Thomson finance la reconversion des salariés d'une de ses ex- filiales

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Publié le 15-02-2006

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Cas exemplaire et rare, la direction du groupe Thomson a vendu sa filiale Videoglass, implantée en Ile de France, en engageant un plan de reconversion pour les 300 salariés. Destinée à leur permettre de travailler pour le compte du repreneur du site, cette opération coûte beaucoup plus cher qu'un PSE (Plan de sauvegarde de l'Emploi).

Depuis le 23 décembre 2005, le groupe verrier espagnol Rioglass est le nouveau propriétaire du site de Bagneaux sur Loing (77) sur lequel était implanté Videoglass, ex filiale de Thomson, spécialisée dans la production de verre pour tube cathodique. C’est non seulement la qualité du sable de cette région qui a conduit Rioglass à lancer une chaîne de production de façonnage de vitrages automobiles mais aussi les compétences de 300 des 460 salariés que comptait Videoglass. En passant dans le giron de Rioglass, ces 300 salariés ont conservé leur ancienneté, le bénéfice des accords collectifs antérieurs et ils sont assurés que le repreneur ne procédera pas à un plan de licenciement collectif avant 3 ans. Le repreneur lancera sa production de verres automobiles, en mai 2006, avec un effectif de 80 salariés pour commencer. 120 autres les rejoindront en octobre suivant avant que les 100 derniers rejoignent le site, en avril 2007. Un nouveau four, adapté à cette nouvelle production est en cours de construction.

Entre 7 et 17 mois de formation
      
Si le métier de base reste lié au verre, un considérable effort de formation est fait pour que les 300 salariés réembauchés soient opérationnels en temps et en heure. L’ingénierie de la formation a été bâtie par Thomson et l’AFPA en fonction des nouvelles compétences requises, leur durée moyenne étant de 900 heures.  « Au-delà des formations techniques, notre programme propose également tout un volet accompagnement du changement dans la mesure où l’organisation du travail  et les exigences de production  seront différentes», explique Philippe Dubois, chargé de mission en charge de l’emploi à la direction des ressources humaines du groupe Thomson.
Le budget formation de l’opération s’élève à 11 millions d’euros dont 5,4 à la charge de Thomson. Le reste est pris en charge par l’OPCAREG (Organisme paritaire collecteur agréé Régional) à hauteur de 4,1 millions d’euros tandis que l’Etat, la Région et le FSE (Fonds Social Européen) s’acquittent chacun d’une participation de 500 000 €. A cela s’ajoute le coût des salaires que Thomson s’est engagé à verser intégralement aux 300 salariés tant que ces derniers ne seraient pas en poste sur le nouveau site de production de Rioglass. « Le coût financier global de cette opération de reconversion est supérieur à celui d'un PSE (Plan de sauvegarde de l’Emploi). Nous avons tenu à prendre en compte la dimension sociétale de cette restructuration», précise Denis Langlois, vice-président en charge de l’activité Manufacturing Services du groupe Thomson. Dans le cadre d’un PSE classique, des solutions (préretraites, création d’entreprise, reclassements interne) ont d’ores et déjà été identifiées pour les 160 salariés qui ne sont pas repris par Rioglass. La direction souligne que la solution de la reconversion professionnelle de 300 salariés entraîne un surcoût de l’ordre d’une dizaine de millions d’euros par rapport à un simple PSE qui aurait concerné les 460 salariés. Depuis le 1er octobre, le site n’est plus en activité.

Obligation de moyens
      
Pour Denis Langlois, « fin 2004, la direction générale a choisi d’anticiper la fermeture inéluctable du site avec un projet de reconversion industrielle. Il nous a fallu ensuite 6 mois d’étude de marché pour identifier le repreneur. Le comité d’entreprise et les collectivités territoriales ont tout de suite été informés de ce projet de reconversion. Nous nous étions engagés sur une obligation de moyens ». Thomson a tenu a prendre une responsabilité territoriale en apportant 500 000 € à la « plate-forme Sud 77 », un groupement d’intérêt public en charge de la revitalisation du sud du département. Le groupe a aussi financé une étude sur les forces et faiblesses économiques de la communauté des communes de la zone avec des préconisations pour attirer de nouvelles entreprises. Une étude a été conduite par le cabinet Demeter, filiale du groupe Secaphi Alpha qui a joué un rôle de médiateur entre le comité d’entreprise et la direction, à partir de janvier 2005. La direction de Thomson affirme ne pas avoir pris la décision de jouer la carte de la reconversion industrielle du site sous la pression  des pouvoirs publics et des élus locaux. Ces derniers estiment au contraire avoir pesé dans cette décision.

Rodolphe Helderlé
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