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L’épargne solidaire se porte bien ou presque. Lors de la présentation du quatrième baromètre annuel de la finance solidaire, la présidente de Finansol, Marie-Hélène Gillig a annoncé d’excellents chiffres. A fin 2005, les encours investis sur ce type de placements atteignaient 888 millions d’euros soit une progression de 45 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit aux trois quarts de produits d’investissement solidaire, c'est-à-dire qui consacrent 5 à 10 % des montants investis à des projets de type insertion, développement, etc…. Le reste provient de produits de partage, dont les souscripteurs acceptent de reverser une partie des bénéfices à divers organismes caritatifs. La finalité de l’épargne solidaire étant de financer des projets qui ne trouvent pas ou peu de prêteurs dans le circuit traditionnel, l’augmentation des encours a dopé le nombre de programmes. 11 000 entreprises (+38% par rapport à 2004), 19 000 emplois (+41% toujours par rapport à 2004) ont été financés et près de 1000 familles (+ 20 %) ont trouvé un
En savoir plus sur les produits
Les épargnants désireux de se repérer dans l’offre très variée que proposent les placements éthiques, solidaires ou encore l’investissement socialement responsable, peuvent se procurer, dès le 21 septembre, la sixième édition du guide des placements éthiques et solidaire. Co-réalisé par Novethic et Finansol, édité par Alternatives Economiques, ce guide papier présente l’essentiel des produits disponibles. Il évalue et compare la plus-value solidaire et éthique de chaque produit ainsi que ses caractéristiques financières et donne toutes les informations pratiques pour y souscrire. Il est disponible en kiosque et à la vente sur le site Internet d’Alternatives Economiques. On peut aussi se renseigner lors des semaines de sensibilisation organisées par Finansol. Les prochaines éditions ont lieu en Franche Comté (du 30 septembre au 7 octobre), en au Bourgogne (du 7 au 4 octobre) et en Midi-Pyrénées (du 25 novembre au 2 décembre).
logement. Paradoxalement, le ton n’est pas au satisfecit puisque l’enquête d’opinion annuelle menée avec Ipsos, témoigne par ailleurs d’une stabilisation de la notoriété du terme d’épargne solidaire. Seul un quart des personnes interrogées en avait entendu parler et elles étaient à peu près le même nombre (29%) à se déclarer prêtes à souscrire un produit d’épargne solidaire « compte tenu de ses objectifs, même si le rendement financier est moindre ». Ces déclarations sont en retrait par rapport à celles de l’année précédente, d’où la déception des promoteurs de cette épargne alternative. Ceci dit « De nombreux indicateurs sont au vert » précise Mathilde Mandonnet, directrice de Finansol.« Nous recevons de plus en plus de demandes d’informations de particuliers et les semaines de sensibilisation que nous organisons dans diverses régions rencontrent un vrai succès. » Marie Hélène Gilllig renchérit : « Nous avons forcément des marges de progression auprès de ceux qui veulent donner du sens à leur épargne.» Un de ces souscripteurs confirme : « A Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement (SIDI), nous sommes passés de 450 à 800 actionnaires. Tous savent qu’ils ne feront pas de profits mais ils sont contents de participer directement à la création d’emploi dans des pays en développement! »L’épargne salariale moteur Ce bilan positif est lié au succès de l’épargne salariale solidaire. Les premiers produits ont été labellisés par Finansol en 2003 et le nombre des souscripteurs a été multiplié par deux en deux ans. 86 % des encours sont collectés par des réseaux bancaires qui ont intégré un ou plusieurs produits solidaires dans leur offre d’épargne salariale. Le leader étant, de loin, le groupe Banque Populaire via trois de ses membres, le Crédit Coopératif, Natexis AM Interépargne et la Banque Populaire d’Alsace. La question est de savoir jusqu’où l’épargne salariale solidaire mobilise les salariés et sur quels critères ils font ce choix. En 2004, le groupe Axa a choisi de reverser 6 % des actifs gérés en épargne salariale dans des fonds solidaires de France Active, organisme favorisant la création d’emploi. Pour son PDG Henri de Castries, « il est naturel d’investir dans des fonds dont l’objet est la réinsertion des personnes en difficulté. L’un des enjeux est l’information des salariés actionnaires. C’est en sachant qu’ils ont permis à des populations défavorisées d’accéder à l’emploi que la confiance qu’ils ont placée dans ce fonds sera justifiée. » Axa a apporté, pour 2005, 74 millions d’euros au secteur ce qui le place en 5eme position des collecteurs d’épargne solidaire. Si plusieurs grandes entreprises lui emboitent le pas, les encours et donc le nombre de projets financés pourraient connaître une croissance exponentielle. Celle-ci passe par le maintien des dispositifs législatifs incitant à intégrer des produits solidaires dans l’offre d’épargne salariale, ce à quoi travaille Finansol et d’autres acteurs du monde solidaire. « Nous avons mis en place un groupe de travail pour convaincre les parlementaires de soutenir le développement de l’épargne solidaire» explique Marie-Hélène Gillig, présidente de Finansol « D’ici fin octobre, nous allons d’une part remettre un document aux parlementaires sur la loi de finances et, d’autre part, adresser une lettre ouverte aux futurs candidats à l’élection présidentielle. » Son action de lobbying n’est pas limitée à la France puisque Finansol participe au projet Fineurosol. Il s’agit d’une étude menée dans sept pays européens par des acteurs de la finance solidaire. Elle a pour but de définir une série d’indicateurs communs pour dresser un état du marché et réfléchir à la pertinence d’un label européen. Pour l’instant seule la France en a un : Finansol.
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