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Malgré l’échec de Copenhague et l’absence d’accord international sur des objectifs chiffrés de réduction des émissions de GES, l’édition 2010 du Carbon Disclosure Project « reflète l’extension de l’enjeu carbone dans les entreprises, notamment en France », souligne le rapport de Deloitte, réalisé en collaboration avec le Crédit Agricole et le Carbon Disclosure Project pour la France. Cette année, le périmètre est étendu aux entreprises du SBF 250, ce qui double le nombre d’entreprises consultées. Si le taux de réponse est en retrait par rapport à l’année 2009 pour le SBF 120 (61 contre 63%), les résultats révèlent que des entreprises de toute taille ont répondu à l’enquête, montrant ainsi que le climat n’est pas seulement l’affaire des plus grandes. Par ailleurs, elles sont désormais 67% à accepter que leurs données soient rendues publiques. Les secteurs de la construction et des travaux publics, de la chimie et de l’agroalimentaire affichent un score de 100% de réponses, à l’inverse le taux de réponse est faible dans les secteurs pourtant très émetteurs comme l’Acier, l’Automobile et équipementiers ou encore le secteur Pétrole/Gaz. Enfin, s'agissant des émissions de C02 indirectes, le reporting se cantonne pour la plupart des entreprises à renseigner les émissions dues aux voyages d'affaires... Moins d'entreprises du SBF 120 qu'en 2009 Par rapport aux entreprises du SBF120 ayant participé en 2009, sept n’ont pas répondu à l’enquête en 2010 (Euler Hermès, Michelin, Scor, Sperian protection, Technip, Theolia, Valéo). Il s’agit, à l’exception de Michelin et Technip, d’entreprises ayant obtenu en 2009 une note faible (entre 11 et 36 sur 100). Sur le périmètre du SBF 250, seul le secteur Construction et travaux publics atteint un taux de réponse de 100 %. Elles sont par ailleurs près de 50 % à déclarer avoir mis en place des incitations liées aux enjeux du carbone, par exemple des incitations pour l’atteinte d’objectifs de réduction d’émissions de GES. Ces incitations sont principalement destinées aux managers en charge de l’environnement (pour 13 % des entreprises) ou aux responsables des services généraux (pour 12 %), mais également à l’ensemble des employés pour 17 % d’entre elles. Ces incitations sont le plus souvent d’ordre financier (41 % des entreprises y font appel) ou peuvent prendre la forme de la remise d’un prix dans le cadre d’un concours interne. Par ailleurs, le CDLI France 2010 (Carbon Disclosure Leadership Index) qui regroupe les vingt entreprises avant fait preuve de la meilleure transparence, accueille cette année six nouvelles entreprises : le groupe Steria, Danone, BNP Paribas, Vivendi Universal, Crédit Agricole et Air Liquide. Le podium du CDLI France 2010 est composé, dans l’ordre, de Lafarge, Renault et Saint-Gobain.
Le cas de la Suisse
L’enquête réalisée par la Fondation Ethos et Raiffeisen Suisse dans le cadre du CDP montre que 39 des 100 plus grandes entreprises cotées en bourse se sont fixé des objectifs concrets pour la réduction de leurs émissions de CO2 ou ont l'intention de le faire prochainement. Sur 100 entreprises approchées, 58 ont participé à l'étude; 60% de ces dernières ont par ailleurs accepté que leurs réponses soient rendues publiques. ABB, Clariant, Geberit, Holcim, Lonza, Nestlé, Novartis, SGS et Swisscom, en particulier, se sont fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions CO2 et les ont annoncés publiquement. Le rapport souligne en revanche que les objectifs de réduction du secteur banque/assurance ont tous été jugés insuffisants. « Contrairement aux entreprises d'autres secteurs, elles ne prennent pas en compte, dans leurs objectifs de réduction, les émissions de gaz à effet de serre engendrées par les activités et projets qu'elles financent », souligne Ethos.
Bonnes performances des entreprises européennes malgré des objectifs à court-terme L’enquête du CDP révèle également que les plus grandes entreprises européennes sont les plus impliquées au niveau mondial dans le reporting et la gestion des émissions de carbone. Le rapport Carbon Disclosure Project (CDP) Europe 300 (qui comprend les 300 premières sociétés européennes) indique pour autant que leurs engagements de réduction des émissions de Co2 sont trop faibles pour atteindre les plafonds d'émissions du système européen d'échange de quotas d'émission (EU?ETS) à l'horizon 2020. Ces réductions ne s’élèvent en effet qu’à 1, 5% par an. Par ailleurs, l'analyse de CA Cheuvreux, montre que ces objectifs expireront dans une grande majorité en 2012 ; moins d'un quart des sociétés s’étant fixé des objectifs au?delà de 2015. Un manque de projection qui s’explique par l’absence de cadre réglementaire clair à long terme. Le rapport CDP Europe 300 prône à cet égard une meilleure « collaboration et compréhension entre les dirigeants politiques et les entreprises dans la lutte contre le changement climatique". Enfin, selon Erwann Créhalet de Cheuvreux, auteur de l’étude européenne, il reste une difficulté majeure : l’hétérogénéité des méthodologies de calcul des émissions de CO2. Ce manque d'harmonisation rend difficile la comparaison des performances des entreprises dans ce domaine.
Seulement 50% des plus grandes entreprises mondiales se sont fixé des objectifs de réduction Enfin, s’agissant du Global 500 (les 500 plus grandes entreprises mondiales), le rapport du CDP révèle que 82% ont répondu à son questionnaire, soit 410 d’entres elles. Parmi celles qui n’ont pas répondu figurent Berkshire Hathaway (finance), Bank of China (finance), Rosneft (énergie) ou encore Amazon.com (consommation). Les plus avancées en matière de gestion du CO2 font l’objet du classement suivant : Siemens (industrie), Deutsche Post (industrie), BASF (matériaux), Bayer (santé), Samsung Electronics (technologies de l’information) et Lafarge (matériaux). De manière globale, 85% affirment avoir « créé de nouvelles fonctions liées à la gestion du CO2 ou du changement climatique », avec deux grands objectifs : « augmenter l’efficacité énergétique des opérations » et « développer des services qui permettent aux clients de réduire leurs propres émissions ». Par ailleurs, 73% des entreprises publient des informations dans leur rapport annuel sur leurs émissions mais seulement 50% se sont fixé des objectifs de réduction. En Chine notamment, peu d’entreprises parmi les cent premières du pays ont mis en place un système de reporting de leurs émissions de CO2, et très peu disposent de plans et d’objectifs de réduction.
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