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Coup de tonnerre dans le monde de la finance : les actionnaires de la banque américaine Citigroup ont refusé le plan de rémunération des dirigeants de l’entreprise lors de l’assemblée générale du 16 avril. Ce plan prévoyait une augmentation importante pour le patron de cette banque fragile (elle a été recalée aux stress test) au cours de bourse en berne (-20 % depuis début 2011). Vikram Pandit aurait obtenu 14,8 millions de dollars au titre de 2011. En 2010, il n’avait eu qu’un dollar et en 2009 un peu plus de 100 000 euros. Mais les actionnaires semblent ne plus accepter de revenir aux modes de rémunération d’avant la crise alors que la banque ne semble pas rétablie. Les fonds de pension qui ont voté contre le plan lui reprochent à la fois un manque de transparence et l’absence d’incitations à long terme. « La part variable du salaire du patron de Citigroup n’est indexée que sur des performances de court terme » a expliqué le hollandais PGGM ajoutant : « Il faut aussi des incitations de long terme pour qu’un système de rémunération soit efficace. » En France, la Société Générale a du mettre à l’ordre du jour de son assemblée générale du 22 mai une résolution qu’elle « n’agrée pas ». Elle concerne la gouvernance de la banque et est portée par la société de gestion Phitrust. Elle va demander aux actionnaires de voter en faveur d’un conseil de surveillance et d’un directoire pour séparer les fonctions de direction et de contrôle dans une banque aujourd’hui dirigée par un Président Directeur Général, Frédéric Oudéa. « Le contrôleur ne peut pas être le contrôlé, surtout compte tenu de la complexité des montages financiers» explique Denis Branche, associé de Phitrust Gestion pour qui «le système de la Société Générale ne répond plus aux niveaux de contrôle des risques nécessaires à l’activité de banque de Financement et d’Investissement ce que montre l’affaire Kerviel ou la crise des subprimes. » Pour déposer sa résolution, Phitrust à bénéficié du soutien d’actionnaires détenant 0,6 % du capital mais 70 % d’entre eux sont étrangers. Les investisseurs français restent réticents à l’idée de porter des débats conflictuels devant les assemblées générales. La thèse de Phitrust a-t-elle une chance de l’emporter ? « On ne sait jamais » estime Denis Branche. Rémunération des dirigeants d'UBS "trop élevées"
En Suisse, l’ex fleuron bancaire UBS fait face à une fronde beaucoup plus importante. Son assemblée générale, programmée le 3 mai, devrait être très agitée. La fondation Ethos, qui représente 80 fonds de pension suisses a appelé à voter contre le plan de rémunération. Elle est en capacité de bousculer les dirigeants des grandes entreprises du pays. Or elle estime que « les rémunérations de la direction de l'UBS sont trop élevées et comportent une part variable trop importante » et critique dans la foulée « une prime d’arrivée de quatre millions de francs suisses versée sans contrepartie au nouveau président, Axel Weber. »Plus inquiétant encore pour la direction d’UBS, la Fondation Ethos veut mettre en cause la responsabilité du conseil d’administration pour la perte d’1,5 milliard d’euros en septembre 2011 causée par les opérations hasardeuses d’un seul trader. Symbole des dérives du monde bancaire, UBS connait des AG houleuses depuis la crise. Celle de 2010 avait duré plus de 8 heures et la fondation Ethos avait réussi à y obtenir que soient mis en cause les dirigeants de la banque en poste jusqu’en 2008. pour les pertes abyssales d’UBS (près de 25 milliards d’euros entre 2008 et 2009). Ce record sera-t-il battu ? La fondation Ethos aura-t-elle gain de cause ? Les paris sont ouverts.
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