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La baisse des ventes qui a suivi sa désignation comme dernier de la classe par Greenpeace, en 2005, a conduit Lidl à changer ses pratiques. Il offre désormais une palette de produits frais, bios ou avec des résidus de pesticides limités (voir article lié). Aldi, le principal concurrent de Lidl, a adopté la même stratégie. « L’étude montre qu’il est possible aux distributeurs d’éviter les produits contaminés par les pesticides, et ce, rapidement – et qu’ils auraient pu le faire bien plus tôt» relève Manfred Krautter, son auteur. Dans un numéro consacré à l’alimentation durable, Greenpeace Magazine rapporte que les pressions des négociants en fruits et légumes allemands, ont conduit les fournisseurs andalous à se tourner lentement vers la culture biologique. Il est vrai que l’Allemagne est le principal client des agriculteurs espagnols. La démarche semble porter ses fruits puisqu’à Huelva, par exemple, la superficie agricole bio a été multipliée par cinq. Edeka, autre grand nom de la distribution allemande, exige que la présence des résidus de pesticides ne dépasse pas les 50% du seuil autorisé en Allemagne - « à cause de la grande sensibilité des consommateurs allemands, » écrit le distributeur dans une note interne citée par le magazine. Il demeure toutefois qu’un quart des produits analysés par Greenpeace contenaient trop de pesticides – et que la situation générale ne s’est guère améliorée en un an, selon Manfred Krautter. L’ONG a pu aussi démontrer l’inefficacité du système de contrôle des produits alimentaires allemands en se procurant rapidement 100 kg de pesticides interdits. Elle a d'ailleurs relevé la présence de pesticides, théoriquement interdits, dans 30% des produits analysés.
Consommation bio en augmentation
Sensibilisés sur la question des pesticides, les consommateurs allemands achètent de plus en plus de produits bios. Le chiffre d’affaire du secteur a ainsi enregistré une hausse de 15 % en 2006 par rapport à l’année précédente, pour atteindre la barre des 5 milliards d’euros. L’ONG allemande Foodwatch relève toutefois que si la branche bio sort « de la niche », sa part ne fait qu’osciller entre 3 et 4% du marché total de l’alimentaire. Loin d’être un phénomène de mode pour « bobos » bien nantis, le phénomène bio s’implante de manière durable dans le paysage de la distribution traditionnelle. L’agence d’étude à la consommation GfK relève que de plus en plus de ménages modestes achètent également bio – grâce aux discounters qui ont commencé à investir un marché qu’ils jugent porteur. Selon l’agence, la vente de produits bios des discounters a connu une hausse de…80% pour les neufs premiers mois de l’année (voir article lié). L’implantation du bio dans les circuits de distribution traditionnel profite également au commerce équitable : 70% des produits issus du commerce équitable portent le label bio, soit 10% de plus que l’année précédente, la vente de produits équitables chez Lidl a généré à elle seule plus de 18 millions d’euros. Les chiffres pour l’année 2006, publiés à l’occasion du bilan annuel de l’organisation Transfair, l’équivalent en Allemagne de Max Havelaar, montrent une augmentation du chiffre d’affaire de 50% pour atteindre 110 millions d’euros. « Le marché allemand a généré 20 millions d’euros de revenus pour les fournisseurs» rapporte Claudia Brück, porte-parole de Transfair. « Ce sont en tout 16 millions de personnes qui achètent régulièrement ou occasionnellement équitable. » Claudia Brück attribue en partie ce succès à l’élargissement des circuits de distribution pour les produits issus du commerce équitable. Ils sont présents depuis l’été 2006 dans les rayons du discounter Lidl. L’élargissement des circuits de distribution pour les produits issus du commerce équitable est perçu comme allant de soi outre-Rhin. « Le consensus en Allemagne est qu’il faut agir dans le système. Tout n’est pas parfait, et la critique est la bienvenue, mais il y a une chance, et il s’agit de la saisir tout de suite,» précise Claudia Brück. Devant ce consensus, l’argumentation et les critiques telles qu’elles sont émises par Christian Jacquiau dans son ouvrage « Les coulisses du commerce équitable » passent largement inaperçues outre-Rhin. La remise en cause des structures actuelles du commerce équitable n’a pas lieu en Allemagne. Claudia Brück estime : « Le livre se base sur une vision du monde erronée ou bien sur des exemples périmés. Nous avons réagi avec un communiqué, publié en allemand, de même que nous avons établis un argumentaire, également en allemand, démontant point par point les critiques émises dans le livre. » En 2000, tous les acteurs du commerce équitable en Allemagne se sont retrouvés pour améliorer la distribution des produits issus du commerce équitable, des « Weltladen », ou petites boutiques alternatives, aux distributeurs les plus importants. « De fait, nous voulons tous la même chose, vendre plus de produits équitables. Et nous nous sommes arrangés pour harmoniser la distribution. Certains produits, par exemple des Chutney, ne sont pas nécessairement vendables en grandes surfaces. Le consommateur pourra les trouver dans les épiceries spécialisées. Pour le café, il pourra aller dans sa grande surface habituelle. » Une fois par an, tous les acteurs se retrouvent pour la semaine du commerce équitable, qu’ils organisent ensemble – initiative appuyée depuis 2003 par le Ministère du développement et de la coopération. Elle promeut, comme en France, une campagne de sensibilisation des consommateurs aux thèmes du commerce équitable.
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