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![]() Finance \DébatsDe l'ISR à l'IRD, un nouveau sigle stratégiqueL'ISR est loin d'être familier à tous les investisseurs, particuliers comme institutionnels, mais plutôt que de chercher à imposer le sigle, les promoteurs de fonds intégrant des critères extra-financiers sont en train d'inventer de nouvelles abréviations. L'IRD pour Investissement Responsable et Durable a le vent en poupe !
Au départ était l’Investissement Socialement Responsable, ISR, traduction du terme anglais Socially Responsible Investement. Mais, depuis 2006, année du lancement des Principes de l’Investissement Responsable (PRI) sous l’égide des Nations-Unies, les promoteurs de l’intégration de critères extra-financiers dans la gestion sont nombreux à vouloir gommer le S pour ne garder que l’IR. Du coup certains lui ont ajouté un D pour donner à cet IR une dimension Durable…Difficile de s’y retrouver ! Pour essayer d’y voir plus clair, AXA IM, la société de gestion du groupe d’assurance qui a choisi de parler à ses clients d’Investissement Responsable (IR), a réalisé, cet été, la première enquête sur les terminologies employées par les professionnels. Elle a listé 16 termes différents et interrogé 350 professionnels internationaux dont seuls 44 % travaillaient dans la sphère de « l’investissement responsable », sur le terme qu’ils trouvaient le plus adapté pour qualifier l’intégration de critères extra-financiers. Assez logiquement, en Europe comme en Amérique du Nord, les professionnels interrogés préfèrent le terme ESG pour Environnement, Social et Gouvernance qui a le mérite de résumer clairement la nature des nouveaux paramètres extra-financiers pris en compte. Ceci dit, ils sont tout aussi nombreux à choisir l’expression Durabilité (Sustainibility en anglais) qui a l’avantage de proposer un D pour remplacer le S en français et de donner une autre signification que Socially au S anglais ! Confusion marketing Tout le monde s’accorde sur le fait que le désordre actuel ne facilite pas la progression du développement durable au sein de la sphère financière. Pour Raj Thamotheram, directeur de l’investissement responsable chez AXA Investment Managers : « Les clients et les gérants non spécialistes du secteur comprennent aisément les filtres éthiques. Mais étant donné qu’il existe 16 expressions différentes pour décrire les données sur la durabilité intégrée maintenant dans la recherche, ce n’est pas surprenant que les gens soient perdus et que la prise en compte de ces données ne se généralise pas aussi rapidement qu’elle le devrait ! Si nous souhaitons accélérer leur intégration par les gérants, il serait opportun de s’entendre sur un ou deux termes qui expriment le mieux cette démarche.» En France où le terme d’IRD est progressivement adopté par plusieurs acteurs majeurs de l’ISR comme Dexia AM ou BNP Investment Partners, la question est de savoir jusqu’où l’abandon du S accompagne une montée en puissance des critères environnementaux au détriment des critères sociaux. « Absolument pas » se récrie Gaëtan Herrinckx, responsable de l’IRD pour Dexia AM. « Le social est toujours aussi important qu’avant, d’autant plus que nous ne mélangeons pas avec des fonds thématiques verts. Les Français comme les Belges sont très attachés aux critères sociaux. » Pour cette société de gestion européenne, basée en Belgique, le changement de terminologie n’aurait aucune incidence méthodologique sur l’analyse des politiques environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises. Ce n’est pas tout à fait vrai pour d’autres acteurs qui ont fait le choix de l’IRD. Pour eux, il s’agit d’élargir le cercle des produits ISR traditionnels incluant, à importance égale, des critères comme les ressources humaines, l’environnement, ou le respect des droits de l’homme, aux fonds thématiques environnementaux. Or ces derniers sont peu nombreux à appliquer un filtre permettant de vérifier, par exemple, les conditions sociales dans lesquelles sont produits éoliennes ou panneaux photovoltaïques ! (voir article lié). Conclusion : qu’il s’agisse d’ISR ou d’IRD, il faudra sans doute que les créateurs de tous ces fonds soient en mesure d’expliquer à leurs clients les bénéfices environnementaux et sociaux qu’apporte la souscription à leurs produits. Pour cela il faudra beaucoup plus qu’un changement de sigle !
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