Mann-Hummel copilote le reclassement de ses salariés

Entreprises \Ressources humaines \Conditions de travail

Publié le 10-07-2006

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L'équipementier automobile Mann-Hummel qui ferme l'un ses 2 sites de production a recruté temporairement une personne chargée d'orchestrer, avec les 2 cabinets de reclassement sélectionnés et les acteurs locaux de l'emploi, le retour à l'emploi des 107 salariés dont les postes sont supprimés.


En Aout 2006, le site de production de Mann-Hummel implanté près de Lens, fermera ses portes. Les 107 salariés du site se sont tous vus proposer un poste sur la nouvelle usine implantée à Laval où se trouvait déjà le principal site de cet équipementier automobile allemand employant 430 salariés en France et 9000 dans le monde. C’est en janvier 2005 que la direction a décidé de concentrer ses activités sur un seul site. Attachés à leur région, 80% des 107 salariés du site de Lens n’ont pas désiré déménager de 500 km. La direction de Mann-Hummel a décidé de recruter, pendant 18 mois en CDD, une spécialiste de l’accompagnement des reclassements qui se charge de faire interface avec les 2 cabinets sélectionnés pour aider les salariés à trouver des solutions. "J’ai participé à la sélection des cabinets de reclassement en privilégiant de petites structures bien implantées sur le bassin d’emploi," explique Leïla Mechaï, responsable de la coordination du PSE (Plan de Sauvegarde des Emplois) qui en est à son deuxième pilotage de plan social en 3 ans.

Depuis septembre 2005, les salariés à reclasser bénéficient d’un accompagnement à la recherche d’un emploi alors même qu’ils continuent d’occuper un poste à temps plein chez Mann-Hummel. Une volonté d’anticiper la rupture du mois d’août. Chaque salarié a eu la possibilité de passer un entretien avec un consultant de chaque cabinet pour choisir la personne avec qui il se sentait le plus à l’aise. 3 consultants du cabinet Instep et 2 du cabinet Aksis accompagnent les 50 salariés qui se sont portés volontaires pour un accompagnement individualisé. Une dizaine d’autres vont partir à la retraite tandis que 20 ont décidé de déménager sur Laval. Reste donc une vingtaine de salariés qui n’ont pas encore émis le besoin de rejoindre l’antenne emploi. Sur les 50 salariés volontaires, 35 ont retrouvé un poste à l’extérieur en CDI ou en CDD de plus de 6 mois. Si le reclassement se déroule dans les 4 mois, le cabinet perçoit une prime d’objectif de 28%. Celle-ci chute à 19% lorsque le reclassement prend entre 4 et 6 mois. 6 salariés ont pour le moment retrouvé un poste dans les 4 mois.

Selon Leïla Mechaï, "un reclassement constitue une course contre la montre. On demande à ce que les salariés passent un minimum de 2 entretiens de recrutement chaque mois. Mon rôle est de faire en sorte que le dispositif se trouve en permanence dans l’action tout en lui donnant une dimension collective." Des ateliers visant à simuler des entretiens d’embauche et à s’entraîner aux relances téléphoniques ont ainsi déjà été organisés. Des semaines compétences ont aussi été organisées. "Nos consultants étaient au départ très synthétiques dans les comptes-rendus d’entretien. Trop pour la direction de Mann-Hummel qui tenait à ce que nous allions plus loin dans la formalisation. A un moment, nous nous sommes demandé ce qui pouvait justifier ce besoin de recueillir un maximum d’informations très personnelles sur la situation des salariés. C’était un nouveau mode de travail pour nous," confie Pierre Thomas, le directeur général d’Instep. Des comptes-rendus d’entretien, préalablement validés par les salariés concernés, qui servent à la direction de baromètre pour organiser des animations collectives sur tel ou tel thèmes avec une garantie sur la confidentialité des informations. Cette implication quotidienne de la direction dans le suivi et l’animation du plan de reclassement n’est pas forcément bien vécue par certains cabinets. "Lors de ma précédente mission, un gros cabinet à refusé d’assurer la prestation au motif qu’il jugeait ne pas être suffisamment autonome," rapporte Leïla Mechaï qui ne se contente pas d’assurer l’interface avec les cabinets. Chaque mois cette dernière organise un groupe de travail auquel participe des représentants des cabinets de reclassement, de l’ANPE, de l’Assedic, de la direction départementale de l’emploi et du conseil général. Objectif : mobiliser les acteurs dans la phase finale du dispositif. Début 2007, la cellule de reclassement fermera en effet ses portes.
Rodolphe Helderlé
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