Fairtrade Labelling Organizations
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Rien ne changera chez nous, si rien ne change chez vous ! s'écria Dom Helder Camara, l'évêque symbole des favelas. Cela résume l'enjeu et les espoirs suscités par le commerce équitable auprès des millions de petits paysans et de saisonniers brésiliens, les boias frias (gamelles froides) , véritables esclaves des temps modernes. Méprisés par les Brésiliens plus aisés, leur quotidien est incertain, vivant des petits emplois trouvés ici ou là chez les propriétaires terriens. Leur santé est précaire, se nourrissant mal, se soignant rarement et se logeant où ils peuvent. Leur destinée semble sans échappatoire possible : pas d'argent pour s'instruire et améliorer le quotidien, ni pour offrir aux enfants une condition meilleure. Ils font partie des 2/3 de Brésiliens qui souffrent de malnutrition.
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Le commerce équitable s'adresse aux marginalisés qui vivent de l'agriculture ou de l'artisanat dans des pays du Sud où le revenu national est si faible, qu'il ne permet pas aux Etats d'investir suffisamment au bénéfice des travailleurs les plus démunis. Pour mettre en place et pérenniser les circuits de commerce équitable, des ONG comme la FLO International (Fairtrade Labelling Organisation International) sont présentes sur le terrain. FLO assure l'audit et la certification des coopératives, ainsi que le suivi de la relation entre les producteurs et les acheteurs. FLO attribut le label Max Havelaar, que l'on peut trouver sur une gamme de produits vendue dans les rayons de nombreux distributeurs français.
Mettre en place de nouveaux critères de production
Au Brésil, 3 coopératives de café, 4 coopératives de jus d'orange - dont 1 produisant également des mangues - et 1 plantation de bananes sèches sont agréées par FLO. De nombreuses organisations sollicitent l'ONG, mais le parcours est long et difficile depuis la propriété agricole, jusqu'aux étalages des distributeurs. Tout d'abord, les petits producteurs doivent être sensibilisés à la démarche. Chacun a un parcours singulier : un voisin venu en parler; un autre, syndicaliste, sensibilisé par son organisation syndicale; un autre encore directement rencontré par un membre de la FLO; etc. Ensuite, ils doivent vérifier et accepter les critères de FLO, notamment en matière d'organisation syndicale libre ou d'élimination de produits phytosanitaires classés sur une liste noire. Enfin, ils doivent trouver des débouchés commerciaux. Mais, constate Beat Grüninger, auditeur FLO basé à Sao Paulo : " Les critères de la distribution sont élevés en Europe. Le système du commerce équitable a besoin de s'appuyer sur des fondamentaux pour rassurer les consommateurs et les acheteurs européens. Il faut de la qualité, de la quantité et de la régularité dans les volumes pour motiver les acheteurs importateurs. Beaucoup d'organisations n'ont malheureusement pas le niveau de professionnalisation requis. Certains cherchent ainsi des débouchés depuis des années. Bien sûr, lorsque nous le pouvons, nous les accompagnons dans leurs démarches de professionnalisation et de recherche de partenaires européens, mais nous ne sommes pas les décideurs finaux. " La liste complète des importateurs et des distributeurs de produits équitables brésiliens est disponible auprès de la Plate-forme du commerce équitable.
Un commerce équitable sud-sud
L'exportation n'est toutefois pas la seule manière de développer le commerce équitable au Brésil, où environ 35% de la population se compose de classes moyennes. L'implantation de canaux de distribution locaux se développe petit à petit, s'appuyant sur des marchés solvables. A Rio de Janeiro, l'association VivaRio commercialise des vêtements confectionnés par des femmes des favelas, à travers son propre réseau de boutiques localisées dans des centres commerciaux. Le travail est encore embryonnaire. Car si en France le commerce équitable commence à se faire connaître du grand public, au Brésil tout est encore à faire. Ana Asti, chargée du projet Comercio Solidario VivaRio, explique : " Nous étudions avec beaucoup d'intérêt la façon dont les pays européens sensibilisent au commerce équitable, pour développer également le commerce équitable Sud-Sud au Brésil. C'est un facteur de paix dans nos quartiers difficiles, où la détresse sociale est énorme et où la violence est insupportable pour tous. "
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