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L’Initiative Finance du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP-FI), qui rassemble des acteurs financiers engagés sur les thématiques du développement durable, a porté diverses initiatives à Rio. La plus importante pour la reconnaissance du rôle que peut avoir le secteur financier est sans doute la Déclaration du capital naturel. Ce texte de trois pages, publié le 18 juin, a pour but d’inciter ses signataires à intégrer « des considérations liées au capital naturel dans les produits et services financiers. » Dans le capital naturel sont englobés tous les biens de la terre (sol, eau faune, flore) et les services écosystémiques qui en découlent. L’idée est de montrer que leur dégradation a un coût et que ce coût doit être intégré par les investisseurs. Il reste par ailleurs d’autant plus difficile à évaluer que beaucoup des biens concernés ne sont pas vendus. La Déclaration reconnait le rôle que peut jouer le secteur financier en tant que moteur de la croissance économique mondiale et la responsabilité indirecte qui est la sienne à travers l’empreinte écologique des activités de ses clients ou ses propres achats. Le texte, établi après une consultation internationale, a été signé par une quarantaine d’acteurs dont trois Français liés au même groupe la Caisse des dépôts, CDC Climat et la Société Forestière. Prévenir les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance Les Principes pour l’Assurance Responsable (PSI), publiés à Rio le 19 juin, sont une autre initiative portée par l’UNEP-Fi. Déjà ratifiés par une trentaine de compagnies mondiales qui ont contribué à leur élaboration, ils constituent un cadre d’engagement pour les assureurs. « La Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) ne doit pas être un mot creux mais une position forte » explique Henri de Castries, le PDG du groupe AXA pour mieux souligner l’engagement de son groupe dans le lancement des PSI. Ces quatre principes tiennent en une dizaine de lignes dont chaque mot a été négocié pied à pied pendant deux ans. Ils prévoient d’intégrer dans les prises de décisions les questions environnementales, sociales et de gouvernance, de sensibiliser clients et partenaires tout en travaillant à la promotion d’une action globale sur ces sujets. Enfin les signataires doivent communiquer régulièrement et publiquement sur les actions mises en place. Si ces engagements peuvent sembler très larges, ils traduisent, selon l’assureur français, le fait que « l’ensemble de l’industrie commence à comprendre que c’est une évolution nécessaire ». Concrètement il s’agit pour les compagnies signataires d’avoir non seulement des produits d’assurance « verts » mais aussi d’intégrer des critères de RSE dans leurs relations avec leurs fournisseurs, sans oublier la gestion de leurs actifs financiers. Le déploiement des PSI devraient permettre aux assureurs de mieux prévenir les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance auxquels ils peuvent être confrontés. Juste avant le Sommet de Rio, un autre club, celui des Investisseurs de Long terme, a publié sa propre déclaration. Ce club, qui rassemble 14 institutions financières mondiales représentant 3200 milliards de dollars, a voulu s’engager à « soutenir les investissements massifs nécessaires à la transition vers une économie verte. » Soucieux que les régulateurs prennent mieux en compte la notion même d’investissement de long terme, ils espéraient que la Déclaration finale de Rio intègre cette notion. Mais en vain… Tous ces textes ont un point commun, la reconnaissance des impacts tangibles des problèmes environnementaux, sociaux et de gouvernance sur les divers types de capitaux que gèrent le secteur financier. Même si à Rio n'ont été lancés que des projets destinés à mesurer ces impacts, cette reconnaissance est déjà un pas considérable.
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