Novethic : le media expert du développement durable |
![]() |
![]() Finance \Institutions financièresCleveland contre Wall StreetCe film documentaire du réalisateur suisse Jean-Stéphane Bron, qui sortira le 18 août prochain, dresse le procès fictif de la ville de Cleveland contre douze banques de Wall Street. Il analyse par ce biais tous les aspects de la crise des subprimes. Eclairant et pédagogique.
Si tous les protagonistes du film ont réellement été impliqués et/ou ont subi la crise des subprimes, le film documentaire du réalisateur suisse Jean-Stéphane Bron relate un procès fictif entre la ville de Cleveland et douze banques de Wall Street. La ville de Cleveland dans l’Etat de l’Ohio a en effet été particulièrement affectée par la crise des subprimes – ces crédits hypothécaires à haut risque distribués généreusement par les banques et qui ont conduit à la crise financière. Elle a donc mandaté un cabinet d’avocats dirigé par Josh Cohen afin d’intenter une action collective contre des banques commerciales et des banques d’investissement domiciliées à Wall Street, qu’elle estime responsables de la crise. Cependant, les banques ont tout fait pour empêcher ce procès d’avoir lieu. Conséquence : Jean-Stéphane Bron a souhaité que ce procès se tienne, même virtuellement, et a donc convoqué pour cela un vrai juge, un vrai jury, de vrais avocats et de vrais témoins qu’il a mis en scène dans le cadre d’une documentaire fiction. Le procès de Wall Street – même si ce n’est que de façon symbolique - aura ainsi bien lieu ! "La bombe qui a fait exploser Wall Street " Celui-ci tente d’établir qui est responsable de la crise des subprimes et oppose dans une dramaturgie assez classique « le mal » représenté par des banques et des courtiers cupides et « le bien », bafoué à travers des portraits de travailleurs qui cumulent plusieurs emplois pour s’en sortir. Ces derniers, plombés par des dettes accumulées trop facilement, se retrouvent à la rue avec leur famille. Pour autant, le documentaire ne réduit pas une crise aussi complexe à une explication manichéenne et simpliste. Le réalisateur tente de remonter la chaîne des responsabilités des courtiers vers les banques et même vers le concepteur d’un logiciel, qui a contribué au développement de la titrisation. Le témoignage de ce dernier est d’ailleurs particulièrement éloquent, celui-ci se décrit comme ayant participé « à la bombe qui a fait exploser Wall Street ». Il aurait ainsi permis « à quelques privilégiés de s’enrichir en profitant de gens crédules », poursuit-il, témoignant d’un réel sentiment de culpabilité. Celui-ci est éminemment critique vis-à-vis des financiers de Wall Street : « Ils ont oublié les vrais risques car les rémunérations étaient trop énormes » (…) « c’était délibéré et calculé », affirme-t-il. D’après lui, les banques ne pouvaient pas ignorer que le système allait imploser. Tout aussi accablant, le témoignage d’un ancien courtier et ex-dealer de drogue, qui a vendu des suprimes par centaine auprès de travailleurs pauvres. Il reconnaît que certains prêts, compte-tenu des revenus modestes des emprunteurs, ne pouvaient pas être remboursés. Selon lui, les courtiers avaient souvent l’habitude de falsifier les dossiers en gonflant les revenus afin que les banques accordent des crédits, ces dernières ne vérifiant pas les dossiers dans le détail et accordant aveuglément des prêts... Le "Ground zero de la crise" Cleveland contre Wall Street de Jean-Stéphane Bron. 1h38. Sortie : 18/08/2010
|
|
|||||||||