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Le secret du succès des compagnies " low-cost " réside dans leur capacité à être moins chers que leurs concurrents dans tous les domaines. Le service est réduit au minimum, les avions partent de petits aéroports moins congestionnés et moins coûteux. En outre, les " low-cost " fonctionnent avec une flotte uniforme d'avions afin de réduire les coûts de maintenance du matériel et de formation de leurs équipages. Enfin, ils ont recours de façon quasi-systématique à la vente directe via Internet. La compagnie pionnière dans ce secteur économique de niche, Southwest airlines, détient aujourd'hui près de 9% du marché Nord Américain - soit 50% du marché " low-cost " - et peut se flatter non seulement d'être rentable mais également d'avoir une capitalisation boursière supérieure à celle de tous ses concurrents et ceci quel que soit leur modèle économique. Cette politique de bas coûts a également des répercussions, variables en fonction de la société, sur les conditions de travail de leurs employés. Un taux de syndicalisation contrasté Aux Etats-Unis, plus encore qu'en Europe, le fait que les salariés d'une société soient représentés par un syndicat est un facteur important dans la détermination de leurs conditions de travail. A cet égard, le tableau des compagnies " low-cost " est assez contrasté. Southwest Airlines fait figure de bon élève en ayant le taux de syndicalisation le plus fort de l'industrie et donc des accords syndicaux avantageux et en cohérence avec les conditions du marché. D'autres sociétés cherchent au contraire à éviter toute présence de syndicat. C'est notamment le cas de Freedom Airlines, qui est une émanation du groupe Mesa Airlines. Le groupe en question a, d'après le syndicat ALPA, créé cette société afin que leurs pilotes ne bénéficient pas des accords collectifs de Mesa. "La société Freedom Airlines est contre les syndicats, s'insurge John Mazor, analyste à l'ALPA. Nous déconseillons à tous les pilotes de travailler pour eux et nous menons actuellement des actions en justice pour intégrer ces pilotes dans les accords passés avec leur maison mère ". Des salaires inférieurs et des retraites problématiques Cette faible syndicalisation a un impact sur les salaires moyens versés aux employés des compagnies " Low-cost ". Les cas extrêmes seraient d'une différence de salaires de 50% mais l'écart est généralement plus faible. Le principal problème réside, en fait, dans l'étendue du package salarial proposé. Ainsi les pilotes de Jet Blue volent, non seulement, pour des salaires moindres mais n'ont pas de fond de pension. Le problème des retraites est au cœur des reproches que les syndicats adressent à ces sociétés. Outre l'inacceptable absence de ces fonds pour certains, c'est le type de capitalisation choisi qui pose souvent problème. Le fond de pension de Southwest Airlines est en majorité constitué d'actions de la société, actions qui pourraient très bien un jour ne plus rien valoir, comme celles d'Enron. Des sociétés à l'avenir incertain La niche sur laquelle évoluent les sociétés " low-cost " parvient à maturité sur le marché nord-américain. Une poignée de sociétés se taillent la part du lion mais ne peuvent espérer retrouver les taux de croissances qu'elles ont connu lors de la dernière décennie, où elles sont passées de 5 à 18% du marché domestique. La taille critique est un élément important de survie et il est à craindre que certaines sociétés " low-cost " de taille moyenne rencontrent des problèmes pour maintenir un avantage compétitif, notamment auprès des constructeurs d'avions, et se retrouvent débordées par les tarifs plus avantageux de leurs concurrents. Cette menace pèse sur de nombreux salariés du secteur qui risquent à terme de perdre leur emploi et leurs retraites, dans une série de fusions et de faillites qui pourraient se profiler. Les conditions de travail dans les compagnies " low-cost " sont encore, très variables. Les principales compagnies ont passé des accords syndicaux ou sont en négociation avec les syndicats, comme Frontier et KittyHawk. Il est donc possible qu'on arrive dans ce secteur à une situation normalisée, même s' il est peu probable que les syndicats puissent obtenir, pour les salariés des " low-cost ", tous les avantages dont bénéficient les employés des compagnies aériennes classiques.
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