La stratégie éthique du fonds pétrolier norvégien fait des vagues
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Publié le 06-01-2006
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Depuis 2004, le gouvernement norvégien a fixé des lignes directrices d'investissement éthique à son fonds pétrolier de plus en plus richement doté (160 milliards d'euros début 2006). Il vient de rendre publique l'exclusion d'entreprises dont l'activité entre en conflit avec ces règles. La vente de ses actions a eu, en France, un retentissement médiatique important. Safran qui travaille pour la Défense nationale est concerné.
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« Nous n’avons pas avoir honte de travailler pour la Défense nationale. Nous ne fabriquons pas de bombes. On fait de la propulsion de missile balistique ». La chargée de communication du groupe Safran, issu de la fusion entre Sagem et Snecma, est très étonnée de l’emballement médiatique qu’a suscité la décision du fonds pétrolier norvégien de vendre ses actions Safran pour cause éthique. « C’est d’autant plus incompréhensible que cela n’a aucune conséquence économique pour nous. D’après nos estimations, il ne possédait que 0,6 % de notre capital en bourse ». Safran comme les 6 autres compagnies exclues (4 Américaines, 1 Britannique et 1 Italienne) ont en commun de fabriquer des composants utilisés pour l’armement nucléaire. Or, les lignes directrices d’investissement éthique, publiées par le gouvernement norvégien fin 2004, excluent les entreprises d’armement « particulièrement inhumain » c'est-à-dire les armements chimiques, nucléaires ou biologiques, les mines anti-personnelles et les bombes à fragmentation. Le comité éthique a pris une première décision, en octobre 2005, et l’a signifiée aux entreprises qui ont été sommées d’expliquer jusqu’où elles étaient impliquées dans ce type d’industrie. Six d’entre elles n’ont même pas pris la peine de répondre. L’ordre de vente a donc été donné, fin décembre, pour un montant total de 415 millions d’euros. Ce n’est pas l’importance des sommes en jeu qui est déterminante. Ces ordres boursiers seraient passés totalement inaperçus si le gouvernement norvégien n’avait pas décidé de donner une importance médiatique à sa ligne de conduite éthique. Devenu le pays le plus riche du monde grâce au pétrole, la Norvège est aussi le premier pays en terme de développement humain selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). S’efforçant de concilier ces deux « couronnes », le pays s’est doté d’un comité éthique chargé de veiller sur les investissements du fonds pétrolier, où le gouvernement du troisième exportateur mondial investit la manne générée par l’or noir. Ses encours se montent, début 2006, à 160 milliards d’euros. Deux obligations majeures ont été définies : celle de s'assurer que les générations futures recevront une part équitable des richesses issues du pétrole et celle de respecter les droits fondamentaux des populations affectées par les activités des entreprises dans lesquelles investit le fonds. Parmi les critères d’exclusion figurent la violation des principes humanitaires et des droits de l'Homme, la corruption et la dégradation de l'environnement. EADS et Thales sont deux grandes entreprises françaises dans lesquelles le fonds refuse d’investir à cause de leurs activités liées à l’armement. En ce qui concerne les violations des droits de l’homme, le comité d’éthique norvégien vient de déclarer, qu’après avoir examiné la situation de Total, placé sous surveillance depuis avril 2005 à cause de sa présence en Birmanie, il restait actionnaire du groupe. S’il prévoit d’exclure les entreprises qui contribuent à de très sérieuses ou systématiques violations des droits de l’homme, le comité éthique du fonds considère qu’il ne peut le faire pour des conduites antérieures à sa création et que « si Total, sur la période 1995-1998, était au courant d’une éventuelle corrélation entre des violations systématiques des droits de l’homme et la construction du pipe-line gazier en Birmanie, il ne peut aujourd’hui être établi de lien entre le régime militaire birman et les opérations que le groupe Total mènent dans ce pays. ». Fin 2004, le fonds pétrolier norvégien détenait 0,67 % du capital de Total soit un peu moins de 720 millions d’euros.
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A.C.Husson-Traore
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