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Un Français sur quatre (26 %) a entendu parler de l'épargne solidaire, soit 11 % de plus qu'en 2003. Cette spectaculaire progression est mesurée par le baromètre des finances solidaires Finansol-Ipsos, soutenu par La Caisse des dépôts et le Crédit Coopératif. La présentation de l'édition 2004, le 8 novembre, a permis de montrer que tous les indicateurs sont positifs. Les encours (536 millions d'euros) ont progressé de 76 %, entre 2002 et 2003, et le nombre d'épargnants a été multiplié par 3 pour atteindre 116 000.
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«Depuis deux ans, nous nous efforçons de sortir l’épargne solidaire du seul secteur militant pour l’étendre au grand public » explique Marie-Hélène Gillig, la nouvelle présidente de Finansol. « Nous voulons changer d’échelle en terme de notoriété mais aussi et surtout de montant des encours et donc de nombre de projets financés.» ajoute-t-elle en précisant que l’objectif est de démontrer que l’alliance de la finance et la solidarité peut être fructueuse. Les Français seraient de plus en plus nombreux à penser que c’est possible. La deuxième édition du baromètre des finances solidaires montre que 36 % d’entre eux se déclarent prêts à souscrire un produit d’épargne solidaire, même si le rendement financier est moindre. Ils posent quand même des conditions : 44 % veulent un label garantissant la bonne utilisation des fonds. Il en existe déjà un, celui de Finansol : 40 produits financiers solidaires sont labellisés, 7 l’ont été pour la première fois en 2003, dont 4 d’épargne salariale.
Améliorer l'information
Le baromètre, réalisé par Ipsos, en septembre 2004, auprès d’un échantillon national représentatif de 960 personnes, identifie aussi les facteurs susceptibles d’attirer les épargnants vers la finance solidaire. Il révèle que 15 % des investisseurs potentiels souhaitent une meilleure information et seraient sensibles à une proposition d’épargne émanant d’une association caritative. Ces deux critères passent avant celui des avantages fiscaux, mis en avant par 14 % d’entre eux. C’est donc sur l’information, à destination des épargnants mais aussi des bénéficiaires potentiels, que doit porter l’essentiel de l’effort de Finansol et de ses partenaires. Le sondage montre que la notoriété de l’épargne solidaire est beaucoup plus forte dans les catégories socio-économiques les plus aisées. L’un des paradoxes serait effectivement que la hausse des encours ne puisse déboucher sur une hausse parallèle du nombre de projets financés. « Nous devons faire un effort pédagogique important pour trouver de nouveaux projets de qualité », explique Hugues Sybille, directeur des partenariats et services locaux de la Caisse des dépôts qui soutient Finansol. « Le profil d’entrepreneur social est assez rare. Pour en trouver et faciliter l’identification de nouveaux projets ainsi que la diffusion de l’information, nous comptons sur les antennes départementales que nous avons mises en place. Il faut aussi travailler sur le réseau des 120 à 130 000 associations d’aides aux personnes recensées par le plan de cohésion social .» L’autre enjeu est celui de l’accompagnement des porteurs de projet. Marie-Hélène Gillig insiste sur la difficulté financière de prise en charge de cette dimension : «On ne mesure pas suffisamment le temps nécessaire pour aider à passer de l’assistanat à l’entrepreneuriat.»
L'épargne salariale : un moteur
Il est intéressant d’étudier les principaux facteurs du développement du montant des encours ainsi que du nombre d’épargnants. Celui des encours repose largement sur les dispositions le la loi sur l’épargne salariale qui prévoient qu’au moins un fonds solidaire soit inclus dans les offres faites aux salariés. Il s’agit de fonds dont 5 à 10 % des encours sont affectés à des projets solidaires. Cette disposition est à l’origine de 54 % de la croissance des fonds collectés pour le secteur solidaire. Cela représentait, fin 2003, 138 millions d’euros. Un membre du Comité Intersyndical de l’Epargne Salariale (CIES) nuance malgré tout ce satisfecit puisque, selon lui, bon nombre d’entreprises ne proposent pas d’abondement pour les fonds solidaires ce qui décourage leur souscription. Enfin le nombre d’épargnant ainsi que les encours ont été multipliés grâce à l’appui des réseaux bancaires traditionnels. Ce sont eux qui ont permis une diversification de l’offre qui est passé de deux options proposés par les acteurs de terrain: part de capital ou compte à terme à une gamme complète (livrets d’épargne, sicav, FCP, assurance-vie, fonds d’épargne salariale…). Enfin il ne faut pas négliger l’effet de levier du secteur solidaire. C’est souvent grâce au financement issu de ce secteur que les créateurs de projets peuvent emprunter dans le circuit traditionnel (voir article lié) et que pour un 1 euro, accordé en prêt d’honneur, on peut bénéficier de 4,5 de prêt classique. Pour toutes ces raisons, la mission que se donne l’ensemble des acteurs de la finance solidaire est de « conjuguer une augmentation de la collecte d’épargne avec celle du taux de financement de projets solidaires". Fin 2003, cela représentait 82 millions d’euros soit un peu plus du sixième de l’ensemble de la collecte.
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