Les premières récoltes de « better cotton » attendues pour 2011

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Publié le 03-01-2011

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L'ONG Better Cotton Initiative a réuni autour d'elle tous les acteurs de la filière coton pour rendre le processus de production plus responsable, du paysan indien au géant du commerce H&M. Les critères sont toutefois moins exigeants que ceux de l'agriculture bio et du commerce équitable, mais cette association veut en 2012 produire 300 000 tonnes à travers l'Inde, l'Afrique et le Brésil.

La direction de BCI (Better Cotton Initiative), une petite ONG internationale basée en Suisse, veut rendre la fabrication de coton plus durable et socialement responsable en impliquant tous les acteurs de la filière, cultivateurs, grossistes, commerçants...du  petit paysan indien aux chaines de magasins Gap, H & M, Levi Strauss, Adidas, Nike, Gap Inc., ICCO et IKEA.
« Nous voulons avoir le soutien de toute l'industrie et intégrer le plus possible de monde, nous ne cherchons surtout pas a construire une nouvelle niche » explique Lena Staafgard, coordinatrice de l'initiative à Nyon en Suisse. But de l’opération : travailler d'ici deux ans avec 100 000 cultivateurs du monde entier (Inde, Brésil, Afrique) et produire 300 000 tonnes de « meilleur coton ». Ce coton sera cultivé par des paysans d'au moins 18 ans, dans des conditions de travail décentes qui respectent les principes de l'organisation internationale du travail ( liberté d'association, élimination du travail forcé et du travail des enfants, absence de discrimination). Ce coton utilisera par ailleurs peu de pesticides et beaucoup moins d'eau que les fibres habituelles. En revanche, la culture du coton OGM est tolérée dans le programme, qui affirme se limiter à informer le paysan sur ses choix en restant « neutre » sur cette technologie.

"Petits changements à grande échelle"

Flash back. Tout démarre en 2005. Les représentants de plusieurs associations se retrouvent pour évoquer les impacts du coton, grand consommateur d'eau et de pesticides. 24% des ventes d'insecticides sont liées au coton.  Sont présents les spécialistes du WWF , l'anglais « Pesticide Action Network »  et Solidaridad, un réseau d'aide international pour l'Amérique Latine. « Nous voulions réaliser des petits changements à grande échelle », raconte di Lena Staafgard. Peu à peu ces pionniers attirent vers eux de grandes marques (Levi Strauss, Target, WalMart...) prêtes à acheter ce meilleur coton qui améliorera leur image de marque. Des financiers se déclarent intéressés : la SIDA (Swedish International Development Agency), le State Secretariat for economic affairs de la Confédération Suisse et la ICCO (Interchurch Organisation for development of Cooperation). Des associations de cultivateurs s'en mêlent. La Federation of Farmers Association of India y participe, tout comme la Brazilian Association of Cotton Producers. Et finalement certains intermédiaires s'impliquent comme Ecom ou encore l'Organic exchange aux États Unis.

Réduire les consommations d'eau et de pesticides

BCI voit officiellement le jour en 2009. La petite structure animée par 13 permanents lance ses premiers projets en Inde, Pakistan, puis au Brésil et au Mali. Avec l'aide des marques amies, BCI finance le travail de formation des cultivateurs, assuré par des partenaires. Et les représentants de BCI s'engagent à vérifier la qualité de la tâche accomplie. Les spécialistes de l'ONG ne veulent pas être trop restrictifs. Ils savent que l'industrie du coton touche une myriade de petites fermes : 300 millions d'agriculteurs et d'ouvriers agricoles sont recensés dans le monde, 80% des fermes sont de petite taille. Les enfants y travaillent souvent et l'usage de l'eau est intensif : on utilise plus de 20 000 litres d'eau pour produire 1 kg de coton... 
Pour établir leurs critères, les experts de BCI se sont inspirés de ce qu'avait réalisé le WWF au Punjab dans le Pakistan. En adoptant de nouvelles techniques d'irrigation, les fermiers du Punjab ont réussi à réduire l'usage de l'eau de 40% et à limiter la consommation de pesticides.


L'ONG ne s'implique pas dans le calcul des prix de vente. « Le coton est vendu sur un marche ouvert » explique Lena Staafgard. Et de poursuivre : « Les cultivateurs se rallient à la cause parce que nous réduisons leurs dépenses en eaux et insecticides. »
BCI assure aussi une partie des débouchés. L'objectif est de vendre 50% de la production aux marques impliquées dans l'ONG. La construction du mouvement Better Cotton est progressive. Aujourd'hui, seulement 65 000 paysans sont membres du programme et cultivent 245 000 ha de coton suivant les méthodes recommandées par BCI. La première récolte venue d'Inde et du Pakistan est attendue en 2011. Suivront ensuite, les récoltes du Brésil et du Mali.
Les experts de BCI espèrent convaincre d'autres cultivateurs de prendre le train en marche. De quoi aligner d'ici quelques années un réseau de 100 000 paysans, capable de produire en 2015 un million de tonnes de « meilleur coton ».

Caroline Crosdale
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