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Déjà pénalisées dans leurs vies professionnelles, les femmes vont-elles voir leur vie de retraitées se dégrader ? C’est ce que soutiennent de nombreux experts et associations depuis l’été. Le problème n’est malheureusement pas nouveau : il était déjà sur la place publique en 1993 et 2003, lors des précédentes discussions sur la réforme des retraites. Mais, la prise en compte de ces inégalités devient de plus en plus urgente à mesure que les rapports et études s’accumulent sur le sujet. Car les femmes perçoivent en moyenne 38% de moins que les hommes, selon un rapport du Conseil d’orientation des retraites de 2008. Et il faut rappeler que 76% des bénéficiaires du minimum vieillesse sont des femmes. Aujourd’hui, alors que le projet de loi recule l’âge de départ à taux plein de 65 à 67 ans, les femmes risquent de voir leur situation se dégrader davantage que celle des hommes. Or, celles-ci partent déjà à la retraite plus tard : à 61,5 ans en moyenne contre 60,1 ans pour les hommes de la génération 1938. Et 21 % des salariées – contre 13% des salariés- liquident leur droit à la retraite à 65 ans faute de ne pas avoir pu rassembler avant le nombre de trimestres nécessaires pour toucher une retraite à taux plein… Résultat : Beaucoup de femmes connaissent une période de chômage et de précarité avant 65 ans et plus de la moitié des retraitées touchent une retraite inférieure à 900 €, s’indigne « Osez le féminisme » dans un appel au gouvernement. Ces différences ne sont en fait que la conséquence des discriminations subies par les femmes tout au long de leur carrière. En juillet dernier, dans un dossier spécial sur les discriminations de genre, la revue de l’OFCE indiquait par exemple qu’en France, les femmes gagnent encore en moyenne 17% de moins que les hommes et que la différence de salaire est également valable pour celles qui n’ont pas interrompu leur carrière… Des propositions de compensations Face à une telle situation, en juillet dernier la Halde s’était autosaisie de la question des inégalités de genre en matière de retraite. Le 13 septembre elle a rendu ses propositions qui s’articulent autour de deux axes. D’abord rendre effective la loi sur l’égalité professionnelle et adopter « un dispositif législatif ou règlementaire permettant d’en assurer le développement ». La Halde appuie notamment le projet de loi Zimmerman sur la parité dans les conseils d’administration et la proposition de pénalisation (1% de la masse salariale) des entreprises qui ne respecteraient pas leur obligation en matière d’égalité professionnelle, et souhaite les élargir au secteur public. Deuxièmement, adopter un système de compensation pour la retraite. Sachant que plus de 30 % des femmes sont employées à temps partiel, la Halde recommande de permettre aux personnes à temps partiel de cotiser sur la base d’un temps complet avec participation de l’employeur ou de prendre en compte les 100 meilleurs trimestres au lieu des 25 meilleures années. De plus, voyant que les écarts entre les hommes et les femmes seraient encore plus importants si on ne prenait en compte que les droits propres et non les droits dérivés, comme les pensions de réversion, la haute autorité préconise par exemple d’ouvrir le droit au versement de la pension de réversion au partenaire pacsé survivant ou de maintenir à 65 ans l’âge de retraite à taux plein pour les personnes ayant pris un congé parental ou apporté des soins à un enfants ou un parent malade… Reste à voir quel regard le gouvernement va porter sur ces propositions. Dernièrement, Eric Woerth a semblé assouplir sa position en déclarant ne pas être fermé sur la question des mères de famille (le projet de loi prévoit notamment la suppression du dispositif autorisant un départ anticipé pour les salariés fonctionnaires qui attestent de 15 ans de service et sont parents de 3 enfants) et le Sénat qui entamera la lecture du texte le 5 octobre pourrait bien apporter des amendements sur le sujet.
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