Insertion emplois, créé en 94, reste un produit financier original, focalisé sur l'emploi. 10 % de ses encours sont investis dans des structures d'insertion créant de l'emploi pour des personnes en difficulté et les 90 % restant sont investis dans des entreprises cotées qui, sur le plan des ressources humaines, doivent avoir un bilan social favorable et une politique active de mécénat, d'éducation et de lutte contre l'exclusion, tout en n'ayant procédé à aucun licenciement sec dans la dernière année. Ces critères rigoureux sont appliqués par la cellule ISR d'IXIS AM qui gère Insertion emplois depuis sa création. La composition du portefeuille, rendue publique lors de l'assemblée générale annuelle du fonds, en décembre 2004, affichait France Telecom en troisième position. Compte tenu des problèmes de ressources humaines que connaît actuellement l'opérateur français, cela pouvait sembler paradoxal de figurer en si bonne place dans un fonds comme celui-ci. Explications avec Stéphane Prévost, gérant ISR d'Ixis AM, sur les méthodes de recherche et de dialogue avec l'entreprise qui ont abouti à ce résultat, moins paradoxal qu'il n'y paraît.
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Quelle est la procédure que vous mettez en œuvre quand l’une des valeurs de votre portefeuille traverse une crise ? Stéphane Prévost : Nous utilisons notre propre système de veille. Les notes que nous fournit l’agence de notation Vigeo sont plus statiques. Réactualisées une fois par an, elles mettent du temps à intégrer ce type de paramètre. Aujourd’hui, nous disposons de puissants moyens d’information (lettre électronique, note de courtiers…). Quand un événement extra-financier extraordinaire se produit, malheureusement souvent d’ordre négatif, nous avons pour principe de ne pas prendre de décision d’achat ou de vente avant de faire notre propre enquête auprès de l’entreprise concernée.
Comment avez-vous eu connaissance des problèmes de ressources humaines que connaît France Telecom ? Stéphane Prévost : Nous avons d’abord été alertés par des sources internes, des échos en provenance des syndicats, puis par des articles de presse, autant de signes convergents qui nous ont conduit à mettre cette valeur sous surveillance. Quelles démarches avez-vous alors entreprises ? Stéphane Prévost : Nous avons pris contact avec l’entreprise, via la communication financière qui, elle, nous a renvoyé vers la communication développement durable du groupe. Ces interlocuteurs chez France Telecom nous ont expliqué leur plan d’actions concernant les réductions d’effectif et les dispositifs d’aide au départ ainsi que le mode de gestion des compétences, en fonction de la mobilité et de la pyramide des âges. France Telecom a mis en place des cellules de mobilité qui font qu’on ne peut pas parler de véritables réductions d’effectif. De ce point de vue, il y a cohérence avec les principes directeurs d’Insertion emplois Quelle analyse faites-vous aujourd’hui de la situation de France Telecom sur le critère ressources humaines ? Stéphane Prévost : France Telecom est dans un contexte particulier. Elle est confrontée à une privatisation et un fort endettement, le tout dans un secteur en proie à des restructurations très importantes. Ses enjeux de compétitivité affectent le dialogue social. Les problèmes de stress du personnel mis en avant portent sur des indicateurs qualitatifs sur lesquels la mesure est difficile. La valeur est sous surveillance depuis début 2004. Nous programmerons un nouveau rendez-vous, début 2005, avec France Telecom qui doit nous démontrer l’efficacité de ses mesures. En fonction de ses explications, nous prendrons une décision de maintien ou de vente du titre. Il est important de rappeler que notre position d’actionnaire légitime notre questionnement auprès de l’entreprise. Qu’elle prenne le temps de nous expliquer sa stratégie dans ce domaine est tout à fait nouveau en France et montre qu’elle est sensible à la nécessité de convaincre des investisseurs ISR de l’efficacité de sa politique sociale.
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