Le 27 janvier dernier à 9 h 27, les quarante salariés de VU Net ont été convoqués par mail pour une réunion à 10 h au cours de laquelle leur a été annoncé un plan social concernant la moitié du personnel. " Quand on travaille pour un groupe de la taille de Vivendi Universal, on ne s'attend pas à de telles méthodes ", déplore une salariée. Et ce genre d'histoires semble être monnaie courante dans les différentes filiales de VU.
Depuis l'arrivée de Jean-René Fourtou à la présidence du groupe et l'orientation vers une stratégie de désendettement, les mauvaises nouvelles s'accumulent pour les salariés. Cessions, fermetures et licenciements se multiplient et les rumeurs sont constantes. " Chez CanalNumedia, cela fait deux ans qu'on est dans l'incertitude ", explique Pascal Charton de la CFDT. Pour faire face à ces difficultés, les délégués syndicaux des différentes filiales de VU échangent continuellement leurs informations et appellent à des actions communes. Jeudi 6 février, la CFDT organisait ainsi une manifestation devant le siège de Vivendi. " A la CFDT, nous avons un avantage puisque tous les métiers de VU se retrouvent dans notre Fédération nationale Communication et Culture qui se réunit très fréquemment ", note Martine Zuber de la CFDT. Dans la partie " actualité " du site Internet de la Fédération, on trouve d'ailleurs tous les communiqués concernant les actions vis-à-vis de VU.
Des conditions équitables de licenciement
" Les salariés en ont assez d'être les derniers informés de décisions qui les concernent au premier chef ", souligne Laurent Penon, représentant syndical au comité de groupe. Dernière en date, l'annonce, le 7 février, de l'éviction de Xavier Couture n'avait fait l'objet d'aucune communication interne préalable. " On a parfois l'impression de ne pas appartenir à un groupe, mais à une holding qui vend ou ferme ici et là, poursuit le syndicaliste, pour nous, la priorité est que les conditions de licenciement ou de cession soient équitables d'une filiale à l'autre. " Les moyens financiers du plan social annoncé chez VU Net sont par exemple bien inférieurs à ceux du plan social du siège du groupe. " Nous voulons plus que le minimum légal et des mesures de reclassement décentes ", réclame une salariée licenciée.
Depuis quelques mois, les syndicats se demandent même si le groupe ne se dirige pas vers un démantèlement complet. " La direction a le devoir d'informer les salariés de sa stratégie, même si celle-ci consiste à vendre par appartement. M. Fourtou doit tenir parole ", s'emporte un salarié. Dans une lettre aux collaborateurs de Vivendi, le nouveau président avait en effet annoncé qu'il privilégierait la concertation et la cohésion sociale. Or, si Jean-René Fourtou est souvent présent aux rencontres du comité de groupe et accepte de venir aux réunions extraordinaires, " il ne suffit pas de faire de la présence ", déplore l'un des membres du bureau du comité de groupe. Le 4 mars prochain, la CFDT appelle à une nouvelle manifestation devant le siège de VU, avenue de Friedland à Paris.
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