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Créé par Finansol (collectif associatif des finances solidaires) début 2003, l'Observatoire des finances solidaires a pour mission de promouvoir l'épargne solidaire auprès du grand public. Il publie dans ce but un baromètre annuel du secteur, dont la première partie dresse un état des lieux selon différents indicateurs : position de l'épargne solidaire par rapport à l'épargne éthique et classique, présentation du profil des épargnants, caractéristiques des 37 produits financiers bénéficiant du label Finansol , impact du secteur solidaire sur le chômage, la précarité, etc... "L'épargne et les finances solidaires sont en pleine croissance, observe Henri Rouillé d'Orfeuil, président de Finansol. Le cercle très militant des épargnants de départ s'est élargi à 40 000 personnes et le montant de l'épargne solidaire a triplé en 6 ans. Le montant des encours reste certes modeste, compte-tenu de notre situation de départ et du fait que 80% des épargnants citoyens privilégient les fonds éthiques sur les produits solidaires, plus sûrs et plus rentables." Actuellement, 37 produits financiers ont été reconnus par Finansol, avec un encours de 92 millions d'euros (+28% cette année). Ils ont permis le financement et l'accompagnement de 8000 entreprises, la plupart sont des micro-projets dans le secteur du commerce et de l'artisanat à l'initiative de personnes en situation précaire. Si, comme le reconnaît le président de Finansol, le nombre d'entreprises créées est encore modeste, il faut souligner toutefois l'aspect qualitatif de ce résultat, puisque 80% de ces entreprises sont pérennes après 5 ans (la moyenne est de 50% après 3 ans pour les créations " classiques "). "L'accompagnement de ces projets explique leur forte longévité , précise Henri Rouillé d'Orfeuil. Le taux de non remboursement des crédits que nous leur accordons n'est que de 6%." L'insertion par le travail et l'accès au logement de personnes en difficulté mobilise les 3/4 des financements solidaires, ce qui correspond aux souhaits des épargnants : 35% d'entre eux placent en premier objectif l'insertion, 17% le développement régional, 16% le logement et 12% le développement des pays du Sud.
Capital social et culturel
Dans sa deuxième partie, le baromètre mesure la notoriété du secteur et les perspectives d'avenir de "l'épargne citoyenne." Ces données, qui résultent de l'enquête "Les français et l'épargne solidaire" mené en novembre 2003 par le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), montrent une progression légère de la notoriété de l'épargne solidaire, connue par 15% des français contre 12% fin 2001. Une fois informés sur ce qu'est l'épargne solidaire, son attractivité devient très significative auprès des consommateurs, avec plus de 4 personnes sur 10 déclarant être prêtes à souscrire un produit de ce type. "Il s'agit d'une sensibilité au concept plus que d'une promesse d'acte concret, précise Jean-Pierre Loisel, directeur du département consommation du Credoc . L'épargne solidaire fait partie de la consommation citoyenne, ce qui veut dire qu'elle intéresse essentiellement une population dotée d'un capital social, économique et culturel élevé. Cette population est prête à investir parce qu'elle en a les moyens," analyse-t-il. De fait, le portrait type de l'épargnant solidaire est une personne aisée (62%), disposant déjà de placements financiers (50%), exerçant une profession intellectuelle ou supérieure (52%) et vivant en milieu urbain. Un grand effort de sensibilisation et de communication auprès de publics encore peu ou pas concernés reste donc à faire, auquel s'ajoute , pour 37% des personnes interrogées, la mise en place d'une incitation financière par l'Etat...
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