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Apprendre la faillite de son entreprise et son probable licenciement n'est jamais une chose facile. On n'est toutefois en droit de penser que cette annonce se fera d'une façon digne et respectueuse. Certains salariés britanniques savent qu'en Grande Bretagne ce n'est pas toujours le cas. Les salariés du constructeur automobile Vauxhall (Groupe General Motors) avaient ainsi appris leur licenciement à la radio. Une annonce de licenciement outrageante Le vendredi 30 mai 2003 était normalement un jour de paie pour les 2500 salariés de la société " The Accident Group " (TAG), leader britannique du secteur émergent de protection des particuliers victimes de dommages. En début de matinée, certains salariés ont reçu sur leur portable le message suivant : "Tout le personnel n'ayant pas reçu l'annonce officielle sur l'avenir de notre société est prié d'appeler le 0161 605 XX XX ". Ce numéro débouchait sur un serveur vocal passant une annonce pré-enregistrée. Cette annonce leur annonçait la mise en redressement judiciaire de leur entreprise et précisait "Tout le personnel conservant son emploi sera contacté aujourd'hui. Si l'on ne vous appelle pas, cette annonce vaut pour licenciement avec effet immédiat". De façon immuable, la voie pré-enregistrée a continué à égrainer son chapelet de mauvaises nouvelles. "Malheureusement, nous ne disposons pas des fonds nécessaires pour payer les salaires de mai," annonçait également le message, tout en suggérant aux salariés de déposer une demande d'indemnisation au Department of Trade & Industry (DTI) afin de recevoir une compensation pour leur salaire et leurs congés payés perdus. Les salariés victimes de ce nouveau mode de licenciement à distance sont les cobayes d'une procédure d'information d'urgence imaginée par l'administrateur judiciaire de leur entreprise : PricewaterhouseCoopers (PwC). Le cabinet a été mandaté dès le dépôt de bilan afin de gérer l'entreprise. Devant faire face à une trésorerie insuffisante, PwC s'est vu contraint, conformément à la réglementation britannique, de licencier la vaste majorité du personnel de l'entreprise. C'est donc bien à ce cabinet, également connu pour ses activités d'audit comptable, que l'on doit cette nouvelle technique de licenciement collectif, et non aux dirigeants de l'entreprise comme certains médias ont pu le relater. Le licenciement par SMS est légal Cette annonce a complètement pris par surprise les salariés de TAG. Leur entreprise affichait en effet un confortable bénéfice de 17,8 millions de livres (24,75 millions d'euros) lors de son dernier exercice clos fin août 2002. TAG avait, semble-t-il, même embauché 49 personnes au mois d'avril 2003. Dans un communiqué de presse, publié vendredi matin, les dirigeants de l'entreprise expliquent que l'effondrement est dû "aux batailles incessantes avec l'industrie de l'assurance et à la défaillance subite d'un de leur partenaires bancaires.". Bien que le procédé soit extrêmement choquant, il n'en est pas moins tout à fait légal. Le mandat de l'administrateur judiciaire prévoit qu'il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour ne pas augmenter l'encours des créances de l'entreprise qu'il gère. Dans le cas de TAG, PwC se devait donc de procéder le plus rapidement possible au licenciement du personnel qu'il ne jugeait pas raisonnable de conserver. Ironiquement, le SMS remplit parfaitement le cahier des charges du cabinet car il est à la fois économique, immédiat et sécurisé. "Dans le cas précis de TAG, la technique employée est totalement légale. Dans d'autres circonstances, les salariés seraient complètement en droit d'attaquer l'entreprise pour licenciement abusif," précise un avocat, spécialiste du droit du travail, proche de TAG. Un procédé unanimement critiqué Les groupes patronaux, les syndicats et le DTI (ministère du commerce et de l'industrie) ont unanimement critiqué l'emploi des SMS de licenciement. "Ce comportement est 'spectaculaire', même en comparaison des standards actuels," a déclaré Derek Simpson, le co-secrétaire général du syndicat Amicus à The Independent. "Ce n'est pas une façon de traiter des employés loyaux qui ont constitué l'épine dorsale de cette entreprise," précise-t-il. Brendan Barber, le secrétaire général du syndicat TUC, a en outre profité de cette occasion pour appeler le gouvernement à renforcer les dispositions réglementaires sur la consultation sur le lieu de travail. Le gouvernement britannique semble être disposé à écouter ces critiques. "Ceci ne devrait plus se reproduire," a déclaré un représentant du DTI. Ce ministère devrait, en outre, présenter cet été des recommandations pour l'incorporation dans le droit britannique de la directive européenne sur l'information et la consultation des salariés.
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