|
« Nous voulons capitaliser sur l’explosion de la demande de produits et de services dans les investissements durables » ont expliqué Robeco, société de gestion de la banque hollandaise Rabobank et SAM (Sustainable Asset Management) spécialiste de la gestion durable pour annoncer leur partenariat. « L’Allemagne est potentiellement l’un des marchés européens les plus axés sur l’ISR avec une demande continue en investissement socialement responsable» affirme l’un des responsables commerciaux de Fortis. Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier ce potentiel de clients en quête, selon les termes choisis par les uns et les autres, d’investissements durables ou socialement responsables. De quoi s’agit-il ? De mettre en commun des ressources pour disposer des moyens nécessaires et suffisants
Classement des pays européens par importance de marchés ISR
En septembre 2006, Eurosif a publié une étude évaluant à 1000 milliards d'euros le marché ISR européen global au sein duquel il a distingué deux catégories : le "broad SRI" qui comporte un minimum d'exigences et le "core SRI" beaucoup plus sélectif sur des critères extra-financiers. Sur cette seconde catégorie, l'étude a établi le classement suivant entre les les 9 pays recensés : 1. Les Pays-Bas (41,5 milliards d'euros) 2. Le Royaume-Uni (30,5 milliards d'euros) 3. La Belgique (9,5 milliards d'euros) 4. La France (8,2 milliards d'euros) 5. La Suisse (7 milliards d'euros) 6. L'Allemagne (3 milliards d'euros) 7. L'Italie (2,8 milliards d'euros) 8. L'Espagne (milliards d'euros) 9. L'Autriche (1 milliard d'euros)
pour proposer de nouveaux produits et services tenant compte des enjeux sociaux et environnementaux auxquels sont confrontés les entreprises mais aussi les Etats ou les organisations supra nationales qui sont tous demandeurs d’apports financiers.Premier cas de figure : le rapprochement stratégique Le 13 décembre 2006, SAM group et Robeco ont annoncé publiquement leur rapprochement « pour construire la première plateforme mondiale en investissement durable ». Le second prend 64 % du capital du premier qui gère directement ou conseille des investissements de ce type pour un montant de 6,3 milliards d’euros. Leur ambition est grande. Ils veulent bâtir une offre commune destinée à tous les types d’investisseurs avec des produits innovants. « Cette coopération renforce notre position de leader sur la scène internationale en nous conférant une position de premier plan dans le domaine du développement durable » explique George Möller, PDG de Robeco, société de gestion de la banque hollandaise Rabobank. Il ajoute « Les changements climatiques, les nouvelles technologies dans le domaine de l’énergie et l’épuisement programmé des ressources limitées sont autant de questions inscrites à l’ordre du jour international qui ouvrent de nouvelles perspectives d’investissement ». Pour SAM qui, dès le départ, a cumulé les deux dimensions : recherche et investissement sur le développement durable, cette coopération ouvre de nouvelles opportunités commerciales en bénéficiant du soutien stratégique d’un actionnaire qui lui offre des perspectives de développement mondial. Second cas de figure : la localisation dans le marché de demain Quand Fortis Investments a annoncé, en octobre 2006, qu’il ouvrait son nouveau centre d’investissement ISR à Francfort (Allemagne), la communauté ISR française s’est longuement interrogée sur ce choix géographique innovant. Fortis a un objectif : devenir l’un des principaux fournisseurs de solutions d’investissement durable, destinées aux clients européens institutionnels et particuliers. Il estime donc logique de s’implanter au cœur du continent pour s’adresser à un marché doté, selon lui, d’un potentiel de croissance important. Il prévoit un « afflux considérable de capitaux dans son nouveau centre ISR provenant plus particulièrement de la clientèle privée et institutionnelle allemande. » Fortis a par ailleurs un partenariat stratégique antérieur avec l’allemand Versiko. Fortis Investments a constitué une équipe internationale. Le responsable ISR est anglais. Il a déménagé de Paris à Francfort et travaille avec une équipe intégrant Français, Allemands et Bulgares qui devrait atteindre une dizaine de membres en 2007. L’outil le plus utile pour une diffusion internationale est évidemment Internet. Fortis propose ainsi à ses futurs clients un outil innovant sur son site dédié. Les internautes peuvent calculer leur empreinte écologique qui sera convertie non pas en nombre de planètes nécessaires mais en coût financier. Les souscripteurs peuvent ensuite décider de la réduire d’autant en investissant dans le fonds « Fortis Environnemental Sustainability World ». L’outil leur indique le rapport entre la somme investie et la réduction d’empreinte. L’idée de Stewart Armer, responsable de l’ISR de Fortis, c’est de faire de la sensibilisation à l’ISR par la pédagogie. Une enquête menée auprès des clients de la banque en Belgique a montré que 75 % d’entre eux ne connaissaient pas l’ISR. « Nous voulons leur montrer le pouvoir d’influence que leur donne l’investissement dans des fonds ISR. Nous commençons par la dimension environnementale mais nous souhaitons l’étendre aux enjeux sociaux. » Troisième cas de figure : l’absorbtion de concurrents des pays voisins Les agences de notation extra financière, autre acteur décisif de l’ISR, visent elles aussi une taille européenne pour disposer de clients suffisamment nombreux pour financer le développement d’une recherche exigeante en ressources humaines. Vigeo, dirigé par Nicole Notat, affiche clairement depuis le début la volonté de devenir l’agence européenne d’évaluation. Elle s’est donné les moyens de cette ambition puisqu’après le belge Ethibel, en juin 2005, elle a absorbé l’Italien Avanzi, en juin 2006. La finalisation de cette seconde intégration, le 12 décembre, porte à 70 personnes l’équipe de Vigeo réparties entre 13 nationalités. Ils étaient une trentaine fin 2003 ! Vigeo a aussi noué un partenariat en Allemagne. Elle a créé avec l’allemand Oekom un consortium pour répondre à l’appel d’offre de l’ERAFP, 1er régime de retraite additionnelle des fonctions publiques en France. Il souhaitait être accompagné dans sa démarche d’investissement socialement responsable (ISR) qui porte sur l’intégralité de ses actifs qui s’élèveront à 8 milliards d’euros en 2010. C’est l’alliance Vigeo Oekom qui l’a emporté. L’argent connaît peu les frontières et l’ISR n’échappe pas à la règle. En revanche l’émergence d’une culture européenne de l’évaluation des entreprises sur des enjeux sociaux et environnementaux est extrêmement intéressante à observer. Si les stratégies adoptées divergent, tous ces acteurs ont un point commun. Ils croient qu’à terme l’investissement socialement responsable (ou durable) deviendra un thème dominant de la gestion d’actifs et montera constamment en puissance, non seulement en Europe mais dans le monde entier.
|