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Le costume-cravate reste bien la caractéristique des conseils d’administrations des grandes capitalisations boursières d’entreprises. Dans les sociétés du CAC 40, les femmes étaient 57 en 2008, contre … 56 en 2009 ! A l’exception de quatre « bons élèves » qui comptent plus de 20% de femmes dans leurs Conseils d’administrations (BNP-Paribas avec 28,5%), Michelin (25%), L’Oréal (21,4%) et Pernod-Ricard (21,4%), la sous-représentation féminine aux postes de direction reste une constante dans l’Hexagone. Cinq entreprises ne comptent même aucune femme (EADS, STMicroelectronics, Cap Gemini, Vallourec et Véolia). La France arrive ainsi dans le peloton de queue européen, aux côtés de la Turquie (9%), de l’Espagne (8%), de l’Irlande (7%) et du Portugal (3%). Une pénurie que déplorent l’Institut Français des Administrations (IFA), l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) et le EuropeanPWN (European Professional women’s network-Paris) qui viennent de co-réaliser uné étude sur « l’accès et la représentation des femmes dans les organes de gouvernance d’entreprise ». L’enjeu : établir un état des lieux international, décrire des initiatives recensées dans différents contextes réglementaires pour améliorer la représentation des femmes dans les grandes entreprises. Avec, pour modèles à suivre, trois pays où les femmes sont à l’honneur : la Norvège, qui affiche le meilleur score, avec 41% de femmes dans les Conseils d’administrations, la Suède (27%) et la Finlande (20%).
Une lente évolution des mentalités
Les raisons expliquant le manque de femmes aux manettes des grandes entreprises françaises sont multiples : la difficulté à concilier vie familiale- vie professionnelle et la réticence psychologique de certaines femmes à se projeter dans la réussite n’expliquent pas tout. Les inégalités de salaires entre hommes et femmes qui tendent à se creuser avec l’âge et le fameux « plafond de verre » pèsent encore très lourd dans la carrière des femmes. Reste que celles-ci sont encore trop peu nombreuses dans les écoles qui permettent d’accéder aux postes clés, et, ce faisant, aux bons réseaux. En témoigne une étude pilotée par PWN sur les profils des 100 premières femmes aux conseils d’administrations des 300 premières entreprises en Europe. Ainsi, les MBA ne représentent que 12% des études des femmes (15%pour les hommes) et seules 9,5% des femmes ont un doctorat (contre 33% des hommes). Il n’empêche que la féminisation des postes de direction ne doit pas rester une utopie. Sur le terrain, des femmes s’activent. La député Marie-Jo Zimmermann, Présidente de la Délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, a ainsi déposé une proposition de loi imposant un nombre de représentants des deux sexes ne pouvant être inférieure à 40% dans les entreprises cotées et les entreprises publiques. Elle espère bien une concrétisation de son texte d’ici à 2012. Même combat pour Brigitte Gresy, inspectrice générale des affaires sociales, qui, à la demande de l’ancien ministre du travail Brice Hortefeux, a présenté, en juillet dernier, un rapport qui servira de base à la concertation sur l’égalité professionnelle prévue cet automne avec les partenaires sociaux. « Il faut casser la logique de cooptation et de connivence qui existe encore dans les conseils d’administrations où prévalent les « clubs d’hommes » ! » s’insurge Brigitte Gresy. L’objectif : « proposer pour les conseils d’administration et de surveillance une représentation de 40% du sexe sous représenté dans un délai de 6 ans, avec un objectif intermédiaire de 20% dans un délai de 2 ans. » Un objectif calqué sur la Norvège qui a déjà légiféré sur la question. Les quotas imposés y ont permis d’augmenter en deux ans de 50% le nombre d’entreprises respectant la parité aux postes de direction (voir article lié). Des actions concrètes
Faire bouger les mentalités n’est certes pas si facile. Mais il existe des actions simples et concrètes pour promouvoir les femmes dans les Conseils d’administration. Exemple : au Canada, l’association « women in the lead » a crée un répertoire national regroupant les références de plus de 800 femmes aptes à siéger dans un conseil d’administration. En France, le réseau EPWN met en place un programme baptisé « Women on boards » en vue de former une douzaine de femmes cadres au métier de la gouvernance. Des initiatives qui vont dans le bon sens, celui de la performance. Car ce n’est pas qu’une question d’égalité des sexes et d’éthique ! «Promouvoir les femmes dans les conseils d’administration, c’est en améliorer l’efficacité, ce qui revient à améliorer la gouvernance des entreprises en France », assure Daniel Lebègue, Président de l’ORSE et de l’IFA. Une étude menée dans des entreprises canadiennes qui ont féminisé leur board a en effet démontré qu’avec au moins trois femmes siégeant au conseil d’administration, la performance de l’entreprise s’en ressent.
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