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La 3eme édition du baromètre des finances solidaires, publiée le 7 novembre, confirme la notoriété croissante de ce mode d’épargne qui consiste à introduire, dans les mécanismes financiers classiques, des éléments de solidarité. 30 % des personnes, interrogées par l’institut Ipsos, déclarent avoir entendu parler de l’épargne solidaire et, une fois qu’on leur a expliqué son fonctionnement, 42 % se disent prêts à investir, même si les attraits financiers de ce type de placement peuvent être limités. Cette tendance est plus forte chez les personnes diplômées, dont les revenus dépassent 3000 euros net mensuels, mais le principe séduit aussi les jeunes générations. 50 % des 18-24 ans se disent prêts à souscrire. « Ces résultats positifs sont très encourageants. Ils montrent que nous avons une vraie marge de développement » explique Marie-Hélène Gillig, la présidente de Finansol, association de promotion de la finance solidaire qui attribue un label aux produits financiers solidaires.
Pour que les investisseurs potentiels passent à l’acte, ils demandent d’abord des garanties sur l’utilisation des fonds. Le label est un premier élément mais pour faciliter la diffusion de l’information sur les projets, Finansol a pris deux mesures. Dès la fin novembre, elle va publier sur son site Internet « Le guide des initiatives soutenues par l’épargne solidaire ». Limité, dans un premier temps, aux projets financés par le secteur en Ile de France et à l’étranger, il permettra aux internautes de mieux connaître les projets eux-mêmes, le parcours de leurs créateurs et éventuellement d’utiliser les services des entreprises financées. Par ailleurs, Finansol a prévu un affichage du type « projet soutenu par la finance solidaire» quand ces derniers sont réalisés. « Cela répond à deux objectifs d’amélioration de la visibilité de cette économie» explique Marie-Hélène Gillig. «D’une part, nous éveillerons peut-être la curiosité de souscripteurs éventuels. D’autre part, nous valorisons pour les porteurs de projets le recours à l’économie solidaire ». Ceci dit, en France, rien ne vaut une incitation fiscale. C’est ainsi que 28 % des personnes, interrogées pour le baromètre, conditionnent leur investissement à ce type de mesure. Finansol fait du lobbying auprès des autorités pour obtenir des avantages fiscaux. Elle a, par exemple, envoyé un courrier à l’ensemble des députés pour les convaincre de donner à l’épargne solidaire les mêmes avantages que l’épargne salariale, c'est-à-dire soustraire ce type d’investissement au plafonnement d’exemption fiscale. Favoriser la pédagogie L’épargne solidaire concerne des secteurs très différents que les personnes interrogées pour le baromètre hiérarchisent de la façon suivante. 70 % souhaitent financer des projets solidaires en France, le reste voudrait plutôt aider les pays du Sud et de l’Est. Pour 31 % de ceux qui appartiennent à la première catégorie, ces projets doivent concerner l’agriculture biologique et ses réseaux de distribution, pour 24 % le logement de familles en difficulté et pour 15 % seulement l’insertion par l’économique. « Ces résultats sont en cohérence avec les préoccupations actuelles des Français qui placent en tête leurs attentes sur le bio» précise Marie-Hélène Gillig. « Ceci dit, il y a un décalage évident entre ces attentes et les projets portés par l’économie solidaire. Il faut mieux faire comprendre au public par exemple en quoi l’économie solidaire offre des solutions aux problèmes de logement que connaît actuellement notre société. »
Cet effort de pédagogie sera plus intense, du 26 novembre au 3 décembre, date de la première semaine de l’Epargne solidaire en Ile de France. Cet évènement, parrainé par la Conseil Régional, est destiné à mieux faire connaître les atouts et les mécanismes de l’épargne solidaire pour convaincre ceux qui se déclarent intéressés de passer à l’acte. L’objectif est de doubler le nombre d’épargnants. A fin 2004, ils étaient plus de 18 000 dans la région et leurs 142 millions d’euros ont d’ores et déjà permis de créer 1200 emplois, de financer 660 initiatives et de loger 83 familles. Pour que tous ces chiffres soient multipliés par deux, un bus aux couleurs de l’opération sillonnera la région et, chaque jour, seront organisées de nombreuses conférences, des journées portes ouvertes et des « pots solidaires ».
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