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CGT (Confédération Générale du Travail) Dans ce syndicat, la CE (Commission Executive) se compose de 50 élus sélectionnés pour apporter le plus large éventails d’expériences. Il n’y a pas de critères d’ancienneté ou encore de compétences particulières pour être éligible à la CE. Aujourd’hui, la CE compte 3 représentants issus de l’immigration. Une représentation jugée trop faible par les instances dirigeantes. Une nouvelle CE est donc en cours de constitution. 108 candidatures ont été reçues dont 8 qui émanent de personnes issues de l’immigration et des Dom Tom. 50 de ces candidatures ont été sélectionnées. La liste sera soumise au vote des militants à l’occasion du congrès d’avril prochain à Lille. "Nous cherchons à former une équipe plus diversifiée. C’est le message que nous avons clairement fait passer à nos fédérations lors de l’appel à candidatures. Nous ne sommes pas pour le moment représentatif des personnes issus de l’immigration," concède Alain Alphon-Layre, secrétaire régional CGT en Languedoc-roussillon, membre de la commission exécutive confédérale et qui pilote à ce titre le processus de création de la nouvelle CE.
CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail) Au-delà des réunions et des formations qui sont par ailleurs proposées, la CFDT use de questionnaires pour amener ses militants à s’interroger sur la discrimination raciale. Les questions portent tant sur la diversité des élus, la ventilation des formations et des promotions. Récemment un tel questionnaire a été adressé à 80 sections d’entreprise d’une région. "Il ne s’agit en aucun cas de culpabiliser nos représentants mais de les mettre en situation de s’interroger sur les différentes formes de discriminations raciales. Nous ne sommes pas représentatif de la société française. Avec ces questionnaires nous cherchons à susciter un déclic, une transformation des comportements. Les débats et la sensibilisation sur ce sujet sont essentiels mais ont leurs limites," déclare Ommar Benfaid, Secrétaire confédéral en charge de l'immigration et des libertés. C'est pourquoi la CFDT propose à ses élus une formation baptisée "Racisme & Xénophobie : comprendre pour agir."
UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) Les 25 et 26 janvier dernier, lors de son dernier conseil national, l’Unsa a voté un texte sur la lutte contre les discriminations au sein de sa propre structure. Pour Said Darwane, Conseiller National, "il y a une volonté de suivre les conditions d’accès à des responsabilités des élus issus de l’immigration. Nous demandons un suivi de la diversité au niveau des fédérations. Il est essentiel que nous puissions refléter la réalité de notre société. Lors des dernières élections prud’homales nous avons essayé d’inscrire sur les listes un maximum de candidats issus de l’immigration." Depuis 1998, des stages de 2 jours sur les discriminations sont au programme pour les représentants. En Septembre 2005, un nouveau dépliant d’information sur le sujet a été diffusé.
FO (Force Ouvrière) "Nous estimons être un syndicat dont les élus sont représentatifs de la société française. Nous sommes black, blanc, beur. Le mouvement syndical est naturellement tourné vers cette ouverture," déclare avec confiance Michèle Monrique, secrétaire confédérale chargée de l’égalité et de la lutte contre les discriminations. La question de mener des actions pour assurer une meilleure représentation des minorités ethniques n’est donc pour le moment pas posée chez FO. Pour autant, le syndicat reconnaît bien la problématique de la discrimination raciale dans les entreprises. "La grande majorité des dossier qui remontent à la HALDE concerne l’emploi," souligne Michèle Monrique dont le syndicat a lancé il y a 2 ans un stage d’une semaine destiné à ses représentants sur le thème de "comment reconnaître les discriminations ?"
CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) Ce syndicat estime faire preuve d’une grande mixité ethnique dans sa structure interne et ne voit donc pas matière à chercher à diversifier davantage la représentation de ses élus. La confédération déclare en revanche particulièrement surveiller les engagements politiques de ces représentants. Le syndicat propose à ses élus une formation intitulée "accepter la différence de l’autre" et s’est récemment vu proposer par SOS Racisme un module axé sur la lutte contre les discriminations raciales. "Nous souhaiterions que les employeurs proposent à leurs cadres des formations d’au moins une journée sur la problématique des discriminations. Les problèmes de discrimination sont de plus en plus sensibles dans les entreprises," avance Pascale Coton, vice-Présidente Confédérale en charge des problèmes sociétaux depuis décembre 2005. La CFTC s’interroge par ailleurs sur le fait de proposer une journée de congés en guise de rappel de l’abolition de l’esclavage.
CFE-CGC (Confédération Française de l'Encadrement - Confédération Générale des Cadres) "Nous n’intégrons pas nos membres en fonction d’étiquettes ou de quotas mais en fonction des valeurs communes que nous partageons. Il y a chez nous une diversité de fait," raconte Alain Lecanu, Secrétaire national en charge de l’emploi et de la formation. La CFE-CGC ne propose pas à ses élus de formations orientées sur la lutte contre les discriminations raciales. "L’encartement" dans un quelconque parti politique est proscrit mais seulement à partir d’un certain niveau de responsabilité.
Il faut noter que plusieurs syndicats prennent politiquement position sur cette question. Ainsi la CFDT à déjà démis de leurs mandats des militants qui affichaient une implication politique à l’extrême droite. Pour Ommar Benfaid : "Le problème est que la lepénisation des esprits dépasse le strict cadre de l’extrême droite." Pascale Coton de la CFTC explique elle aussi que "Si le nom d'un élu CFTC se retrouve sur la liste électorale d'un parti politique en dehors des valeurs républicaines, il lui est immédiatement demandé de choisir entre l'un des 2 mandats." L'UNSA, à travers sa charte, interdit clairement à ses représentants d’être liés à l’extrême droite. Alors que la CGT laisse libre ses représentants de s’engager politiquement là où ils le veulent, il faut noter que 12% de ses adhérents et sympathisants ont voté à l'extrême droite en 2002.
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