Armement : question d'éthique pour les investisseurs

Finance \Ethique

Publié le 22-01-2013

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La tuerie de Newport a ouvert aux Etats-Unis le débat sur la vente incontrôlée des armes. CalSTRS, l'un des plus grands fonds de pension dédié aux enseignants californiens, y participe. Il a annoncé début janvier qu'il cessait d'investir dans les entreprises qui fabriquent des armes , relançant ainsi le débat sur l'investissement éthique.

« Nous ne siégeons pas à la Cour Suprême. Nous en sommes pas élus au Congrès mais notre conseil d’administration a le pouvoir de changer ses propres investissements ». C’est ainsi qu’Harry Keiley, président du comité d’investissement de CalSTRS, le fonds de pension des 850 000 enseignants retraités californiens, a annoncé qu’il refusait désormais d’investir dans des entreprises fabriquant des fusils d’assaut et des munitions. Signataire des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), CalSTRS a une politique d’investissement éthique mais il était malgré tout indirectement présent au capital d’entreprises d’armement dont l’une a fabriqué l’un des fusils d’assaut utilisé dans la tuerie de Newport. Alors que le lobby des armes appelait à armer tous les enseignants pour prévenir de nouveaux massacres, CalSTRS estime au contraire qu’il faut prendre ses distances avec l’industrie de l’armement. Ce choix aura une incidence relative sur la gestion de ses encours de155 milliards de dollars puisque l’armement n’en représente qu’une toute petite partie mais cela ouvre le débat sur l’investissement éthique et les choix de société qu’il implique.

Un critère d’exclusion

Le contrôle des armes est l’un des premiers sujets sur la table du président Obama martelaient les commentateurs  de sa seconde investiture le 21 janvier 2013.  « Contrôler les armes  c’est poser la question des destinataires finaux des armes qui sont produites et vendues » explique Bernard Bayot, du Réseau Financement Alternatif (RFA). Cette organisation belge est à la pointe du combat pour d’une part inciter les investisseurs à bannir les armes controversées par les conventions internationales et d’autre part  demander de la traçabilité sur la commercialisation des armes autorisées. « La régulation est un élément indispensable pour restreindre les critères de commercialisation des armes mais le pouvoir des actionnaires est aussi important » ajoute Bernard Bayot. « Si le modèle, c’est de vendre toujours plus d’armes à n’importe qui, on trouve des fusils d’assaut dans les mains d’adolescents  déséquilibrés ou de terroristes islamistes à d’autres endroits de la planète. C’est cela qu’il faut changer. » Il estime qu’il y a des activités inacceptables même à la marge et que les investisseurs responsables doivent prendre des dispositions pour les éviter afin de mériter ce titre. A titre d’information, 98 des 300 fonds ISR  disponibles en France que recense Novethic ont un critère d’exclusion de l’armement.
A.C. Husson-Traore
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