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«Nous allons déposer une proposition de loi prévoyant que 40%, puis à terme 50%, des sièges aux conseils d’administration des entreprises soient réservés à des femmes (…) L’exemple viendra d’en haut ». Les propos de Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, dans une interview au JDD* sont clairs : il faut en passer par la loi pour faire avancer la parité dans les instances de direction des entreprises. Il est vrai que dans ce domaine la France n’a pas progressé depuis 5 ans, l’égalité professionnelle n’étant toujours pas considérée comme un enjeu RH par les entreprises. Elles sont certes 150 à avoir mis en place un accord sur la question de l’égalité professionnelle et une trentaine (représentant 800 000 salariés) ont obtenu le label « Parité ». Mais l’égalité salariale et la place des femmes dans les postes les plus élevés n’ont pas évolué depuis 2004… Avec le risque pour les entreprises, de perdre des compétences et de s’entourer d’équipes qui ne reflètent plus le monde actuel. Président de l’Institut français des administrateurs (IFA), Daniel Lebègue est également président de l’ORSE et veut faire de cette question un sujet clé de la responsabilité sociale des entreprises. L’IFA et l’European Professional Women’s Network-Paris (EuropeanPWN-Paris) ont ainsi lancé une initiative pour promouvoir la place des femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées. Celle-ci est fondée sur l’échange de bonnes pratiques dans un réseau qui compte 3500 femmes, réparties dans les principales villes européennes, et des partenaires issus des entreprises et des écoles. En France, le réseau EPWN a également mis en place un programme baptisé « Women on boards », pour former une douzaine de femmes cadres au métier de la gouvernance. «Promouvoir les femmes dans les conseils d’administration, c’est en améliorer l’efficacité, ce qui revient à améliorer la gouvernance des entreprises en France », assure Daniel Lebègue. Mais cette promotion peut-elle se passer d’une loi ? La Norvège, qui affiche aujourd’hui le meilleur score en Europe, n’y serait probablement pas arrivée sans légiférer et imposer un système de quotas. Si aujourd'hui les conseils d'adminstration comptent 41% de femmes, elles n'étaient en effet que 6% en 2002!
En France, le débat avance depuis peu. Brigitte Gésy, directrice de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), a en effet remis au Ministre du travail, en juillet dernier, un rapport dans lequel elle préconise la mise en œuvre d’un système proche du modèle norvégien : des quotas de 40% de femmes dans les conseils d’administration des entreprises de plus de 1000 salariés d’ici 6 ans, avec un objectif intermédiaire de 20%. Jean-François Copé promet de son côté une loi « devant les députés au premier semestre 2010 », tandis que le Ministre du travail, Xavier Darcos, est plutôt favorable à des quotas dans les comités d'entreprises et les comités exécutifs, "véritables lieux de décision et de vie de l'entreprise". Côté Medef, Laurence Parisot rejette toute idée d'une loi : "Si on veut que ça marche, une campagne de communication sera plus efficace que la loi", a-t-elle estimé en prônant l'idée de "vastes campagnes de publicité" associant l'Etat, le patronat et les syndicats. *24/10/2009
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