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« La décharge* chez UBS est incontestablement notre plus grand succès depuis que nous existons. On a pu démontrer que les actionnaires peuvent, lorsqu’ils se mobilisent, obtenir plus que des succès d'estime », rapporte Roby Tschopp, le directeur d’Actares. Lors de l’assemblée générale du 14 avril 2010, 52,75% des actionnaires ont rejeté les propositions du Conseil d'administration de la banque suisse UBS, une institution qui fut particulièrement exposée aux dérives des « sub-primes ». « De nombreuses personnes se sont succédés à la tribune pendant les neuf heures qu’a duré l'assemblée générale pour tenir des propos plus que critiques à l'égard des dirigeants d'UBS et remettant en question la gestion de la banque pendant l’année 2007», poursuit Roby Tschopp. Actares, créée le 15 mars 2000 à Fribourg, a inscrit la promotion d’un actionnariat responsable en tête de ses priorités. Selon ses propres termes, l’organisation intervient « partout où la durabilité est vécue comme une contrainte en bout de chaîne, un luxe presque superflu, et non comme un principe fondamental de référence ». Dans une structure similaire à l’organisation allemande Kritische Aktionäre (voir article lié), les quelques 1100 membres d’Actares, actionnaires d’entreprises cotées à la bourse de Zurich, ont transmis leurs droits de vote à l’ONG, permettant ainsi à ses représentants d’intervenir en leurs noms. Rappelons que l’indice de la bourse de Zurich, le Swiss Market Index (SMI), abrite 20 titres dont des poids lourds mondiaux comme la multinationale agro-alimentaire Nestlé, les banques UBS et Crédit Suisse, ou encore l’horloger Swatch.
Si la participation active aux assemblées générales forme le principal moyen d’action, la constitution de groupes de réflexion, la sensibilisation de l'opinion publique ainsi que la recherche de contacts et de négociations avec les sociétés figurent également dans l’arsenal des moyens déployés par l’organisation. « Nous menons des entretiens bilatéraux avec les entreprises et chaque année, nous pouvons renouveler ces contacts. Cette méthode s’explique peut être par un particularisme culturel dans la mesure où nous nous montrons moins frontal qu’en Allemagne par exemple. Nous avons un discours posé qui nous a permis d’ouvrir des portes », commente Roby Tschopp. De fait, Peter Brabeck-Letmathe et Hans-Ulrich Doerig, présidents respectivement du Conseil d'administration de Neslé et de Crédit Suisse, ont accepté de répondre en public aux questions critiques de leurs actionnaires lors des tables rondes organisées à l’occasion des 10 ans d’Actares.
Etude au cas par cas
Si les Kritische Aktionäre peuvent placer leurs actions sous un thème particulier, en l’occurrence le green-washing pour 2011, Actares souligne la constance de ses thèmes, à savoir la parité dans les conseils d’administration ainsi que la question des rémunérations des dirigeants des entreprises cotées sur le SMI. Un nouveau thème est cependant apparu depuis 2000, celui du soutien des entreprises au monde politique. « Ce thème pose la question de la transparence et nous élaborons actuellement un questionnaire à destination des entreprises », explique Roby Tschopp. « Maintenant, nous continuons avec les thèmes spécifiques à chaque entreprise ». Et le directeur d’Actares de citer l’exemple du pharmacien Roche et de son médicament CellCept, médicament qui empêche les réactions de rejets lors de transplantations d’organes. « Or, selon toute vraisemblance, la plupart des organes transplantés proviennent de Cchine, et de personnes condamnées à mort ». Cette interpellation et ce questionnement des dirigeants d’entreprises demandent un travail de longue haleine. Comme on peut le lire sur un courrier adressé à ses membres, Actares se montre confiant : « la patience et le travail renouvelés année après année finissent par aboutir. Mais le succès n'étant jamais acquis, il est nécessaire de poursuivre nos efforts ». * Les actionnaires de la première banque de Suisse, UBS, ont refusé la décharge qui aurait permis de blanchir les dirigeants de la banque pour l’année 2007.
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