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Nouvelle tendance : le fonds climat

Finance \Climat

Publié le 09-09-2008



La montée en puissance des préoccupations environnementales a conduit la communauté financière à multiplier les produits verts, souvent très performants puisqu'investis dans des secteurs qui ont le vent en poupe. Ces produits financiers dits « fonds thématiques verts », sont vendus avec un marketing positif évoquant le développement durable et placés, en grande majorité, dans les secteurs des énergies renouvelables et des technologies propres. Une nouvelle gamme vient enrichir cette « famille de produits verts » depuis quelque mois : celle des fonds climat.

Investir pour le futur, financer le développement des énergies propres et celui des technologies réparatrices pour l’environnement, autant de promesses données aux investisseurs par les fonds verts. Sous cette étiquette, on retrouve des fonds thématiques que leurs promoteurs consacrent à un secteur ou une problématique. On en compte plusieurs dizaines focalisés, par exemple, sur l’eau ou les énergies propres ou « intelligentes » (smart energy). Tous ont pour point commun de mêler analyse environnementale et financière, mais  chaque créateur de fonds a ses propres critères environnementaux, rarement objectivés par un comité scientifique ad hoc. Dans une étude publiée en octobre 2007, (voir rubrique Etudes ISR du site), Novethic a étudié plus d’une vingtaine de ces fonds pour voir jusqu’où ils intégraient des critères ISR, c'est-à-dire comment le processus de sélection des entreprises tenait compte des grands enjeux sociaux, environnementaux et de gouvernance. En effet, avec l’arrivée de ces fonds, de multiples questions se posent : peut-on réellement évoquer le développement durable si les panneaux solaires ou les éoliennes sont fabriqués en Chine dans des conditions peu respectueuses des conventions internationales du travail ? De même, la définition des énergies renouvelables est-elle parfois à géométrie variable : si la plupart des fonds verts excluent le nucléaire, beaucoup proposent du gaz -dont les excellentes performances financières contribuent à doper celles des fonds- mais, dans ce cas, s’agit-il encore d’énergies renouvelables ? Pas vraiment ! Les débats sont multiples et ce n’est pas l’apparition d’une nouvelle catégorie, celle des fonds climat, qui va y mettre fin.

Les fonds climat

Les fonds climat, comme leur nom l’indique, sont investis sur le thème du réchauffement climatique et sont donc consacrés à des entreprises qui proposent des solutions pour limiter, remédier ou s’adapter au changement climatique. Les définitions que chacun des promoteurs donne à ces concepts sont là aussi assez variables. Si l’on regarde, par exemple, trois fonds commercialisés sur le marché français : le fonds changement climatique de Robeco «SAM Sustainable Climate fund » conçu par des analystes suisses, le fonds « Opportunités climatiques », imaginé par l’anglais F &C,  et le fonds « Climat et environnement » proposé par le français Palatine, leur point commun est de n’avoir que quelques mois d’existence. Leurs approches, en revanche, diffèrent. Le premier,  SAM Sustainable Climate fund, propose à ses souscripteurs de «devenir des acteurs d’un des plus grands défis planétaires », et privilégie les « les entreprises qui s'attachent à diminuer ou retarder le changement climatique ainsi qu'à réduire ou empêcher ses répercussions négatives ». Il s’agit donc, pour l’essentiel, de technologies propres limitant les émissions de C02,  mais ses créateurs n’oublient pas que « le changement climatique entraîne des investissements supplémentaires sur l'ensemble de la chaîne de création de valeur des ressources naturelles, comme l'eau par exemple » et étendent donc leur sélection à ce type d’entreprises. 
F&C, société de gestion anglaise spécialiste de l’éthique et du développement durable, a élargi le spectre en pariant sur les opportunités générées par le changement climatique, comme l’expliquait Karina Litvak, sa directrice du développement durable, lors d’une présentation sur la stratégie de la maison à Paris, en janvier 2008. « Nous avons associé en un seul fonds, neuf thèmes d’investissement que nous avons regroupés en trois grands ensembles : la réduction des émissions où nous incluons les énergies alternatives, l’efficacité énergétique, la mobilité durable, le traitement des déchets, les nouveaux matériaux ainsi que l’agroforesterie, l’adaptation ensuite, avec des technologies permettant de compenser le manque d’eau ou de proposer de nouvelles variétés de produits adaptées aux changements climatiques. Enfin, nous avons aussi des « services supports » comme les opérateurs des marchés carbone ».
Cette approche assez généraliste les a même conduit à inclure dans ce produit financier des producteurs d’OGM, généralement exclus de ses autres fonds pour des raisons éthiques.

Quant à la société de gestion française Palatine, qui a lancé son fonds « Climat et environnement », le 21 février 2008, elle a choisi de répartir son portefeuille en trois tiers équivalents : les énergies non émettrices de gaz à effet de serre (solaire, éolien, géothermie, hydraulique), l’efficacité énergétique -ce qui recouvre pour elle les bâtiments à énergie positive, l’isolation et les modes de transports propres-, et enfin l’adaptation au changement climatique, catégorie plus vaste pouvant inclure des secteur variés.
Enfin, les investisseurs soucieux de protéger le climat et leurs placements sont sensibilisés de façon diverse. Robeco met l’accent sur la performance (+ 36 % en près d’un an d’existence), F & C propose sur son site Internet, de calculer son empreinte carbone pour mieux inciter à la réduire. Autre exemple, Virgin Money, banque du groupe Virgin, propose aux Anglais d’investir dans un fonds « changement climatique », dont la particularité est de n’exclure aucun secteur, mais de sélectionner des entreprises dont l’empreinte environnementale est la plus faible possible. Virgin Money a fait une étude montrant que 29 % des consommateurs anglais (soit près de 11 millions de personnes) ont choisi de préférence, en 2007, des produits et des services venant de compagnies qu’ils estimaient sensibilisées à la lutte contre le réchauffement climatique.

A.C. Husson-Traoré
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