Deutsche Telekom introduit des quotas de femmes dans ses effectifs

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Publié le 15-12-2010

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Deutsche Telekom, première entreprise du Dax 30 à introduire un quota de femmes dans l'ensemble de son groupe, tire un bilan positif de ce nouveau programme. Un pavé dans la mare en Allemagne, où les femmes peinent à concilier vie professionnelle et vie familiale.

« L’introduction d’un quota de femmes chez Deutsche Telekom ne s’apparente nullement à une sorte d’alibi politiquement correct, mais bel et bien à une mesure d’égalité visant à la promotion des meilleurs talents, hommes ou femmes », déclare Thomas Sattelberger, DRH de Deutsche Telekom. Le programme mis en place il y a six mois par le géant de la télécommunication prévoit d’intégrer des femmes dans les équipes dirigeantes à hauteur de 30% d’ici 2015. Une mesure non négligeable pour ce groupe présent dans 50 pays, et qui emploie près de 251000 personnes.
Si cet objectif paraît réaliste pour les filiales du groupe à l’étranger, où les femmes sont représentées à 24% en moyenne dans les postes à responsabilité, il devient plus ambitieux au siège même, où la moyenne se situe à 18%.

Un premier bilan montre que l’équipe intitulée « Business Leader Team », située directement en dessous de l’équipe dirigeante, a intégré quatre femmes, portant leur nombre à six. C’est encore largement minoritaire dans cette équipe  composée de 60 personnes, mais cette timide féminisation s’est également accompagnée de la nomination de six femmes au conseil de surveillance du groupe, portant leur nombre à 11… Par ailleurs, le pourcentage de femmes présentes dans les programmes de développement est passé de 18 à 31%, et tandis que les recrutements de jeunes diplômées sont passés de 33 à 52%. Le tout en six mois.

Meilleurs résultats

Commentant ce bilan, Thomas Sattelberger précise que ce quota ne signifie en rien une baisse des exigences dans l’accès aux postes de haut niveau. Les compétences des femmes sont bien présentes sur le marché de travail – elles représentent en effet 60% des diplômés en science économique du pays. Par ailleurs, l’équipe dirigeante de Deutsche Telekom s’est également appuyée sur plusieurs études montrant que les entreprises ayant un fort pourcentage de femmes dans leurs équipes atteignent de meilleurs résultats... Enfin, d’autres facteurs comme la montée en puissance de la responsabilité sociale des entreprises  ou le risque de pénurie de main-d’œuvre qualifiée à moyen-terme , bien réel en Allemagne, a achevé de convaincre Deutsche Telekom d’introduire un quota de femmes.     


Difficile conciliation entre vie professionnelle et vie familiale

L’initiative du groupe a suscité un large écho médiatique outre-Rhin. Et pour cause. Si le débat sur l’égalité salariale et professionnelle entre hommes et femmes est régulièrement abordé en Allemagne, le schéma du père de famille comme principale source de revenu familial prévaut encore largement – même si ce stéréotype commence à évoluer. Le manque criant de crèches et de structures d’accueil pour les enfants en bas âge, mais aussi des horaires d’écoles laissant les après-midi libres, contraignent encore trop souvent les mères qui travaillent soit à occuper des postes à mi-temps, soit à abandonner purement et simplement leur emploi.
 Une étude de la Bertelsmann-Stiftung montre par exemple qu’une femme sur deux en Allemagne se voit contrainte d’abandonner ou de modifier le plan de sa carrière pour des raisons familiales. Une autre étude, de la DIW, récemment parue, montre que les femmes de moins de 35 ans, c’est-à-dire sans responsabilités familiales, occupent 37% des postes à hautes  responsabilités. Un chiffre qui tombe à 12% dès que l’on passe dans la tranche des 35-55 ans.   
Une des toutes premières mesures adoptées par Deutsche Telekom a donc consisté à étendre « massivement » le nombre de crèches dans ses filiales, mesure accompagnée par le développement du travail à distance , et l’assouplissement du temps de travail et de présence en entreprise – y compris pour les dirigeants, qu’ils soient homme ou femme.

Qu’en pense le monde politique ? Il se félicite de l’initiative du groupe, sans pour autant vouloir l’introduction de quotas,  à l’image de la Norvège. Motif invoqué : la « non-ingérence dans les affaires des entreprises ». Mais, comme le titre l’hebdomadaire « Die Zeit » à cette occasion : « Le monde économique avance, le monde politique suit ».

Claire Stam à Francfort (Allemagne)
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