Deutsche Telekom : agence de reclassement contre plan social
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Publié le 04-03-2003
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L'objectif de l'agence de placement est de former les salariés pour ensuite les diriger vers d'autres entreprises à la recherche de personnel qualifié, voire vers d'autres secteurs d'activités de l'entreprise. Lancée en octobre 2002, l'agence ne diffuse pas encore de chiffres qui permettent de quantifier son succès au bout de six mois de fonctionnement. Mais il est prévu que l'agence forme et reclasse près de 7 000 salariés en 2003 ainsi qu'un contingent supplémentaire dans les années qui suivront qui pourrait aller jusqu'à 16 800. "Il est encore trop tôt pour pouvoir dire combien de nos salariés sont concernés par notre agence de placement. Cela dit, plusieurs entreprises ont déjà manifesté leur intérêt" se félicite Hans Hänert, porte-parole au siège de Deutsche Telekom à Bonn qui se refuse toutefois à donner des noms. "Il s'agit de personnes très qualifiés qui malheureusement n'ont plus de fonctions chez nous" précise-t-il. Deutsche Telekom qui emploie près de 255 000 personnes dans le monde et a un salarié sur trois hors d'Allemagne, a prévu de réduire son personnel en Allemagne de 35 500 d'ici à 2005. En l'espace de dix ans, 100 000 postes ont été supprimés dans le pays.
L'actuel plan de licenciement fait partie d'un programme draconien de réduction des coûts. Les difficultés financières de Deutsche Telekom n'ont rien à envier à son homologue français : l'entreprise doit faire face à une dette de 64 milliards d'euros. "Les mesures comme les pré-retraites ne suffisent plus, c'est pour cela que nous avons mis en place notre agence de placement, en accord avec les syndicats" insiste Hans Hänert. Du coté des représentants des salariés, on est attentif : "Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit avant tout de sauvegarder les emplois. Ce concept d'agence de placement conçue et gérée par Deutsche Telekom est une solution d'urgence," temporise Hermann Zoller, du syndicat Verdi, chargé de défendre les intérêts des salariés dans les industries de services. Verdi a mis en garde Deutsche Telekom contre tout abus des plans de licenciement.
De fait, les négociations entre employeurs et syndicats n'ont pas été faciles. Le syndicat Verdi a accepté la création de l'agence de placement en échange d'une hausse de salaire de 4,1%. De plus, les contrats des salariés reclassés interdisent toute baisse de salaire. En contre-partie, les dits salariés ne peuvent pas décliner plus deux offres successives. S'ils le font, ils peuvent être reclassés dans une autre entreprise contre leur grè.
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Claire Stam
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