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Tourisme responsable : l'offre demeure confuse

Planète \Mondialisation \Tourisme

Publié le 27-05-2009



Adhérente à l'association Agir pour un Tourisme Responsable (ATR) depuis 2006, l'agence de voyage Nouvelles Frontières vient d'engager le processus de certification Afaq-Afnor ATR. L'occasion de revenir sur les engagements de Nouvelles Frontières en la matière, avec Pierre Constantin, directeur de communication de l'agence, et Samy Bailly, chef de marché sur le volet Aventure.

Comment Nouvelles Frontières définit-elle sa stratégie « tourisme responsable » ?

Jean-Pierre Constantin : Le tourisme responsable est au cœur de notre métier. Quand on fait voyager nos clients, nous savons que le capital écologique protégé impacte sur le capital touristique des destinations. Nous avons donc décliné nos actions selon trois axes. Un premier axe pédagogique, suivant lequel nous informons notre clientèle mais aussi le personnel de l’agence des enjeux du tourisme responsable, via par exemple notre participation aux Journées de la Terre, ou la formation des salariés des 4 hôtels certifiés ISO 14 001 [norme sur  le management environnemental] que nous proposons dans nos circuits. Ensuite, l’axe de proximité pragmatique, mis en œuvre sur le terrain, notamment à travers notre collaboration avec les réceptifs. Nous privilégions des correspondants sur place qui  participe au développement local des villages que nos circuits traversent, en intégrant par exemple une activité « Nouvelles Frontières, nouvelle rencontre », qui consiste à rencontrer un artisan local et à partager avec lui un bon moment d’échange culturel. L’idée étant de passer d’un tourisme contemplatif à un tourisme plus actif, qui inclue une démarche d’apprentissage. Nous appliquons également une réelle politique environnementale dans nos propres locaux. Quant au troisième axe, il est celui des partenariats avec des organismes internationaux, comme par exemple l’association Epac, qui lutte contre le tourisme sexuel.  Bien entendu, l’axe prioritaire reste celui du terrain.

Pourquoi n’avoir alors lancé la certification ATR que sur votre volet « Aventure » ?

Samy Bailly : Tout simplement car cette certification concerne exclusivement le tourisme d’aventure. En fait, quand nous avons commencé à réfléchir à l’élaboration de la certification, avec les membres d’ATR, nous avons réalisé qu’il ne pouvait exister un certificat concernant tous les types de tourismes. D’autant que le secteur de l’Hôtellerie répond déjà de la norme ISO 14 001. Du coup, nous nous sommes focalisé sur ce volet. 

Quels sont les types de critères requis pour obtenir la certification ?

Samy Bailly : Ils sont répartis selon deux thèmes principaux. En gros, la sensibilisation du public et l’adoption de bonnes pratiques dans nos méthodes de travail. Par exemple, le tourisme d’aventure est source d’un certain nombre de déchets, dans des zones souvent éloignées des centres de traitements. Chez Nouvelles Frontières,  nous veillons donc à ce que les réceptifs, et notamment les guides touristiques, limitent l’impact environnemental en triant les déchets des touristes, et en les rapportant sur les lieux de collectes locaux. Mais l’idée n’est pas non plus de nous séparer des correspondants avec qui nous travaillons depuis longtemps, même s’ils ne cadrent pas exactement à notre exigence. Au contraire, nous voulons les accompagner dans l’adoption des bonnes pratiques. Il s’agit aussi de répondre à un engagement social. C’est d’ailleurs l’un des thèmes que nous étudions actuellement dans nos ateliers au sein d’ATR. Comment par exemple garantir un salaire minimum, sachant que la législation des pays de destinations est souvent peu contraignante, et surtout, très variée.

ATR rassemble une vingtaine de voyagistes de tailles différentes. Comment dans ce cas satisfaire les centres d’intérêt de chacun lors de l’élaboration d’une telle certification ?

Samy Bailly : En réalité, nos centres d’intérêts sont souvent convergents. Pour preuve : nous sommes tous concurrents ! Ce qui signifie que nous travaillons sur les mêmes types de produits, que nos clients ont les mêmes attentes, et que nous faisons face aux mêmes problématiques de terrain. Par ailleurs, nous avons tous le même poids dans les votes au sein de l’association, et les coûts engendrés tant par l’adhésion à ATR que par l’engagement du processus de certification sont  répartis selon les chiffres d’affaires de chacun. De sorte que le poids décisionnel et l’impact financier restent le même pour chaque adhérent.

Pourtant, il semble justement que le coût de la certification soit un frein pour les petites structures qui n’ont pas forcément les moyens de le supporter…

Samy Bailly : C’est sûr que cela demande du temps de travail, et donc un certain budget. Mais cela peut aussi être un choix stratégique. On peut choisir de diminuer les frais de publicité et d’allouer l’argent économisé à ce budget là par exemple. D’autant qu’il me semble plus facile pour une petite structure d’appliquer les critères. Moins on est nombreux, plus il est facile de modifier notre comportement.


Lire l'interview de Stéphane Marais

Propos recueillis par Anne Farthouat
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