|
Avec 122 produits labellisés et une croissance des encours à deux chiffres, Finansol a connu une « excellente » année 2010, comme l’a souligné son président François de Witt lors de la présentation du Baromètre annuel Finansol/La Croix. Les finances solidaires s’élèvent en effet à 3,15 milliards d’euros et ont connu une augmentation de 31% en 2010 – jusqu’à 51% pour les encours de l’épargne salariale. Le financement solidaire destiné aux activités sociales ou environnementales ne cesse d’augmenter : 681 millions d’euros ont été investis au 31 décembre 2010 (+35% en un an). Un chiffre multiplié par 2,5 en 4 ans. « Il y a deux explications à cette progression, explique Sophie des Mazery, directrice générale de Finansol. D’une part le plein effet de la loi de 2008 qui oblige les entreprises à consacrer une partie de l’épargne salariale (5 à 10 %) à des fonds communs de placement d’entreprises solidaires (FCPES). Cette mesure a fait grimper les encours de l’épargne salariale solidaire à 1,5 milliard d’euros, ce qui représente la moitié des encours aujourd’hui. La deuxième raison, c’est l’augmentation des souscriptions à des produits d’épargne et de partage ». 400 000 salariés ont fait le choix de l’épargne salariale solidaire en mai 2010, et au total 700 000 Français ont investi dans le secteur, dont la notoriété affiche un taux de 50% dans la population.
Schneider Electric lie épargne solidaire et Social business
Le groupe a créé un fonds d’investissement solidaire "Schneider Electric Energy Access", doté d’un capital de 3,5 millions d’euros via l’épargne salariale solidaire. Ce fonds a pour objectif de soutenir le développement d’initiatives entrepreneuriales favorisant l’accès à l’énergie des populations les plus pauvres, dites «BOP » (Base of the pyramid). Créé avec le Crédit Coopératif, ce fonds investit dans des projets en France et à l’international grâce au FCPE solidaire du groupe. « Le fonds "Schneider Electric Energy Access" associe différentes parties prenantes, en proposant aux collaborateurs du groupe de prendre une part active dans cet engagement sociétal », souligne Gilles Vermot-Desroches, directeur développement durable de Schneider Electric. Les salariés qui choisissent de placer une partie du montant de leur intéressement et/ou d leur participation dans ce fonds voient cette part complétée par le groupe d’un montant pouvant aller jusqu’à 700 euros.
La question du rendement Financement d’associations, d’entreprises solidaires et d’insertion, d’activités sociales et environnementales… le secteur aura permis en 2010 de créer 34 000 emplois et de loger 2 500 familles*. Pour autant, la croissance du secteur ne doit pas faire oublier que l’épargne solidaire « représente moins de un pour mille de l’épargne financière des français », souligne François de Witt. Plusieurs causes à cela : un déficit de connaissance des produits et une certaine passivité dans les choix d’épargne, qui conduit à privilégier les produits classiques comme les livrets ou les contrats d’assurance-vie. Par ailleurs, explique le rédacteur en chef de La Croix Guillaume Courbet, « la rentabilité du solidaire représente un frein à son développement. Les gains (…) reposent bien souvent sur un avantage fiscal accordé par l’Etat. Or, comme le montre l’expérience de ces dernières années, la pérennité d’un avantage fiscal, si justifié soit-il, n’est jamais garantie. » Bilan : la question du retour sur investissement commence à se poser avec plus d’acuité, même si les particuliers qui font le choix de l’épargne solidaire sont davantage motivés par l’utilité sociale et environnementale de leurs placements. Pour toucher un public plus large, les performances financières des différents produits devront donc être améliorées. En effet, le sondage Ipsos-Logica sur l’intérêt des français pour l’épargne solidaire révèle que 41% des sondés pourraient souscrire à ces produits « mais à condition que leurs rendements financiers soient équivalents à celui des placements classiques », contre 34% en 2010. Par ailleurs, 35% d’entre eux estiment que « l’épargne n’a pas une vocation sociale »…Au final, ils ne sont que 19% (contre 22% en 2010) à dire qu’ils pourraient souscrire à un produit solidaire « même si son rendement est moins important que celui des placements classiques ». *Plusieurs associations et ONG ont par ailleurs reçu près de 5 millions d’euros de dons, -Habitat et Humanisme, le CCFD et Terre et Humanisme étant les ONG qui ont reçu le plus de dons- mais le chiffre est en légère baisse cette année
|