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Droit et éthique des affaires, Évaluation prospective et développement durable, Management durable et responsabilité de l'entreprise, Éthique et développement durable... Aux portes de l'Université, les étudiants ont aujourd'hui l'embarras du choix, face à une longue liste de formations en droit, gestion, finance ou management estampillées « RSE ». Ces dernières années, les universités françaises ont en effet rivalisé d'imagination pour bâtir de nouveaux cursus, anticipant la demande des entreprises. Mais ce foisonnement semble s'essouffler. Les universitaires ont changé de tactique. Désormais, il s'agit d'intégrer le concept de RSE dans toutes les filières concernées. Mais comment faire ? Inviter les experts dans les amphithéâtres Professeur émérite à l'université Paris VIII, Michel Capron a contribué à la création du premier diplôme de troisième cycle en gestion de la RSE, en 2001. Aujourd'hui, il avoue pourtant que « le spécialiste en développement durable et responsabilité sociétale de l'entreprise reste un mouton à cinq pattes ». « La maîtrise des questions liées à la RSE suppose une grande interdisciplinarité, en sciences sociales comme en sciences dites dures. Or, le cloisonnement des filières universitaires rend difficile les enseignements transversaux. » Nombre d'enseignants-chercheurs, à commencer par ceux des Universités d'Evry et de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, militent donc pour la création d'un tronc commun « développement durable » obligatoire en début de cursus dans chaque filière. Si cette idée de tronc commun n'est pas neuve et ne fait pas forcément l'unanimité, tous s'accordent en revanche sur un point essentiel. « Il faut faire intervenir dans les cours des praticiens de l'entreprise, des syndicalistes, des ONG, des fonctionnaires ministériels ou encore des consultants » résume Michel Capron. En somme, aller chercher l'expertise là où elle se trouve. Arnaud Pellissier-Tanon, maître de conférence en éthique à la Sorbonne consacre ainsi la quasi totalité de ses cours à l'écoute de témoignages. « Je fais intervenir des entreprises qui ont par exemple rédigé une charte éthique, et qui viennent expliquer leur démarche aux étudiants, ou encore des salariés qui rencontrent des difficultés dans leur travail, pour sensibiliser les étudiants au management responsable. » À travers ces échanges d'expérience, les futurs managers touchent alors du doigt les difficultés qu'ils seront amenés à rencontrer. Et d'après Arnaud Pellissier-Tanon, « le retour des étudiants est très positif, ce type de rencontres clarifient leur orientation professionnelle. » Apprendre sur le terrain Mais la collaboration entre entreprises et universités ne se résume pas aux interventions des premières chez les secondes. L'élaboration même des cursus se fait parfois en concertation. En témoigne Roxana Family, doyenne de la faculté de droit de Cergy-Pontoise, qui a créé en 2009 le Master en apprentissage droit et éthique des affaires. « Chaque année, nous affinons le contenu des spécialisations avec nos entreprises partenaires. C'est une méthode qui sort des sentiers battus : nous nous adaptons aux besoins des entreprises. » Pour la doyenne, la formation en apprentissage est essentielle pour confronter les étudiants à leurs futures responsabilités. « Un juriste en entreprise ne se contente plus de faire du droit, il doit avoir des connaissances en management, en finance, en gestion. C'est en travaillant sur des études de cas au sein même de l'entreprise que les étudiants acquièrent cette interdisciplinarité. » Un avis partagé par Gérard Kuster, en charge de la direction Éthique et Compliance chez GDF Suez, souvent invité à témoigner devant des étudiants. « Cette nouvelle approche des universités est positive, il faut sensibiliser les étudiants à la vie de l'entreprise, leur apporter les fondamentaux sur des sujets émergents comme la RSE. » Et si jusqu'ici cette dimension « réseau » était plutôt l'apanage des grandes écoles, la donne est en train de changer. « Le fossé entre grandes écoles et université est dépassé, assure Roxane Family. Le réseau professionnel des université s'est bien développé, au point qu'aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises nous contactent pour monter des partenariats. Par ailleurs, nous travaillons avec l'ESSEC*, au sein de nos écoles doctorales. Ils interviennent dans nos cursus et nous intervenons dans les leurs. » Autrement dit, pour enseigner ce concept transversal qu'est la RSE, la formation ne peut qu'être...transversale. *École supérieure des sciences économiques et commerciales
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