Pratiques culturelles : partenariat entre l'Unesco et IDEAM

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Publié le 23-07-2004

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IDEAM, specialiste de l'ISR, s'est engagé dans un partenariat avec un fonds d'investissement culturel de l'Unesco pour mieux faire connaitre des pratiques traditionnelles pouvant contribuer au développement durable. I.DE.A.M. contribue au financement de leur diffusion dans le monde et à établir une sélection annuelle baptisée Liste Harmony.

Après un an d'existence, les dirigeants de la filiale du Crédit Agricole dédiée à l'investissement socialement responsable ont voulu fêter dignement leur anniversaire. Le 1er juillet dernier, ils ont dévoilé leur partenariat avec un fonds d'investissement dépendant de l'Unesco, le FIPC (Fonds international pour la promotion de la culture). Elaboré depuis novembre 2003, ce partenariat a pour objectif de distinguer chaque année des pratiques culturelles contribuant au développement durable, c'est-à-dire, selon les partenaires, "à l'amélioration de la qualité de vie et à l'intégration de la dimension culturelle dans le développement économique et social".

Dans un premier temps, douze critères majeurs ont été établis pour définir ces pratiques durables. On y trouve par exemple le "respect de l'environnement naturel et culturel", la possibilité d'"être une source d'inspiration pour le règlement des problèmes contemporains" ou encore la "promotion de l'égalité, y compris l'égalité des sexes, et de l'équité sociale". Ensuite, le FIPC a demandé à son réseau de correspondants dans le monde entier d'identifier des pratiques culturelles pouvant répondre à ces critères et les responsables d'I.DE.A.M. ont également suggéré quelques pratiques.

Une liste non exhaustive

Au total, cette première sélection a abouti à une liste baptisée Harmony, comportant dix pratiques parmi lesquelles se trouvent notamment le système de gestion collective africain appelé "tontine", la conservation de l'eau par le peuple Karen en Thaïlande ou la cérémonie du thé au Japon "Mais cette liste n'est pas exhaustive et ne doit pas être mise sur le même plan que la liste du patrimoine mondial qui bénéficie d'une convention internationale", prévient Xavier de Bayser, le président d'IDEAM.

Les responsables du FIPC et d'I.DE.A.M. ont toutefois tenu à distinguer deux pratiques en particulier. La première est un programme initié au Canada pour enseigner aux jeunes indiens Eeyou les traditions de leurs aïeux. Des écoles dites "de la brousse" visent à réinsérer les jeunes en difficulté en les invitant à vivre pendant plusieurs mois dans les conditions de vie rudimentaires d'une famille indienne traditionnelle. Les élèves apprennent des techniques de chasse et de pêche et découvrent les rites de la spiritualité Eeyou. Tout au long de la formation, les problèmes ou délits des jeunes ne sont jamais évoqués et le processus éducatif privilégie le conseil et le partage. Le peuple Eeyou est en effet convaincu que les enfants ont toujours quelque chose à enseigner aux adultes. Cette méthode d'apprentissage a généralement un effet très positif sur les jeunes qui reviennent la plupart du temps chez leurs parents avec un nouveau désir de travailler.

La seconde pratique culturelle distinguée par le FIPC et l'I.DE.A.M. est l'hospitalité des Bédouins. Le jury a voulu souligné l'importance de cette pratique pour le "maintien de l'harmonie entre les êtres humains et leur cadre de vie". Pour les habitants du désert, un invité est ainsi toujours bienvenu car, selon la tradition bédouine, il est envoyé par Dieu. Bien accueillir un étranger revient donc à honorer Dieu. La simple venue d'un étranger est donc toujours l'occasion d'une fête au cours de laquelle la préparation du café, réalisée par le maître de la tente, est une étape cruciale. Dès qu'un invité a bu le café, il se trouve sous la protection de son hôte.

"En distinguant ces pratiques, nous voulons d'abord leur assurer une forte publicité auprès des populations du monde entier et favoriser ainsi la diversité culturelle", note Milagros del Corral, la directrice du FIPC. Les fonds versés par I.DE.A.M. au FIPC n'ont en effet pas vocation à financer directement ces pratiques. Les gérants d'I.DE.A.M. ont simplement voulu matérialiser leur engagement en établissant cette liste. Ils se sont engagés à verser 10 % des commissions récoltées via le fonds Green Planet qui investit dans des entreprises selon des critères environnementaux. "Au minimum, I.DE.A.M. devrait verser un peu plus de 80 000 euros au FIPC par an", confie une responsable de l'Unesco. Cette somme est loin d'être négligeable pour le FIPC qui a souffert ces dernières années de la forte baisse des taux d'intérêt et dont les investissements devraient se limiter en 2004 à 28 000 euros.

Laurent Fargues
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