées par Matali Crasset, designer connue pour la réalisation très contemporaine de l'hôtel Hi à Nice. Design et commerce équitable font également la réussite du showroom-galerie-café Alter Mundi, ouvert en novembre dernier dans le 11ème arrondissement. Objets, vêtements et accessoires " chics et fashion " sur 500 mètres carrés : cette entreprise du commerce équitable affiche sa volonté de rompre avec l'image traditionnelle des produits ethniques. Egalement entreprise d'insertion, Alter Mundi revendique une double action sociale, en France et dans les pays émergents. Enfin, un défilé organisé par Consom'agir présentera le 28 avril prochain au Bombay Café des vêtements de créateurs issus du commerce équitable, parmi lesquels on retrouvera Véja, Ideo et Citizen Dream. Adresses :
Citizen Dream Comptoir de la Bastille 39 rue de Charonne 75011 Paris Alter Mundi 41 rue du Chemin vert 75011 Paris
Ideo 5 rue Hassard 75019 Paris
Véja 01 40 29 40 80 www.veja.fr
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